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Les ambitions de DCNS dans le nucléaire civil

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Leader européen de la construction navale militaire, DCNS se positionne pour participer au programme du réacteur nucléaire de troisième génération, l'EPR, ainsi qu'à la rénovation des centrales d'EDF. L'ex-Direction des Constructions Navales, devenue DCNS depuis son rapprochement avec Thales, dispose d'une solide expérience dans le domaine nucléaire. Son site d'Indret, près de Nantes, est notamment spécialisé dans la réalisation des appareils propulsifs des bâtiments de surface et des sous-marins. Le groupe souhaiterait mettre à profit ce savoir-faire pour décrocher d'importants marchés dans le domaine civil : « Il faut trouver des relais de croissance liés à notre coeur de métier. Toutes les activités permettant de tirer le meilleur de notre expérience seront examinées au cas par cas », explique-t-on chez l'industriel. Une première tentative dans le nucléaire civil aurait échoué l'an passé. En concurrence avec celle du Tchèque Skoda, l'offre de DCN, jugée trop onéreuse, aurait été écartée par le client. Depuis, l'industriel a retravaillé son dossier pour entrer dans les budgets fixés par Areva et EDF. Cette solution française pourrait d'ailleurs présenter un intérêt stratégique et financier pour les deux groupes civils, qui disposeraient alors de deux fournisseurs concurrents, sans être dépendants d'un équipementier étranger. Si DCNS était retenu, il faudrait cependant que la raison sociale de la société, aujourd'hui uniquement axée sur les navires armés, soit modifiée. Selon nos informations, un dossier en ce sens serait à l'étude pour, le cas échéant, être présenté et éventuellement validé par les actionnaires.

Compléter une activité militaire cyclique

L'entreprise s'est donc retroussée les manches, notamment en matière de processus industriels, afin de réduire ses coûts et pouvoir décrocher un premier contrat à partir de la fin 2007. Pour DCNS, l'enjeu est énorme car le projet EPR, comme la rénovation des centrales nucléaires civiles, permettraient d'assurer 10 à 20 ans de charge pérenne à l'entreprise. Premier site concerné par ce challenge, Indret et ses 1000 salariés. Compte tenu du retard pris dans la notification des sous-marins du type Barracuda, l'établissement est en sous charge cette année. Bien que de nombreuses commandes aient été prises sur le marché domestique et à l'export, selon certains syndicats, à horizon 10 ans, seule 50% de la charge est assurée. Les grands programmes sont en effet cycliques et la commande d'une grosse série de navires n'intervient pas tous les ans. Sauf énorme contrat impliquant un gros travail sur la propulsion, il faudra donc trouver d'autres débouchés que les navires militaires pour assurer et conserver, à moyen terme, l'activité et les compétences d'Indret. Si le projet du nucléaire civil voit le jour, le site pourra notamment travailler sur les cuves des réacteurs. La Business Unit Propulsion ne serait, toutefois, pas la seule à être concernée par le projet. Cherbourg pourrait également faire valoir sa maîtrise de la construction des sous-marins nucléaires et Brest son expérience dans la maintenance des bâtiments et de leurs chaufferies.

18 chaufferies réalisées en 40 ans

Travaillant en partenariat avec le Commissariat à l'Energie Atomique et Areva, DCNS a réalisé, via son établissement d'Indret, 18 chaufferies nucléaires depuis 40 ans. Ces équipements ont été installés pour la première fois sur les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins du type Redoutable, au nombre de six, puis sur les six sous-marins nucléaires d'attaque du type Rubis, sur les quatre SNLE du type Le Triomphant et sur le Charles de Gaulle. Chaque bâtiment dispose d'une chaufferie nucléaire, à l'exception du porte-avions, doté de deux K15, identiques à celles embarquées sur les SNLE du type Le Triomphant. En mars 2006, Indret a livré la cuve du quatrième et dernier sous-marin de cette série, le Terrible, actuellement en construction à Cherbourg. Entre DCNS et Areva, un partenariat de longue date existe donc, un rapprochement entre la BU Propulsion et le géant du nucléaire civil ayant même été envisagé il y a quelques années. Les deux groupes travaillent ensemble sur la conception des chaufferies destinées aux futurs SNA de la classe Suffren (Barracuda). Dans ce programme, dont la première tranche (1.4 milliard d'euros) a été notifiée en décembre dernier, l'organisation industrielle est assez complexe. Elle consiste en une co-maîtrise d'ouvrage entre la Délégation Générale pour l'Armement et le Commissariat à l'Energie Atomique (CEA), et une co-traitance conjointe mais non solidaire entre DCNS et Areva TA. DCNS est maître d'oeuvre et architecte d'ensemble. Areva TA, maître d'oeuvre de la chaufferie nucléaire, s'adjuge 15% du contrat.
Alors que le premier Barracuda doit être remis en 2017 à la marine, la cuve du Réacteur d'ESsais (RES) à été livrée en avril par Indret. Installé à Cadarache, il s'agit du prototype à terre du réacteur qui équipera les futurs sous-marins.

Naval Group (ex-DCNS)