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Les avions du Charles de Gaulle dans le ciel libyen

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Les avions du Charles de Gaulle dans le ciel libyen

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Enrichi d'un sous-marin nucléaire d'attaque et de deux frégates de défense aérienne, le groupe aéronaval français, qui a appareillé dimanche de Toulon, a débuté hier ses opérations au large de la Libye. Une première pontée a été catapultée dans la matinée depuis le porte-avions Charles de Gaulle. Cette patrouille comprenait trois Rafale Marine, soit deux en configuration reconnaissance et un en version « nounou » pour le ravitaillement en vol. Ces appareils de l'aéronautique navale ont pu, grâce au nouveau pod de reconnaissance Reco NG, inspecter le théâtre d'opération libyen afin de recueillir des éléments permettant d'enrichir la situation tactique et détecter de nouvelles cibles. On notera qu'une mission similaire a été réalisée par deux Rafale de l'armée de l'Air, également dotés de nacelles Reco NG et soutenus par un avion ravitailleur C135. Enfin, un septième appareil, en l'occurrence un avion radar E-3F Awacs de la base d'Avord, a été engagé hier par la France.

Rafale de l'armée de l'Air  (© : DASSAULT AVIATION)
Rafale de l'armée de l'Air (© : DASSAULT AVIATION)

Montée en puissance du dispositif français

Les appareils français, qui ont notamment détruit cinq véhicules blindés libyens (avec des GBU-12 et AASM) entre samedi et lundi, sont donc moins intervenus hier. Cela tient au fait qu'une partie des cibles a été détruite (notamment des moyens sol-air, installations radar et moyens de communication) et que les moyens de la coalition montent en puissance. Aux côtés des Français, Anglais et Américains ont déjà effectué des raids et mené des patrouilles pour garantir la zone d'exclusion aérienne dans la région de Benghazi, fief des opposants au colonel Kadhafi. Et d'autres pays se joignent progressivement au dispositif, mis en place suite à la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU, visant à protéger les civils dans la zone tenue par les rebelles. Ainsi, alors qu'on annonçait hier l'arrivée en Méditerranée de F-16 norvégiens, deux Mirage 2000-9 envoyés par le Qatar ont rallié La Sude, en Crête, où deux Mirage 2000-5 français vont les rejoindre (deux autres Mirage qataris pourraient compléter le dispositif). Côté tricolore toujours, le dispositif monte toujours en puissance. La base corse de Solenzara (BA 126), le site français le plus proche de la Libye, a vu ses effectifs passer de 1000 à 1500 personnes. La plupart des avions d'armes engagés dans l'opération Harmattan y sont désormais basés, soit six Rafale, six Mirage 2000D et six Mirage 2000-5 de l'armée de l'Air.

Le Charles de Gaulle  (© : MARINE NATIONALE)
Le Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

Sept bâtiments français engagés

En parallèle, la Marine nationale muscle aussi sa présence. Le Charles de Gaulle, avec huit Rafale Marine, six Super Etendard Modernisés, deux Hawkeye et des hélicoptères (dont deux Caracal et un Puma), est désormais à pied d'oeuvre (le groupe aérien embarqué pouvant être renforcé en cas de besoin). On notera que le porte-avions est entouré de solides capacités anti-sous-marines, avec la frégate Dupleix et un sous-marin nucléaire d'attaque du type Rubis. La présence de ces deux bâtiments peut surprendre, tant la menace sous-marine paraît dérisoire. Seuls deux sous-marins libyens seraient encore en service. Mais il s'agit d'unités de type Fox Trot russe, totalement périmées et probablement incapables de prendre la mer. Malgré tout, la Marine nationale ne veut prendre aucun risque. De plus, la présence dans le groupe aéronaval (GAN) d'une FASM et d'un SNA se justifie par le déploiement, dans le secteur, de sous-marins étrangers qu'il convient de surveiller, même s'ils sont amis. Les capacités de défense aérienne sont, quant à elles, assurées par les frégates Forbin et Jean Bart, déjà présentes sur place depuis plusieurs jours et désormais intégrées au GAN. Ces deux navires peuvent assurer le contrôle aérien dans la zone et contrer toute attaque de missiles ou d'aéronefs. La frégate furtive Aconit permet de compléter les moyens de surveillance et de neutraliser, comme les autres frégates, un éventuel raid nautique. Enfin, pour assurer le soutien logistique et le ravitaillement de cette flotte, le pétrolier ravitailleur Meuse a appareillé hier de Toulon pour rejoindre le groupe aéronaval.

SNA du type Rubis (© : MARINE NATIONALE)
SNA du type Rubis (© : MARINE NATIONALE)

Le Dupleix (© : MARINE NATIONALE)
Le Dupleix (© : MARINE NATIONALE)

Le Forbin (© : MARINE NATIONALE)
Le Forbin (© : MARINE NATIONALE)

Le Jean Bart (© : MARINE NATIONALE)
Le Jean Bart (© : MARINE NATIONALE)

L'Aconit (© : MARINE NATIONALE)
L'Aconit (© : MARINE NATIONALE)

La Meuse (© : MARINE NATIONALE)
La Meuse (© : MARINE NATIONALE)

Organiser la gestion des moyens de la coalition

En plus des navires français, de très nombreux bâtiments d'autres pays (comme les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l'Italie, l'Allemagne, la Grèce, la Turquie...) sont présents sur zone, assurant un rideau défensif quasiment impénétrable pour les moyens du régime de Tripoli, qui a menacé de s'en prendre au trafic commercial en Méditerranée. La mise en place progressive de cette armada, doublée de la montée en puissance des moyens aériens de la coalition, impose une organisation de plus en plus complexe. Les pays engagés travaillent par conséquent à affiner la planification des missions et fixer de nouvelles règles pour tenir compte de la participation de nouveaux avions. Côté français, Alain Juppé, ministre des Affaires Etrangères, a souhaité hier que le pilotage politique de l'opération reste du ressort des pays participant. En revanche, Paris, comme Londres et Washington, est favorable à un recours aux moyens de l'OTAN en termes de planification et de capacités d'intervention. En clair, l'alliance pourrait se charger de la coordination des aspects militaires. Jusqu'ici, c'est le centre de commandement des opérations aériennes de Ramstein, en Allemagne, qui est chargé de gérer les moyens mis à disposition par les différents pays. Mais, compte tenu de la multiplication des aéronefs et des intervenants, une coordination plus intégrée semble nécessaire.

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