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Les Affaires maritimes vont se doter d’un nouveau patrouilleur hauturier
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Les Affaires maritimes vont se doter d’un nouveau patrouilleur hauturier

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Marine Marchande

Un nouveau patrouilleur hauturier doit être commandé d’ici la fin de l’année pour les Affaires maritimes. Une consultation en ce sens a été ouverte il y a quelques mois auprès des chantiers et, sur la base des réponses obtenues, l’administration doit prochainement lancer un appel d’offres. Ce sera le premier programme de construction neuve d’envergure des Affaires maritimes depuis le patrouilleur de 52.5 mètres Thémis, livré en 2004 par CMN, et juste avant les quatre vedettes de 16.9 mètres (Callisto, Deimos, Telesto et Phobos) construites par Ocea en 2001.

Un navire attendu en Méditerranée en 2021

Selon nos informations, le navire devra être réceptionné 18 mois après la notification du contrat, en vue d’une mise en service vers la fin 2021. Les caractéristiques exactes de ce patrouilleur, qui sera basé sur la façade méditerranéenne, ne sont pas encore déterminées. Mais il s’agira d’une unité hauturière d’environ 40 mètres, disposant d’une solide autonomie afin de pouvoir évoluer sur l’ensemble de la zone économique exclusive. Les missions devraient être de l’ordre de 12 jours, durée équivalente aux « marées » actuellement effectuées par les patrouilleurs des Affaires maritimes.

Les trois niveaux du DCS

Cette commande s’inscrit dans le cadre d’un plan de modernisation de la flotte des Affaires maritimes, en particulier de son Dispositif de Contrôle et de Surveillance (DCS) qui repose sur trois niveaux : sur les 24 départements côtiers une Unité Littorale des Affaires Maritimes (ULAM) disposant généralement d’une petite vedette et un à deux semi-rigides, puis un moyen semi-hauturier sur chaque façade métropolitaine avec l’Armoise, vedette de 32 mètres datant de 1995 basée à Boulogne, le Gabian (32 mètres, 1986) à La Rochelle et la Mauve (30 mètres, 1984) à Marseille. S’y ajoutent des moyens hauturiers, en l’occurrence deux patrouilleurs, le Thémis (52 mètres, 2004) à Cherbourg et l’Iris (47 mètres, 1988) à Lorient.

Evolution des contrôles

La flotte hauturière du DCS est donc globalement très vieillissante, d’où la nécessité de la moderniser. Cela, en tenant compte de l’évolution des missions. Aujourd’hui, la majorité des contrôles effectués par les agents des Affaires maritimes concerne la pêche, et dans le même temps le nombre d’interventions liées aux questions environnementales ne cesse de croître, l’administration anticipant dans ce domaine une hausse des contrôles de 15 à 20% dans les cinq années qui viennent. Parallèlement, dans le cadre de la réforme de l’Etat, comme toute administration, les Affaires maritimes doivent optimiser leurs moyens.

Remplacer la Mauve et le Gabian à effectifs constants

Le projet de nouveau patrouilleur s’inscrit dans cette perspective. Ainsi, pour répondre aux besoins opérationnels accrus en moyens hauturiers et aux objectifs de maîtrise des dépenses publiques, il a été décidé d’acquérir un grand navire qui remplacera deux unités plus petites, en l’occurrence la Mauve et le Gabian. En termes d’effectifs, comme cela a été fait avec le baliseur Gavrinis des Phares et Balises, les équipages (2 x 7/8 personnes) des deux anciens navires permettront de former celui du nouveau patrouilleur, qui sera armé par deux équipages d’une quinzaine de marins.

Repositionnement de certains navires

L’arrivée de ce bateau neuf devrait aussi entrainer une réorganisation du dispositif car s’il assurera la succession de la Mauve à Marseille, il faut gérer la disparition future du Gabian à La Rochelle et donc une perte de moyen dans le golfe de Gascogne. Un projet de redéploiement d’une partie de la flotte est donc à l’étude et devrait être acté dans le courant de l’été après aval du ministère et concertation avec les organisations syndicales. Parmi les pistes évoquées, il pourrait y avoir le transfert de l’Iris de Lorient vers La Rochelle et le repositionnement de l’Armoise plus à l’ouest, entre Le Havre et Cherbourg, afin de mieux couvrir la Manche depuis une position centrale. Cela, alors que le Thémis pourrait quant à lui quitter Cherbourg pour prendre ses quartiers à Brest afin de pouvoir couvrir à la fois la Manche et l’Atlantique.

La question de la succession de l’Armoise et de l’Iris

Cette vedette, en fin de vie, devra aussi être remplacée (ou supprimée) dans les années qui viennent, tout comme l’Iris qui a passé le cap des 30 ans.  Côté financement, on notera que les investissements consentis dans le renouvellement de la flotte ne pèsent pas uniquement sur le budget de l’Etat. Comme la Douane pour le patrouilleur Jean-François Deniau (2015), qui effectue des missions régulières au profit de Frontex, les Affaires maritimes peuvent bénéficier de fonds européens via FEAMP dans le cadre des politiques communautaires de contrôle des pêches. Des aides qui peuvent représenter jusqu’à 70% du prix du bateau. Un niveau de subvention qui a par exemple été obtenu pour la conversion du palangrier Ile de La Réunion II en patrouilleur austral afin de remplacer le vieil Osiris.

Des semi-rigides pour les ULAM

Enfin, concernant les 24 ULAM, la modernisation est également en cours. Pour l’heure, la tendance est au remplacement des petites vedettes en fin de vie par de grands semi-rigides de de 8.7 à 9.4 mètres, auxquels s’ajoutent des embarcations de 6/7 mètres. Des bateaux de ces catégories sont livrés depuis 2015 par Sillinger, Zodiac Milpro et Zeppelin. En fonction du retour d’expérience, qui pour l’heure est jugé satisfaisant, cette configuration pourrait être étendue à toutes les ULAM, l’objectif des Affaires maritimes étant bien sûr d’homogénéiser autant que possible ses moyens afin de réduire les coûts.

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