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Les campagnes polaires françaises bouleversées par la crise sanitaire
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Les campagnes polaires françaises bouleversées par la crise sanitaire

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La plupart des instituts polaires mondiaux, américain, britannique, néo-zélandais ou encore australien, viennent d’annoncer l’annulation d’une bonne partie des campagnes scientifiques du prochain été antarctique en raison des conséquences de la crise du Covid-19. L’Institut polaire français, qui coordonne la logistique des stations polaires de Dumont d’Urville et Concordia en Antarctique, de Ny-Ålesund au Svalbard ainsi que celle des opérations scientifiques dans les archipels subantarctiques, est confronté aux mêmes dilemmes. Comment assurer la sécurité sanitaire dans ces stations loin de tout ?

« Dans la mesure du possible, nous n’annulons pas d’opérations scientifiques en Antarctique mais nous les reportons », explique-t-on à l’IPEV, interrogé par Mer et Marine. « Tous les projets scientifiques vont être plus ou moins touchés par ces reports, certains ne pouvant pas du tout assurer leurs opérations scientifiques tandis que d’autres pourront déployer un expéditionnaire uniquement ou faire partir du matériel pour la saison prochaine ». La logistique du prochain été austral va être bouleversée : les Etats-Unis, l’Italie et la Nouvelle-Zélande, qui disposent également de bases en Antarctique, ont d’ores et déjà annoncé une diminution drastique du nombre d’avions de transport de personnels, dont les stations françaises bénéficient également.

« Nous allons rapatrier tout le monde par bateau, avec l’Astrolabe qui effectuera R0 (la première rotation Hobart-Dumont d’Urville, NDLR) début novembre et plus tard avec aussi le navire polaire italien Laura Bassi. Les hivernants actuels vont tous rentrer lors des premières rotations. Concordia sera ravitaillée par deux raids dont le premier est prévu mi-novembre. Les effectifs y seront réduits au minimum (un peu moins d’une quarantaine contre minimum 70 habituellement) et seules les campagnes liées aux observatoires seront menées. Le camp d’été ne sera pas ouvert et la station entrera en hivernage mi-janvier, soit presque un mois plus tôt que d’habitude » Les Italiens, quant à eux, vont fermer beaucoup plus tôt que d’habitude leur base de Mario Zucchelli.

« Nous sommes en train de mettre en place des procédures et des kits pour assurer la sécurité des personnels, des relèves montantes et descendantes. Mais il y a encore des zones de flou sur les conditions imposées par les pays frontaliers ». Ainsi, l’Australie pourrait imposer une double quatorzaine aux personnes arrivantes : une de 14 jours à Melbourne et une autre de même durée à Hobart en Tasmanie. « Si cela était maintenu, ce serait intenable pour la plupart des organismes scientifiques ».

Dans la station de Ny-Ålesund au Spitzberg, la situation se débloque. Les logisticiens français, en attente d’une relève depuis 73 jours, devraient pouvoir rentrer puisque l’archipel arctique a rétabli ses liaisons avec la Norvège.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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