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Les marines d’Europe du nord

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Si les pays d’Europe du sud sont surtout confrontés aux problèmes de migration, de lutte contre les trafics illicites et de prévention des actes terroristes – avec deux zones de crise, en Méditerranée orientale et en Libye – l’Europe du nord s’inquiète du regain d’activité de la marine russe. Suite notamment à la crise ukrainienne et aux démonstrations de force de Moscou, des mesures de réassurance ont d’ailleurs été prises par l’OTAN en Baltique et en Scandinavie.

La Norvège, particulièrement sensible au voisinage russe, renforce les moyens de ses garde-côtes mais aussi les capacités de sa marine. Elle a mis en service en 2016, avec l’assistance technique américaine, son nouveau bâtiment collecteur de renseignements, le Marjata, et a même finalement décidé de conserver pour le moment son prédécesseur. En février 2017, le gouvernement norvégien a, par ailleurs, choisi de négocier une coopération stratégique avec l’Allemagne dans le cadre du programme de renouvellement des six sous-marins de la classe Ula (type 210 allemand), mis en service entre 1988 et 1991. Oslo et Berlin se sont donné deux ans pour négocier un accord qui permettra la réalisation d’une série de six nouveaux bâtiments (version agrandie du type 212), soit quatre pour la Norvège et deux pour l’Allemagne. Si ce projet aboutit, les nouveaux sous-marins norvégiens devraient entrer en flotte entre 2025 et 2030. 

 

Le nouveau Marjata (© : WIKIPEDIA - AGOEKE)

Le nouveau Marjata (© : WIKIPEDIA - AGOEKE)

Sous-marins norvégiens du type Ula (© : DR)

Sous-marins norvégiens du type Ula (© : DR)

 

Toujours pour accroître ses capacités de lutte anti-sous-marine, la Norvège a, par ailleurs, annoncé son intention de remplacer les six vieux avions de patrouille maritime P-3C Orion opérés par ses forces aériennes par cinq nouveaux P-8A Poseidon. Ces derniers devraient être livrés en 2021 et 2022.

Concernant la flotte de surface norvégienne, le dernier des six patrouilleurs lance-missiles à effet de surface du type Skjold est entré en service en 2012. Du côté des frégates, le renouvellement a été assuré avec cinq unités du type Fridjof Nansen, livrées par le groupe espagnol Navantia entre 2006 et 2011. Les Norvégiens doivent toutefois solutionner un vrai problème de maintien en condition opérationnelle de ces frégates, dont la disponibilité s’est avérée très faible ces dernières années. De plus, ces bâtiments attendent toujours de recevoir les nouveaux hélicoptères NH90, dont 14 exemplaires ont été commandés en 2001 (dont au moins 6 en version ASM).

 

Le futur ravitailleur Maud et une frégate du type Fridjof Nansen (© : DR)

Le futur ravitailleur Maud et une frégate du type Fridjof Nansen (© : DR)

 

Pour la marine norvégienne, 2017 verra également la réception du Maud, un grand bâtiment logistique dérivé des quatre unités britanniques du type Tide dont la coque est comme elles réalisée par Daewoo en Corée du sud. Ce navire de 180 mètres et plus de 26.000 tonnes en charge permettra à la Norvège de déployer en toute autonomie une force navale pour des missions lointaines et dans la durée, tout en contribuant au soutien d’unités alliées dans le cadre d’opérations internationales. La livraison du nouveau navire de recherche polaire Kronprins Haakon est également prévue cette année. 

 

Le futur navire scientifique Kronprins Haakon (© : FINCANTIERI)

Le futur navire scientifique Kronprins Haakon (© : FINCANTIERI)

 

Après l’intrusion de sous-marins russes près de ses côtes, la Suède a également annoncé le renforcement de ses moyens ASM. Deux nouveaux sous-marins du type A26 ont été commandés pour des livraisons en 2022 et 2024, alors que les trois Gotland, mis en service en 1996 et 1997, ont été modernisés afin de rester actifs au-delà de 2030. L’arrivée des 11 nouveaux hélicoptères NH90 offre aussi de nouvelles capacités en matière d’opérations de combat, de transport et de sauvetage.

 

 

En plus des cinq corvettes lance-missiles furtives du type Visby, livrées entre 2006 et 2008 mais déclarées totalement opérationnelle à partir de 2009/2010 seulement, la Suède compte lancer un nouveau programme de patrouilleurs hauturiers. Ces bâtiments de 110 mètres et 2200 tonnes doivent entrer en service à partir de 2023. Ils remplaceront notamment les deux unités du type Stockholm et les deux derniers Göteborg (les deux autres ont été désarmés en 2006).

 

Frégate danoise du type Iver Huitfeld  (© : FINCANTIERI)

Frégate danoise du type Iver Huitfeld  (© : FINCANTIERI)

Le Danemark a, pour sa part, sérieusement renouvelé sa marine, avec trois les trois frégates de la classe Iver Huitfeldt, livrées en 2012 et 2013, deux unités de projection type Absalon (2005) et une nouvelle série de patrouilleurs hauturiers (type SIV), dont le troisième exemplaire devrait être opérationnel cette année. L’aéronautique navale danoise est, par ailleurs, en train de remplacer ses hélicoptères Super Lynx par de nouveaux MH-60R Seahawk (9 prévus d’ici 2018, le premier ayant été livré en 2015).

