Construction Navale
Les chantiers finlandais n'ont plus que 5 navires à livrer

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Les chantiers finlandais n'ont plus que 5 navires à livrer

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La situation des chantiers finlandais de STX Europe est peut-être encore plus délicate que celle de Saint-Nazaire. Alors que le site de Rauma vient de lancer la construction du premier des deux futurs ferries de P&O, le carnet de commandes de l'ex-Aker Finnyards atteint un niveau critique. Helsinki, Rauma et Turku, qui comptaient 12 navires à construire à l'été 2008, n'en ont plus que 5 à livrer.
Le chantier d'Helsinki, qui a remis en février l'Armorique à Brittany Ferries, n'a plus de navire en construction. A Rauma, l'armement du cruise-ferry Baltic Queen (212 mètres, 2800 passagers) s'achève, le navire devant entrer en exploitation pour le compte de Tallink au printemps. Le site dispose encore des ferries de P&O, deux grosses unités de 121 mètres et 49.000 tonneaux, mais ces unités seront livrées en 2010 et 2011. D'ici là, faute de nouvelle commande, les ateliers de production, puis le prémontage, le montage et l'armement s'arrêteront progressivement.
La situation n'est pas meilleure à Turku, berceau finlandais des paquebots géants. Le chantier se focalise actuellement sur l'achèvement de l'Oasis of the Seas. Le plus gros paquebot du monde (225.000 tonneaux, 2700 cabines) doit être livré en décembre prochain à RCCL. Son sistership, l'Allure of the Seas, a été mis sur cale fin 2008, pour une livraison à l'automne 2010. Le projet Genesis sera alors achevé.

Déjà un millier de salariés au chômage partiel

Déjà, le manque de commandes se fait sentir et, en janvier, STX a annoncé des mesures de chômage partiel pour 900 ouvriers et 160 cadres.
Comme d'autres, les chantiers finlandais subissent de plein fouet le ralentissement de l'économie et la baisse des investissements. Alors que le marché des ferries n'est plus considéré comme porteur, dans la croisière, le principal client de STX Finlande, l'Américain Royal Caribbean, traverse une phase délicate. Devant encore trouver 20% de la facture du projet Genesis (1.8 milliard d'euros), Royal doit aussi assurer le financement des quatre paquebots du type Solstice (122.000 tonneaux, 1425 cabines) commandés chez Meyer Werft pour sa filiale Celebrity Cruises. Avec une capacité en cash flow limitée à 1.5 milliard de dollars fin 2008 et un cours de bourse qui s'est effondré ces derniers mois, le groupe américain n'est manifestement pas en mesure de lancer de nouveaux investissements.
Quant à Carnival, le numéro 1 mondial de la croisière, si les chantiers finlandais ont déjà réalisé plusieurs navires pour le groupe, cette voie ne semble pas porteuse à court terme. Faisant construire en série, chez l'Italien Fincantieri, les paquebots de ses différentes filiales, Carnival a annoncé qu'en raison du contexte économique, il préférait attendre avant de lancer de nouveaux projets.

Meyer Turku (ex-STX FINLAND)