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L'Elysée aurait choisi Patrick Boissier pour prendre la barre de DCNS

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L'Elysée aurait choisi Patrick Boissier pour prendre la barre de DCNS

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La nomination de l'ancien patron des Chantiers de l'Atlantique, que nous évoquions en septembre dernier (*), pourrait intervenir, dès demain, en Conseil des ministres. Selon l'hebdomadaire Le Point, l'Elysée aurait définitivement tranché en faveur de Patrick Boissier, pour prendre la succession de Jean-Marie Poimboeuf à la tête du groupe naval de défense. Derrière ce choix, il faut, peut être, voir les prémices d'un éventuel rapprochement entre les constructions navales civile et militaire. Le 5 septembre, à Saint-Nazaire, Nicolas Sarkozy remettait, en effet, ce vieux projet au goût du jour. Or, on s'en souvient, au début des années 2000, Patrick Boissier, alors président d'Alstom Marine, n'avait pas ménagé sa peine pour marier les chantiers nazairiens et l'ex-Direction des Constructions Navales. Jacques Chirac et Michèle Alliot-Marie avaient néanmoins choisi de rapprocher, dans un premier temps, DCN de l'électronicien Thales, donnant naissance en 2007 au groupe DCNS.
Depuis, la situation a évolué. Faute de trouver une solution franco-française, Alstom a cédé en 2006 sa division navale au Norvégien Aker Yards. Mais ce dernier, après le désengagement de son actionnaire principal, Kjell Inge Rokke, constituait une proie facile, son actionnariat étant totalement éclaté. Profitant de cette situation, le groupe sud-coréen STX Shipbuilding avait lancé, en octobre 2007, un raid boursier sur Aker Yards. Réussissant son OPA l'été dernier sur le géant européen de la construction navale, STX suscitait alors de très vives inquiétudes chez les personnels des chantiers français. Pour répondre aux craintes de pillage de savoir-faire, l'Etat avait finalement annoncé, cet automne, son entrée à hauteur de 33% dans le capital de STX France (ex-Aker Yards France, ex-Alstom Marine), filiale tricolore de STX Europe (ex-Aker Yards).

Le retour à la navale

Avec les parts encore détenues par Alstom dans son ancienne division, les intérêts français représentent aujourd'hui plus de 49% du capital de STX France.
A l'image de ce que Nicolas Sarkozy a initié avec le plan de sauvetage d'Alstom, l'Etat pourrait, in fine, revendre sa participation dans les chantiers de Saint-Nazaire (et leur filiale lorientaise) à DCNS. A Saint-Nazaire, où plusieurs syndicats défendent l'idée d'un rapprochement, la perspective de voir Patrick Boissier à la tête de DCNS suscite des sentiments mitigés. Après un redressement spectaculaire suite à son arrivée, en 1997, les Chantiers de l'Atlantique voyaient leur carnet de commandes fondre comme neige au soleil à partir de 2003. L'activité n'avait d'ailleurs été assurée, les deux années suivantes, que par les commandes publiques (méthaniers pour Gaz de France, ferry pour SeaFrance, BPC pour la marine et navire océanographique pour l'Ifremer). Chez les syndicats nazairiens, si on reconnaît à l'ancienne équipe dirigeante son travail de réorganisation industrielle du site comme une amélioration de la compétitivité, certains déplorent néanmoins des « erreurs commerciales », ayant « fait perdre de gros clients ».
Pour mémoire, dans la course à la succession de Jean-Marie Poimboeuf, atteint le mois prochain par la limite d'âge, on trouvait également Jean-Georges Malcor, de Thales, Bernard Planchais, numéro 2 de DCNS et bras droit de l'actuel président, ainsi qu'Hervé Guillou, d'EADS. Quant à Patrick Boissier, après son départ de Saint-Nazaire suite à la reprise du chantier par les Norvégiens, il avait été nommé à la tête de Cégélec, où l'avait suivi l'ex-DRH d'Alstom Marine, Philippe Bouquet-Nadaud.
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(*) Voir Mer et Marine du 10 septembre 2008

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