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Les catapultes du second porte-avions commandées en mars ?

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Les catapultes du second porte-avions commandées en mars ?

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Les prises de positions politiques, à quelques mois des élections, sur le dossier du second porte-avions, interviennent à un moment délicat pour la stratégie de défense de la France et sa capacité à mener une opération d'envergure à l'autre bout du monde. Dimanche, le Charles de Gaulle appareillera avec ses navires d'escorte pour un ultime grand déploiement avant son premier arrêt technique majeur. Cette Indisponibilité Périodique pour Entretien et Réparations immobilisera le navire pendant 18 mois, sans compter la période qui sera ensuite nécessaire pour requalifier les pilotes, privés de porte-avions pendant un an et demi. Au cours du passage en cale sèche, les coeurs nucléaires seront notamment rechargés et de nouvelles hélices mises en place. Alors que la région du golfe Persique, cruciale pour les approvisionnements du pays, reste des plus instables, tout au long de l'IPER du Charles de Gaulle, la France sera dépourvue de moyens d'interventions lourds et rapides (*). C'est la raison pour laquelle Jacques Chirac et Michèle Alliot-Marie souhaitent que le programme de second porte-avions voit le jour rapidement, afin qu'il soit opérationnel en 2015, date du deuxième arrêt technique de son aîné. Le mois dernier, lors de ses voeux à la presse, le ministre de la Défense avait indiqué que son objectif était de signer le Dossier de Lancement et de Réalisation (DLR) avant la fin du mois de mars. Selon la lettre d'informations stratégiques TTU, la commande des catapultes après de l'industrie américaine devrait intervenir de manière concomitante. Ces deux nouveaux contrats devraient permettre d'engager les 700 millions d'euros de crédits prévus pour le programme en 2007. Cette somme viendrait s'ajouter aux 70 à 80 millions d'euros déjà investis en France pour les études et aux 145 millions d'euros alloués à la coopération avec les Britanniques (dont une bonne partie a déjà été payée). Renoncer au projet reviendrait, dans ces conditions, à « jeter par la fenêtre » près d'un milliard d'euros.
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(*) Opérant depuis les eaux internationales, le porte-avions peut être positionné très rapidement à proximité des zones de crises. A l'inverse, les opérations militaires récentes ont démontré qu'il fallait plusieurs mois pour négocier avec les pays riverains des terrains où baser des appareils de l'armée de l'Air. Le porte-avions assure donc le rôle de « premier moyen d'intervention », en attendant le positionnement de moyens plus lourds.

- Voir la fiche technique du second porte-avions

- Accéder au site de TTU

Naval Group (ex-DCNS)