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L'éolienne offshore Haliade inaugurée

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L'éolienne offshore Haliade inaugurée

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Eric Besson, ministre chargé de l'industrie, de l'énergie et de l'économie numérique, et Patrick Kron, Président Directeur Général d'Alstom, ont inauguré hier, sur le site du Carnet, en Loire-Atlantique, Haliade 150, le prototype de la plus grande éolienne offshore du monde. Devant le premier modèle, construit par Alstom, de la nouvelle technologie de l'éolien en mer, le ministre a rappelé les engagements du gouvernement en matière d'énergie renouvelable, à moins d'un mois du résultat de l'appel d'offre pour les premiers champs français.

 (© : ALSTOM)
(© : ALSTOM)

Evoquant la nécessité de diversifier le bouquet énergétique, le ministre a rappelé que "notre politique de production d'énergie repose sur deux piliers : un socle de production nucléaire d'une part, et les énergies renouvelables d'autre part. Ces deux piliers sont parfaitement complémentaires. Nos centrales nucléaires nous permettent de répondre à la demande de base et peuvent s'adapter à cette demande. Nos énergies renouvelables sont intermittentes et plus chères, mais elles apportent un complément utile en termes de diversification. Ces deux piliers ne doivent pas être opposés. L'énergie nucléaire comme les énergies renouvelables sont des énergies décarbonnées, qui assurent aussi notre indépendance énergétique. Car la véritable transition énergétique, ce n'est pas le passage du nucléaire au renouvelable, c'est la réduction de notre dépendance aux importations d'hydrocarbures"."Avec cette première éolienne offshore, la France va s'engager dans la production d'une nouvelle énergie renouvelable, elle aussi parfaitement complémentaire de l'électricité nucléaire. Ses coûts de production et d'installation sont supérieurs à ceux des éoliennes terrestres classiques, mais son rendement est plus élevé car elle bénéficie d'un vent plus fort et plus régulier. Une éolienne comme celle-ci va permettre par exemple de faire rouler 15 000 véhicules électriques parcourant 15 000 kilomètres par an. Ce premier appel d'offre d'éolien offshore représente une puissance de l'ordre de deux réacteurs EPR. Il s'agit donc d'une diversification significative de nos sources de production d'électricité".

"L'industrie française doit prendre une part importante dans ces marchés"

A propos de la filière industrielle induite par l'implantation de l'éolien offshore, le ministre a rappelé que cette nouvelle industrie représente'"un investissement de 10 milliards d'euros et la création de plus de 10 000 emplois industriels. La filière industrielle doit aujourd'hui se structurer, se consolider et se mettre en ordre de marche. Car, au-delà des besoins français, il s'agit également de répondre à l'engouement et aux gigantesques marchés d'Europe du Nord. Des appels d'offres pour la construction de 40 000 mégawatts d'éolien offshore sont en cours de préparation pour la prochaine décennie à travers le monde. L'industrie française doit prendre une part importante de ces marchés". "La France dispose pour cela de tous les atouts nécessaires. Elle est présente sur l'ensemble de la chaîne de valeur. Elle dispose d'industriels de premier rang, de compétences et de savoir-faire internationalement reconnus, notamment dans le domaine de l'ingénierie maritime."

   (© : ALSTOM)
(© : ALSTOM)

Haliade, une géante des mers

Haliade mesure 176 mètres de haut. Au sommet d'un mât de 75 mètres, qui surplombe une fondation de type jacket d'environ 25 mètres de hauteur, se trouve une turbine d'une puissance de 6 MW développée et réalisée par Alstom dans son usine de Saint-Nazaire. Cette turbine sera entrainée par trois gigantesques pales, longues chacune de 73.5 mètres, ce qui donnera au final un rotor de 150 mètres de diamètre. Ces pales ont été spécifiquement développées par LM Wind Power afin d'optimiser le captage d'énergie. «. Pour une éolienne de 6 MW, la nouvelle pale et la surface balayée par le rotor plus importante améliorent la production annuelle d'énergie de 15% par rapport à la génération actuelle d'éoliennes en mer », explique Alstom.
Ses fondations sont assurées par un jacket, construits aux chantiers STX de Saint-Nazaire. Devant notamment permettre de mieux répartir les efforts, qui sont énormes sur ce type d'engins, le jacket consiste en quatre pieds reliés par des croisillons métalliques et surmontée d'une plateforme, avec une pièce de transition où est logée la base du mât. Dans l'imposant cylindre, de plus de 8 mètres de diamètre, on trouve de nombreux équipements électroniques (systèmes de contrôle et de sécurité) et, à proximité, de gros ventilateurs assurant le refroidissement de la salle. L'éolienne disposera en effet d'un « cerveau » qui va gérer l'orientation de la nacelle et des pales.

