Défense
Les commandes nationales et Convergence sauvent le chiffre d'affaires de DCNS

Actualité

Les commandes nationales et Convergence sauvent le chiffre d'affaires de DCNS

Défense

Le groupe naval français a présenté, ce matin, ses résultats pour 2007. Malgré les espoirs fondés à l'international, aucun gros contrat à l'export ne s'est concrétisé l'an passé. DCNS maintient toutefois son chiffre d'affaires à 2.821 milliards d'euros, soit une légère progression par rapport à l'exercice précédent. Si aucune commande n'a été engrangée auprès de clients étrangers, le groupe a pu maintenir son bilan grâce au lancement de deux programmes nationaux majeurs : Les Frégates Européennes Multi-Missions (FREMM) et les sous-marins nucléaires d'attaque du type Barracuda. « Nous avons eu une activité intense en 2007 avec des programmes qui se déroulent correctement malgré leur sophistication et la complexité des produits », note Bernard Planchais, directeur général délégué de DCNS. Outre le début d'usinage de la frégate Aquitaine, à Lorient, et du SNA Suffren à Cherbourg, le groupe a poursuivi l'achèvement des deux frégates du type Horizon et livré le bâtiment de projection et de commandement Tonnerre. L'an passé a, par ailleurs, vu la fin de l'assemblage du sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE) Le Terrible, dont le transfert vers le dispositif de mise à l'eau interviendra le 21 mars, à Cherbourg. Enfin, sur le plan national toujours, DCNS a commencé en septembre le premier arrêt technique majeur du porte-avions Charles de Gaulle. « C'est un véritable défi puisque nous dévons réaliser cette opération en 15 mois alors qu'il faut le double aux Américains pour assurer la maintenance de leurs porte-avions ».

Export : 27% du chiffre d'affaires

Décevant en 2007, le marché export a, tout de même, représenté 27% du chiffre d'affaires du groupe. DCNS, qui achève le programme des frégates Delta pour Singapour, a débuté la réalisation, en transfert de technologie, de six sous-marins Scorpène destinés à l'Inde. Le premier d'une série de deux bâtiments du même type, fabriqués à Cherbourg, a, quant à lui, débuté ses essais en mer. Côté équipements, un simulateur de navigation commandé dans le cadre de ce programme et réalisé par Ruelle vient d'être achevé. Le site charentais de DCNS a, par ailleurs, vendu l'an dernier à la Thaïlande des systèmes de manutention d'hélicoptères. En matière de propulsion, de nouveaux essais en mer du premier système de propulsion anaérobie MESMA sont prévus dans quelques semaines sur le troisième sous-marin pakistanais du type Agosta 90B. A Nantes-Indret, la Business Unit Propulsion, où le MESMA a été conçu, a dans le même temps débuté la réalisation de systèmes propulsifs destinés aux corvettes indiennes du type P75. « Cela démontre que nous pouvons placer nos équipements sur des navires qui ne sont pas conçus par DCNS », relève Bernard Planchais. Dans le même esprit, on notera le contrat décroché pour la modernisation des systèmes de combat des sous-marins équatoriens. « C'est un contrat important car il nous renforce sur le marché du retrofit des sous-marins d'origine allemande ». En Europe du Nord, DCNS poursuit, enfin, l'intégration des systèmes de combat des patrouilleurs norvégiens de la classe Skjold.

Frégates proposées en Arabie Saoudite, Grèce et Algérie

Afin de décrocher de nouveaux contrats, DCNS travaille sur ses produits et compte, notamment, développer une gamme complète de frégates. La FM400, de 4000 tonnes, s'ajoute désormais aux corvettes Gowind (1200 à 2000 tonnes), à la famille des La Fayette (3000 tonnes) et aux FREMM (6000 tonnes). Commandée à 8 exemplaires pour la Marine nationale (17 prévus), la frégate multi-missions a été proposée au Maroc, qui a signé l'an dernier une lettre d'intention en vue d'acquérir un bâtiment. La signature du contrat est espérée à partir du mois d'avril. DCNS souhaite également vendre la FREMM en Grèce, où les navires seraient, en cas de commande (fin 2008), réalisés localement aux chantiers Elefsis, près d'Athènes. Les négociations se poursuivent avec l'Arabie Saoudite sur le programme Sawari III (frégates et éventuellement sous-marins) mais aussi avec l'Algérie, désireuse de posséder de nouvelles frégates. Enfin, malgré l'achat de deux navires d'occasion auprès de la Belgique, DCNS affirme être toujours en lice pour vendre quatre Gowind à la Bulgarie. Un signature du contrat est espérée d'ici 2010 pour une livraison des bâtiments à l'horizon 2013/2014.

Thales rapporte 1.2 milliard d'euros au carnet de commandes

A ce jour, le carnet de commandes de DCNS s'élève à 8.328 milliards d'euros. Maintenu à un haut niveau par la montée en puissance de programmes déjà notifiés, il a été consolidé par le projet Convergence avec Thales. « Il n'y a pas eu de grands projets de signés mais le carnet de commandes a bénéficié du rapprochement. Nous avons désormais 100% d'Armaris et nous avons intégré TNF. Globalement, l'opération a rapporté 1.2 milliard de carnet de commandes en plus à DCNS », précise Jean Descourtis, directeur financier du groupe. Pour acheter les 50% d'Armaris (filiale commerciale) détenue par Thales et acquérir les activités navales françaises (hors équipements) de l'électronicien, DCNS a déboursé 339 millions d'euros, ce qui lui laisse une trésorerie de 981 millions d'euros. Pour Jean-Marie Poimboeuf, PDG de DCNS, « 2007 est l'année de l'intégration réussie des équipes issues de Convergence. Face aux incertitudes liées aux contraintes budgétaires et devant l'émergence d'une concurrence renforcée, DCNS a engagé des actions pour renforcer sa compétitivité ainsi qu'une politique de développement se traduisant par de nouvelles implantations à l'étranger et par l'approche de nouveaux marchés connexes à ses domaines d'expertise ».
Le groupe, qui compte se développer à l'international et sur les marchés civils (nucléaire, maintenance...) pour pallier aux baisses prévisibles des commandes nationales, poursuit ses efforts de productivité. Les effectifs ont été ramenés à 12.800 salariés et 300 départs (retraites, plan amiante) ne seront pas remplacés en 2008. Des efforts sont entrepris sur les frais généraux, avec une baisse prévue de 10% sur les frais de structures. Le poids des achats doit, par ailleurs, être allégé grâce à la globalisation des marchés et la simplification des chaînes d'approvisionnement.
Cette année, DCNS prévoit 3 milliards d'euros de prises de commandes. La signature du second porte-avions destiné à la Marine nationale en fait partie. « Notre offre a été remise et nous sommes prêts à engager le contrat si le pouvoir politique le décide », souligne Bernard Planchais.

Naval Group | Actualité industrie navale de défense