Science et Environnement
Les coquillages face à l'acidification des océans

Actualité

Les coquillages face à l'acidification des océans

Science et Environnement

Certains organismes marins sont gravement menacés par l’acidification de l’eau de mer. C’est ce que révèle la revue Nature qui publie dans sa dernière édition une étude réalisée par une trentaine de chercheurs européens, américains, japonais et australiens. Selon les scientifiques, ce phénomène, consécutif à l’absorption de dioxyde de carbone par les océans, pourrait entraîner un arrêt net de formation des coquilles et même une dissolution de celles-ci. Pour les auteurs de l'étude, le risque pourrait devenir réalité dans une cinquantaine d’années. Une conclusion révélée par des données récentes et des simulations numériques de l'évolution des carbonates, issus de l'estimation des émissions futures de CO2. Ces données ont été établies par le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat. Selon les scientifiques, dans cinquante ans, les eaux de surface les plus froides de l'océan, comme celles de l’Antarctique, vont devenir corrosives pour une forme de calcaire, appelée aragonite.

Extensions à l'horizon 2100

Cette situation pourrait sonner le glas des ptéropodes, dont le squelette externe est justement fait d’aragonite. Des simulations avec de l’eau acidifiée ont démontré que les coquilles commençaient à se dissoudre. Ce ne serait toutefois qu’un début. En effet, si les concentrations de dioxyde de carbone continuent d’augmenter, ce qui est malheureusement très probable, les chercheurs avertissent que l’eau, dans l’ensemble des mers australes et une partie du Pacifique, deviendra elle aussi corrosive pour l’aragonite à l’horizon 2100. On pourrait donc assister à la possible disparition de ces espèces de mollusques, très présentes dans ces régions. L’acidification de l’eau les empêcherait en effet de grandir. Les coraux seraient également menacés par cette acidification massive des océans qui, selon les chercheurs, serait sans précédent depuis des millions d’années.

Retrouvez la revue scientifique Nature sur: www.nature.com