La jacket   (© : ALSTOM)
La jacket (© : ALSTOM)
Et tout en haut , d'un poids de 400 tonnes, la nacelle réalisée dans l'usine Alstom de Saint-Nazaire collée aux chantiers. « L'assemblage a débuté mi-août sur cette première machine.La cadence de réalisation sera plus rapide quand nous attaquerons la production en série. Il faudra compter 20 jours par machine, avec une capacité de production de 12 à 15 machines par an », explique le directeur de l'usine nazairienne

Une première phase de test au Carnet, avant les essais en mer

La première phase de test s'effectuera donc au Carnet. « C'est beaucoup plus simple de mener tous les tests à terre, où nous sommes plus à l'aise pour travailler et pouvons bénéficier d'un mât de mesure. Il va servir à certifier la courbe de puissance qui va déterminer la valeur commerciale. Elle sera validée par un organisme extérieur », explique Frédéric Hendrick, ingénieur et vice-président Offshore du secteur éolien d'Alstom. La campagne d'essais et de mesures qui sera effectuée au Carnet va permettre à Alstom de préparer au mieux l'installation en mer de sa nouvelle éolienne. Un second prototype sera, en effet, destiné à être testé en conditions réelles. Avec son jacket, il devrait être installé d'ici la fin de l'année sur le champ offshore Belwind 1, au large de Zeebrugge, en Belgique.

   (© : ALSTOM)
(© : ALSTOM)

Une nouvelle usine en 2014 ?

Tout dépendra ensuite du résultat de différents appels d'offres européens sur l'éolien offshore, à commencer par les projets français sur lesquels se positionne Alstom au sein du consortium emmené par EDF Energies Nouvelles. Le groupement postule sur quatre des cinq premiers champs que l'Etat souhaite voir installés au large des côtes françaises. Il s'agit de Guérande, Saint-Brieuc, Courseulles-sur-Mer et Fécamp. Chaque ferme aurait une puissance de 450 à 500 MW, soit 75 à 83 éoliennes à installer par site. Si son consortium est retenu pour au moins trois des quatre sites (les lauréats doivent être connus en avril), Alstom prévoit de construire une nouvelle usine de fabrication de turbines et d'assemblage de nacelles à Montoir-de-Bretagne, près de Saint-Nazaire. Le site, qui emploierait plusieurs centaines de personnes, aurait une capacité de production de 100 machines par an. Dans cette perspective, Alstom prévoit de débuter la présérie sur Haliade en 2013, avec 4 à 11 machines sur l'année, assemblées sur son actuelle usine. Puis la production en série débuterait l'année suivante, l'objectif étant de s'installer dans la nouvelle usine en 2014.
Dans le même temps, Alstom planifie, toujours si l'appel d'offres français lui est favorable, de développer à Cherbourg, via un réseau de sous-traitants, un pôle dédié à la fabrication de mâts et de pales. L'ensemble représente un investissement de 100 millions d'euros, avec à la clé 5000 créations d'emplois (dont 1000 directs) à Saint-Nazaire et Cherbourg. Le marché français, qui doit se prolonger avec une seconde phase comprenant notamment le site vendéen des Deux Iles, en Noirmoutier et l'Ile d'Yeu, servirait de base de lancement à cette nouvelle filière. « Nous souhaitons nous implanter de manière pérenne et, si l'appel d'offres français est un déclencheur, il faut aussi viser le marché international. Les perspectives sont particulièrement intéressantes au niveau des turbines. Car, si en France l'objectif est d'installer 6 GW d'ici 2020, à l'échelle de l'Europe, notamment au Royaume-Uni et en Allemagne, les objectifs d'installation sont de 40 GW sur la même période ». On notera qu'en plus des activités industrielles d'Alstom, le consortium emmené par EDF EN prévoit, pour les champs français notamment, d'implanter jusqu'à quatre sites pour la construction des fondations et quatre unités industrielles pour le pré-assemblage à Saint-Nazaire, Brest, Cherbourg et Le Havre, ainsi que quatre centres pour l'exploitation et la maintenance des fermes éoliennes à La Turballe, Saint-Quay-Portrieux, Caen-Ouistreham et Fécamp. Ainsi, dans leur globalité, les projets du consortium permettraient de créer quelques 7500 emplois, les investissements consentis pour la construction et l'exploitation de chaque champ étant estimés à 2 milliards d'euros

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