Défense
L'EDA-R sur le banc d'essai américain

Actualité

L'EDA-R sur le banc d'essai américain

Défense

Jusqu'au dernier moment, le doute aura plané. Mais, finalement, le nouvel engin de débarquement amphibie rapide (EDA-R) de la Marine nationale accompagne bien le bâtiment de projection et de commandement Mistral aux Etats-Unis. Ces derniers jours, les équipes de la flottille amphibie n'ont pas ménagé leur peine pour que l'EDA-R 1, premier d'une nouvelle génération de catamarans de débarquement, soit du voyage. Après d'ultimes essais menés hier, à la tombée de la nuit, en rade de Toulon, l'engin a réussi toutes les qualifications nécessaires à son premier déploiement sur le BPC. Il va, ainsi, participer à l'exercice américain Bold Alligator, qui se déroulera du 24 janvier au 13 février au large de la Caroline du Nord. A cette occasion, la Marine nationale pourra tester l'EDA-R au sein d'une grande force amphibie (comprenant notamment un porte-avions et plusieurs porte-hélicoptères d'assaut de l'US Navy), qui réalisera une opération de débarquement sur la plage de Camp Lejeune, vaste zone d'entraînement militaire de l'US Marine Corps. Durant cette période, l'EDA-R 1, qui a été réceptionné par les militaires français fin novembre, poursuivra son entrainement et sa phase de vérification des capacités militaires, via des essais dans différentes configurations. Alors que le second engin de ce type doit être prochainement livré à la marine française, un autre déploiement devrait intervenir au printemps. Ainsi, le BPC Dixmude, qui effectuera de mars à juillet la mission Jeanne d'Arc, devrait embarquer un EDA-R. L'objectif est de parvenir à une admission au service actif cet été. En tout, quatre EDA-R ont été commandés pour la Marine nationale, quatre autres étant en option. Chaque BPC peut embarquer deux engins de ce type (dans le cadre de Bold Alligator, le Mistral embarque dans son radier un EDA-R et deux chalands de transport de matériel).

L'EDA-R dans le radier du Mistral  (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)
L'EDA-R dans le radier du Mistral (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

L'EDA-R dans le radier du Mistral  (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)
L'EDA-R dans le radier du Mistral (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Tournée de représentation aux Etats-Unis

Bold Alligator va également être l'occasion, pour la Marine nationale et CNIM, concepteur de l'EDA-R, de dévoiler pour la première fois le nouvel engin hors des eaux françaises. Ce déploiement constitue d'ailleurs une opportunité en or pour présenter l'EDA-R à l'US Navy, qui étudie actuellement le remplacement de sa flotte de LCAC (Landing Craft Air Cushion), composée de 84 engins sur coussin d'air, mis en oeuvre depuis les porte-hélicoptères d'assaut et transports de chalands de débarquement. Par rapport à ces bateaux, les militaires américains souhaitent que leurs futures unités (80 prévues), qui doivent être réalisées dans le cadre du programme Ship-to-Shore Connector (SSC), soient plus robustes et moins gourmandes en carburant. Une volonté à laquelle peut répondre le concept de Landing Catamaran (L-CAT) de CNIM, qui a donné naissance à l'EDA-R. A ce titre, même si les américains ont travaillé pour l'heure sur des projets de nouveaux engins sur coussins d'air, l'EDA-R pourrait constituer une solution intéressante, offrant des capacités voisines du LCAC pour un coût d'achat, de fonctionnement et de maintenance bien plus intéressant.

LCAC  (© : US NAVY)
LCAC (© : US NAVY)

Long de 30 mètres pour une largeur de 12 mètres, l'EDA-R est conçu, comme le LCAC, pour effectuer le débarquement de troupes et de véhicules militaires à partir d'un bâtiment amphibie positionné au-delà de l'horizon (30 nautiques/55 km). Il est doté de deux coques entre lesquelles se trouve une plateforme centrale élévatrice pouvant soutenir une charge de 80 tonnes. En transit, il se comporte comme un catamaran, stable et rapide (30 noeuds à vide, 18 noeuds en charge). A l'approche d'une plage, la plateforme s'abaisse, transformant l'engin en bateau à fond plat pouvant débarquer sa cargaison sur le sable, comme un chaland traditionnel. Autre avantage, l'EDA-R dispose de deux rampes, permettant un embarquement et un débarquement par l'avant ou l'arrière, ce qui facilite les manoeuvres des véhicules et donc la rapidité des opérations.

L'EDA-R 1  (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)
L'EDA-R 1 (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

L'EDA-R 1  (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)
L'EDA-R 1 (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

L'EDA-R 1  (© : DGA)
L'EDA-R 1 (© : DGA)

L'EDA-R 1  (© : DGA)
L'EDA-R 1 (© : DGA)

Marine nationale | Toute l’actualité de la marine française