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L’Egypte va-t-elle commander de nouveaux bâtiments à la France ?

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L’Egypte va-t-elle commander de nouveaux bâtiments à la France ?

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Après une série de quatre corvettes du type Gowind 2500, l’Egypte va-t-elle signer de nouveaux contrats militaires avec la France, notamment dans le domaine naval ? Des bruits en ce sens circulent actuellement, alors que le président égyptien, le maréchal Abdel Fattah al-Sissi, est attendu la semaine prochaine à Paris. Concernant les corvettes, la série pourrait être allongée à six unités. Alors que la tête de série doit sortir du site DCNS de Lorient en 2017 et que les trois suivantes seront réalisées en Egypte, les cinquième et sixième unités, si elles sont confirmées, devraient être construites en France. De cette manière, la marine égyptienne pourrait disposer plus rapidement des bâtiments. Et DCNS, qui mettra en chantier la première Gowind égyptienne l’année prochaine, comblerait à Lorient le creux de charge lié au ralentissement de la cadence de production des frégates multi-missions (FREMM) destinées à la Marine nationale.

 

Gowind 2500 (© DCNS)

Gowind 2500 (© DCNS)

 

Des corvettes fortement armées

 

Longues de 102 mètres pour une largeur de 16 mètres, les futures corvettes égyptiennes présenteront un déplacement de 2700 tonnes en charge. Dotées de deux moteurs diesels d’une puissance de 10 MW et deux moteurs électriques de propulsion, elles pourront atteindre la vitesse de 26 nœuds. L’une des grandes forces de ces bâtiments résidera dans leurs capacités de lutte anti-sous-marine. A cet effet, ils seront dotés d’un sonar de coque Kingklip et d’un sonar remorqué Captas 2 fournis par Thales, de tubes lance-torpilles et d’un hélicoptère, sachant que le hangar et la plateforme sont conçus pour la mise en œuvre d’une machine de 10 tonnes, comme le NH90 ou le Seahawk. Des appareils qui peuvent déployer des torpilles et un sonar trempé (la marine égyptienne dispose actuellement de Seasprite gréés pour la lutte ASM). Le reste de l’armement doit normalement comprendre 8 missiles antinavire Exocet MM40, un système surface-air VL Mica (16 cellules), une tourelle de 76mm et de l’artillerie légère. Côté électronique, les Gowind 2500 sont équipées d’un système de combat SETIS, développé par DCNS, d’un radar tridimensionnel et d’un ensemble de contre-mesures anti-missile et anti-torpille, comme le système Sylena de Lacroix.

 

Rafale (© ARMEE DE L'AIR)

Rafale (© ARMEE DE L'AIR)

 

La question des Rafale

 

Alors que d’autres projets dans le naval sont à l’étude, l’Egypte pourrait également envisager l'acquisition de Rafale. C’est ce qu’a indiqué le 11 novembre La Tribune, qui évoque le souhait du Caire de se doter de 24 nouveaux avions de combat. Pour l’heure, l’armée de l’air égyptienne emploie différents types d’appareils, dont environ 200 F-16 américains et une vingtaine de Mirage 2000 français, ces derniers ayant été livrés dans les années 80. L’Egypte pourrait être tentée de rééquilibrer ses sources d’approvisionnement, surtout, dit-on, après les évènements intervenus ces derniers mois. Ainsi, les raids menés par les Emirats Arabes Unis contre les djihadistes en Libye l’auraient été avec des Mirage 2000-9, du fait semble-t-il que les Américains auraient fait pression sur les Emiriens pour qu’ils n’emploient pas pour ces missions leurs F-16 Block60. Un refus qui, apparemment, suscite beaucoup d’interrogations dans les capitales du Moyen-Orient. Tant qu’il s’agit de suivre les Etats-Unis il n’y aurait pas de problème mais dès lors qu’il serait question de mener des opérations indépendantes, des problèmes de liberté et donc de souveraineté se poseraient-ils ? C’est la question qui commencerait à surgir dans les états-majors arabes. Tant et si bien que le recours aux matériels français parait de plus en plus comme un gage de liberté, au moment précisément où les pays de la région ne veulent plus se contenter de servir de faire-valoir à la politique de Washington mais entendent agir de leur propre chef. Surtout qu’aujourd’hui, ils en ont non seulement les moyens matériels mais aussi les compétences, comme certaines forces armées arabes l’ont prouvé ces derniers mois. 

Naval Group (ex-DCNS)