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Les Américains comptent sur le Charles de Gaulle en Afghanistan

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Les Américains comptent sur le Charles de Gaulle en Afghanistan

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A l'occasion d'une visite en France du 17 au 21 juillet, le patron de la flotte américaine s'est félicité de la décision de Paris de déployer le Charles de Gaulle en océan Indien. A la fin de l'année, le porte-avions et l'ensemble du groupe aéronaval tricolore gagneront cette région, où ils participeront notamment aux opérations de lutte contre les insurgés en Afghanistan. « Nous avons hâte de pouvoir bientôt compter sur la participation importante du Charles-de-Gaulle pour fournir un soutien aérien aux troupes sur le terrain en Afghanistan. Nous disposons aussi d'un porte-avions dans la région. Il est important d'étudier comment nos capacités de projection aérienne peuvent se compléter », a déclaré l'amiral Gary Roughead, qui a visité à Toulon le Charles de Gaulle, mais aussi le bâtiment de projection et de commandement Tonnerre, ainsi que la frégate de défense aérienne Chevalier Paul.

L'amiral Roughead sur le Tonnerre (© : MARINE NATIONALE)
L'amiral Roughead sur le Tonnerre (© : MARINE NATIONALE)

Le Charles de Gaulle et l'USS Harry S. Truman (© : MARINE NATIONALE)
Le Charles de Gaulle et l'USS Harry S. Truman (© : MARINE NATIONALE)

Ces dernières années, les Américains n'ont pas manqué de saluer les capacités et les performances du porte-avions français et de son groupe aérien embarqué (GAé), un outil dont seuls les Etats-Unis et la France disposent. Depuis 2007, les échanges se sont intensifiés entre la Marine nationale et l'US Navy, des Rafale effectuant à plusieurs reprises des manoeuvres d'appontages et de catapultages sur porte-avions américain. A l'été 2008, des appareils français sont même restés plusieurs jours à bord de l'USS Theodore Roosevelt. Puis, toujours dans une logique de renforcement de l'interopérabilité et des liens entre les deux marines, les Français ont même, en juin dernier, procédé à la dépose et au remontage d'un moteur de Rafale sur l'USS Harry S. Truman. Cette opération aurait, aux dires des marins français, « bluffé » leurs collègues américains, étonnés de voir que les Frenchies étaient capables de mener une opération technique aussi complexe sur l'un de leurs bateaux. Même si la France n'aligne actuellement qu'un porte-avions, cette capacité permet, aux dires des officiers français, de disposer d'un outil politique sans équivalent et de tenir son rang aux côtés de la première puissance mondiale. « Le Charles de Gaulle, c'est ce qui permet à M. Sarkozy de parler d'égal à égal à M. Obama », estime sans détour un officier général français.

Rafale Marine (© : MARINE NATIONALE)
Rafale Marine (© : MARINE NATIONALE)

Capable de parcourir 1000 kilomètres par jour en profitant de la liberté de navigation offerte par les eaux internationales, le porte-avions est le seul moyen de combat lourd pouvant être projeté dans un délai très bref sur un théâtre d'opération. A l'issue de sa modernisation effectuée lors de son premier arrêt technique majeur et des nouvelles capacités offertes par le dernier standard du Rafale, le Charles de Gaulle et son GAé constituent, aujourd'hui, le plus puissant outil aéronaval dont la France ait jamais disposé. Le bâtiment, capable d'embarquer une grosse trentaine d'aéronefs, met désormais en oeuvre le Rafale au standard F3. Suscitant lui aussi le « respect » des Américains qui ont pu apprécier ses performances lors de divers exercices, l'appareil de Dassault Aviation, dans sa dernière version, met en oeuvre toute une panoplie de nouveaux armements et équipements : Armement Air Sol Modulaire (AASM), missile antinavire Exocet AM39, missile de croisière Scalp EG, missile nucléaire ASMP-A ou encore pod de reconnaissance. Avec le prochain déploiement du Charles de Gaulle en océan Indien, le Rafale Marine au standard F3 connaîtra son baptême du feu.

Le Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)
Le Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

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