Marine Marchande
L'EMSA envoie un navire pour lutter contre la pollution au sud de l'Espagne

Actualité

L'EMSA envoie un navire pour lutter contre la pollution au sud de l'Espagne

Marine Marchande

Faisant suite à la demande d'assistance de l'Espagne après l'échouement de deux vraquiers, le week-end dernier, dans le secteur de Gibraltar, l'Agence européenne de sécurité maritime a affrété le tanker Bahia Tres. Exploité par Mureoil et opérant dans la baie d'Algeciras (Cadix), le navire a été converti pour servir de plateforme de récupération et de stockage des hydrocarbures. Depuis dimanche, le Bahia Tres localise les nappes en surface et a déjà récupéré plusieurs tonnes de fioul, indiquait hier l'European Safety Maritime Agency. Par ailleurs, l'EMSA précise qu'elle utilise CleanSeaNet, service européen de détection par satellite des nappes pétrolières. Les images, transmises aux autorités espagnoles, permettent de suivre l'évolution de la pollution.

Le cargo Fedra, hier, à Gibraltar   (© : EL PAIS)
Le cargo Fedra, hier, à Gibraltar (© : EL PAIS)

Par chance, les cargos Fedra et Tawe, qui se sont échoués dans la nuit de vendredi à samedi alors que les conditions météorologiques étaient difficiles, naviguaient à vide. Les soutes des deux navires renferment, néanmoins, plusieurs centaines de tonnes de carburant. Jeté à la côte, le Fedra a fini par se briser en deux contre les falaises du territoire britannique de Gibraltar, laissant s'échapper au moins 150 tonnes de fioul. Comme le montrent les photos publiées par le quotidien espagnol El País, la partie avant du cargo s'est désolidarisée du reste de la coque pour se retourner vers la mer (*). Echoué en secteur espagnol, le Tawe a, lui-aussi, provoqué une pollution, les hydrocarbures souillant les plages de la baie d'Algeciras. C'est dans le cadre du plan d'urgence déclenché pour lutter contre la pollution que l'aide de l'EMSA a été sollicitée.

Le cargo Fedra, dimanche, à Gibraltar   (© : EL PAIS)
Le cargo Fedra, dimanche, à Gibraltar (© : EL PAIS)

13 navires anti-pollution le long du littoral européen

Quittant ses locaux provisoires de Bruxelles, l'Agence européenne de sécurité maritime s'est installée le 14 septembre 2006 dans son nouveau siège, à Lisbonne, au Portugal. L'organisme avait été créé en 2002, suite au naufrage du pétrolier Erika au large de la Bretagne. Destiné à la mise en oeuvre de la politique européenne de sécurité maritime, avec pour objectif de réduire les risques d'accidents en mer, de pollution marine ou de perte de vies humaines en mer. L'EMSA a pour mission de fournir des conseils techniques et scientifiques à la Commission et aux États membres afin de garantir un niveau élevé de sûreté et de sécurité maritimes, de manière à prévenir les accidents et la pollution en mer. Pour prévenir de nouvelles marées noires, l'agence a notamment constitué une flotte de navires anti-pollution. En tout, 13 bâtiments sont répartis sur le littoral européen, intervenant sur demande de l'un des pays membres de l'UE.

Les navires de l'EMSA sont équipés de systèmes de récupération   (© : MER ET MARINE - YVES MADEC)
Les navires de l'EMSA sont équipés de systèmes de récupération (© : MER ET MARINE - YVES MADEC)

Le câblier français Ile de Bréhat, basé à Brest, fait partie de ce dispositif. A l'issue d'un appel d'offres européen, le navire de 140 mètres a été transformé début 2006 chez Sobrena. Ses cuves circulaires, qui accueillent traditionnellement les câbles sous-marins, avaient été adaptées au traitement des hydrocarbures. L'Ile de Bréhat a également reçu des pompes et un système de préchauffage permettant de fluidifier le mazout afin d'assurer son stockage. Les équipements complémentaires sont positionnés à terre et embarqués sur ordre. Ils comprennent les moyens traditionnels de lutte contre les pollutions (bras télescopiques, bouées et barrages flottants). Le coût des travaux, de l'ordre de 3 millions d'euros, a été financé par l'EMSA. Suivant le contrat, le navire, dont l'équipage a été formé pour cette mission, doit pouvoir appareiller en 12 heures de Brest, où il est basé.


L'Ile de Bréhat au cours d'un exercice au Portugal   (© : MER ET MARINE - YVES MADEC)
L'Ile de Bréhat au cours d'un exercice au Portugal (© : MER ET MARINE - YVES MADEC)

Très apprécié pour ses importantes capacités, l'Ile de Bréhat cessera néanmoins d'assurer sa mission au profit de la lutte contre la pollution à partir du 1er janvier 2009. Louis Dreyfus Armateurs, qui exploite le câblier pour le compte d'Alcatel, avait indiqué en juin que le contrat de trois ans signé fin 2005 ne serait pas renouvelé. Alcatel a, en effet, besoin de l'Ile de Bréhat pour réaliser des travaux de câblage, ce qui rend son emploi du temps incompatible avec une mission de service public. Durant trois ans, on notera que l'Ile de Bréhat a permis de tester de nombreux systèmes de lutte contre la pollution et de valider, ou non, leur efficacité.
_________________________________________

(*) VOIR LE SITE du quotidien espagnol El País, d'où sont extraites les photos du Fedra

Pollution en mer et accidents