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Les britanniques envoient l’Argus aux Caraïbes

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Les britanniques envoient l’Argus aux Caraïbes

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Comme nous l’évoquions le 26 mars, la France n’est pas la seule à avoir décidé de dépêcher des moyens maritimes dans l’arc caribéen en soutien de la lutte contre le Covid-19. Pressenti pour une telle mission, le porte-aéronefs auxiliaire Argus, de la Royal Fleet Auxiliary (RFA) britannique, a appareillé de sa base de Devonport le 2 avril, cap sur les Caraïbes. Sa mission est double puisqu’il va non seulement être employé dans les opérations sanitaires et logistiques liées au coronavirus, mais est aussi pré-positionné dans la région avant la saison cyclonique, qui s’étend de mai à novembre.

Faisant le mois dernier l’objet d’une rumeur - démentie par le gouvernement britannique – quant à son possible emploi comme navire hôpital sur la Tamise, l’Argus embarque

Armé par des personnels de la RFA et de la Royal Navy, le bâtiment embarque du fret médical et humanitaire (rations alimentaires et eau notamment), un détachement de Royal Marines et des hélicoptères Wildcat et Merlin. Il y a également à bord une solide équipe de médecins et infirmiers pour l’hôpital du navire.

 

Le RFA Argus (© ROYAL NAVY)

Le RFA Argus (© ROYAL NAVY)

 

Construit en Italie en 1981, l’Argus, long de 175 mètres pour une largeur de 30.4 mètres et un déplacement de plus de 28.000 tonnes en charge, est un bâtiment particulier. Il s’agit en effet d’un ancien porte-conteneurs acquis par la flotte britannique en 1984 et converti en porte-aéronefs auxiliaire par le chantier Harland & Wolff de Belfast. Il fut remis en service dans sa nouvelle configuration en 1988. Les superstructures furent modifiées alors qu’un pont d’envol de 113 mètres de long pour 28 mètres de large a été aménagé, les cales étant notamment converties en hangar et garages. Ils communiquent avec le pont via deux ascenseurs d’une capacité de 18 tonnes. Le bâtiment peut aujourd’hui embarquer jusqu’à six hélicoptères lourds, mais avait été conçu à l’époque pour pouvoir aussi mettre en œuvre des avions à décollage court et appontage vertical Sea Harrier. Une capacité issue du retour d’expérience de la guerre des Malouines (182), au cours de laquelle était apparue la difficulté d’envoyer des renforts en avions aux porte-aéronefs engagés sur zone contre les Argentins. Mais cela fait bien longtemps que l’Argus n’a pas accueilli de Harrier, dont les derniers exemplaires britanniques ont été retirés du service début 2011.

Entre 2009 et 2010, l’Argus a vu ses fonctions médicales sensiblement accrues afin de pouvoir servir de navire hôpital. Il peut depuis disposer de 100 lits médicalisés, avec capacités de réanimation, des blocs opératoires, une salle de radiologie et un scanner.

 

Le RFA Argus (© MICHEL FLOCH)

Le RFA Argus (© MICHEL FLOCH)

 

Alors que le porte-hélicoptères amphibie Dixmude a quitté le 3 avril Toulon pour rejoindre la zone Antilles-Guyane, les Pays-Bas, qui ont aussi des territoires dans la région (l’île franco-néerlandaise de Saint-Martin et Curaçao), réfléchissent toujours à l’opportunité de déployer un navire. Si la décision est prise, il s’agira du bâtiment de projection et de ravitaillement Karel Doorman ou de l’un des deux transports de chalands de débarquement de la marine néerlandaise (Johan de Witt et Rotterdam).

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs. 

 

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