 

L'un des nouveaux chasseurs de mines finlandais du type 

L'un des nouveaux chasseurs de mines finlandais du type Katanpää (© : WIKIPEDIA - MKFI)

La Finlande, qui rencontre des problèmes techniques avec ses quatre principaux patrouilleurs lance-missiles (Hamina), a mis en service en 2012 et 2013 trois nouveaux chasseurs de mines du type Katanpää. Dérivés des Lerici de la Marina militare et réalisés en Italie par Intermarine, ils ont remplacé les anciens Kuha. La marine finlandaise s’est en revanche séparée du mouilleur de mines Pohjanmaa, datant de 1979 et désarmé en 2015. Les garde-côtes ont, quant à eux, mis en service fin 2013 le patrouilleur hauturier Turva. 

 

Le Turva, nouvel OPV des garde-côtes finlandais  (© : DR)

Le Turva, nouvel OPV des garde-côtes finlandais  (© : DR)

 

L’Estonie, après avoir repris entre 2007 et 2009 trois anciens chasseurs de mines du type Sandown de la Royal Navy, a fait construire en Finlande un nouveau garde-côte, le Kindral Kurvits, livré à l’été 2012.

 

Le patrouilleur estonien Kindral Kurvits  (© : TYOVENE)

Le patrouilleur estonien Kindral Kurvits  (© : TYOVENE)

 

La Lettonie a, de son côté, racheté cinq anciens chasseurs de mines néerlandais du type CMT (transférés entre 2006 et 2011) et mis en service en 2013 et 2014 les quatrième et cinquième patrouilleurs à coque SWATH du type Skrunda.

 

Patrouilleur letton du type Skrunda  (© : ABEKING & RASMUSSEN)

Patrouilleur letton du type Skrunda  (© : ABEKING & RASMUSSEN)

 

Quant à la Lituanie, sa flotte est toujours axée sur trois ex-patrouilleurs danois du type Stanflex 300 et deux anciens chasseurs de mines britanniques du type Hunt. L’ensemble de ces bâtiments a été intégré à la marine lituanienne entre 2008 et 2011. S’y ajoute le mouilleur de mines Jotvingis (ex-Vidar), racheté en 2006 à la Norvège et qui sert également de bâtiment de commandement.

 

La frégate polonaise Kasimierz Pulaski, du type O.H. Perry  (© : MICHEL FLOCH)

La frégate polonaise Kasimierz Pulaski, du type O.H. Perry  (© : MICHEL FLOCH)

 

La Pologne, quant à elle, veut renforcer sa marine, dont les principales unités de surface sont toujours deux ex-frégates américaine du type O.H. Perry datant de 1980 et transférées au début des années 2000. Le programme des six nouvelles frégates légères du type allemand Meko A100 a néanmoins été interrompu. Seule la tête de série, le Slazak, a été maintenue car sa construction était considérée comme trop avancée. Mis à l’eau en juillet 2015, le bâtiment doit être opérationnel cette année mais ne sera doté que d’un armement de base, ramenant son rôle à celui d’un simple patrouilleur hauturier. Pour la suite, la marine polonaise souhaite se doter d’une nouvelle série de corvettes mais la priorité est pour le moment donnée au projet de nouveaux sous-marins destinés à remplacer les quatre vieux Kobben mis en service entre 1964 et 1967) et rachetés à la Norvège en 2002. Le choix du modèle qui leur succèdera n’a toujours pas été acté, DCNS et TKMS étant en compétition (avec notamment le Scorpene 2000 doté du missile de croisière MdCN pour les Français).

La marine polonaise va, enfin, mettre en service cette année le Kormoran, premier d’une nouvelle série de chasseurs de mines appelés à remplacer les trois vieux Krogulec (1966-67). Les deux sisterships du Kormoran devraient être livrés entre 2019 et 2023.

 

Le patrouilleur irlandais Samuel Beckett  (© : IRISH DEFENCE FORCES)

Le patrouilleur irlandais Samuel Beckett  (© : IRISH DEFENCE FORCES)

 

Toujours au nord de l'Europe mais à l'ouest cette fois, l’Irlande poursuit la modernisation de sa marine. Les trois patrouilleurs du type Emer, retirés du service entre 2013 et 2016 (l’Emer a été transféré au Nigéria et l’Aoife à Malte), sont remplacés par les nouvelles unités du type PV 90, réalisées par le chantier britannique Babcock. Version agrandie des Roisin et Niamh, livrés en 1999 et 2001, les Samuel Beckett, James Joyce et William Butler Yeats ont rejoint la marine irlandaise en 2014, 2015 et 2016. La commande d’une quatrième unité, livrable en 2018, a été annoncée l’an dernier. Du côté des moyens aéronautiques, six hélicoptères AW 139 ont été livrés en 2006 et 2007 et deux EC135 ont été commandés. 

 

Le patrouilleur islandais Thor  (© : ROLLS-ROYCE)

Le patrouilleur islandais Thor  (© : ROLLS-ROYCE)

 

L’Islande, enfin, a réceptionné en 2011 un grand patrouilleur hauturier, le Thor, conçu par Rolls-Royce et réalisé par Asmar au Chili. La marine islandaise s’est également dotée en 2009 d’un avion de surveillance maritime Dash 8.

 

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