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Les Américains testent un drone de surface anti-sous-marin

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Les Américains testent un drone de surface anti-sous-marin

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La Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA) a baptisé le 7 avril à Portland le Sea Hunter, démonstrateur de drone de surface conçu pour la lutte anti-sous-marine. Réalisé dans le cadre du programme de recherche ACTUV (Agency’s Anti-Submarine Warfare Continuous Trail Unmanned Vessel), mené conjointement avec l’Office of Naval Research (ONR), l’engin, développé par la société américaine Leidos (ex-SAIC) et construit par Vigor Technologies, va rejoindre San Diego afin de débuter cet été ses essais au large des côtes californiennes.

Long de 40 mètres et adoptant une coque trimaran en matériau composite (verre-résine), ce drone affichera un déplacement en charge d’environ 140 tonnes, dont 40 tonnes de carburant, ce qui lui offrira une très grande autonomie. Celle-ci pourra en effet atteindre 70 jours d’opérations. La propulsion comprend deux moteurs diesels permettant d’entrainer deux lignes d’arbres pour une vitesse maximale annoncée à 26/27 nœuds.  

 

 

Le Sea Hunter est conçu pour être totalement autonome et évoluer en zones côtières comme en haute mer, sans avoir besoin d’un bateau-mère. Le drone peut être contrôlé à distance mais dispose également d’un système de mission (testé sur un précédent prototype de 12 mètres) lui permettant de gérer ses opérations de manière totalement autonome. Le tout en répondant aux règles internationales établies par l’OMI en matière de navigation (COLREGS). Dans la pratique, cela passe par des manœuvres programmées suivant les usages pour éviter les collisions et, pour les communications radio entre bateaux dont les routes se croisent, un opérateur contrôlant le Sea Hunter pourra communiquer à distance via une liaison satellite.

 

Le Sea Hunter lors de ses essais (© DARPA)

Le Sea Hunter lors de ses essais (© DARPA)

 

Doté de différents senseurs, dont deux radars de navigation Furuno (un bande S et un bande X) et un système électro-optique avec caméras TV/IR, le drone disposera en outre d’un système de reconnaissance des signaux d’autres navires, comme les coups de corne de brume, lorsque la visibilité est très réduite (un système a déjà été testé).

 

 

Le Sea Hunter sera équipé de différentes charges utiles, dont des sonars optimisés pour la détection de sous-marins. La DARPA, qui a développé une plateforme versatile, envisage par ailleurs, dans le cadre de sa collaboration avec l’ONR, de tester un système de lutte contre les mines. En plus des équipements fixes, l’architecture permettra le cas échéant de mettre en oeuvre des systèmes au moyen d’une rampe.

Le Sea Hunter pourra être déployé dans différentes zones et réaliser des séquences de recherche de manière autonome ou en suivant les instructions du centre de commande à terre (ou éventuellement depuis un navire pré-positionné, comme un Littoral Combat Ship), qu’il alertera automatiquement en cas de détection.

L’un des enjeux du programme ACTUV est également de tester la capacité d’un tel drone à évoluer avec d’autres engins du même type pour permettre la « chasse en meute » d’un sous-marin, ainsi que l’intégration d’un tel système au sein d’un dispositif comprenant des bâtiments classiques et des aéronefs.

 

 

Le programme prévoit deux ans de tests à la mer afin de valider les technologies mises en œuvre et évaluer la pertinence d’un tel système. Si les résultats sont concluants, le Sea Hunter pourra éventuellement servir de base, à partir de 2018, à l’élaboration d’un programme à visée opérationnelle pour l’US Navy.

Face à la prolifération du nombre de sous-marins dans le monde, celle-ci s’intéresse aux drones de surface ASM afin de compléter ses moyens traditionnels par des plateformes très économiques. L’objectif est en effet d’atteindre avec une production en série un coût de construction unitaire d’environ 20 millions de dollars pour un coût de fonctionnement quotidien de 15 à 20.000 dollars. Les drones peuvent ainsi offrir à moindre frais une couverture complémentaire, bien que leurs capacités ne peuvent pour l’heure rivaliser avec celles d’un grand bâtiment doté de sonars lourds à immersion variable et d’hélicoptères. L’autre avantage du drone est de pouvoir être engagé dans des zones à risques en préservant ainsi la sécurité des marins.  

 

US Navy / USCG