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Les côtes américaines face à la marée noire

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Les côtes américaines face à la marée noire

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La gigantesque nappe de pétrole issue de l'accident de la plateforme de forage Deepwater Horizon continue de progresser vers les côtes américaines. Elle semble avoir atteint hier les îles Chandeleur, en bordure du delta du Mississippi. Longue de 200 kilomètres, la pollution menace les côtes de la Louisiane, du Mississipi, de l'Alabama et de la Floride. Les mauvaises conditions météorologiques ont contraint les autorités à suspendre, samedi soir, une partie des opérations de lutte contre la pollution. Les fortes vagues ont, notamment, emporté un certain nombre de barrages flottants disposés le long du littoral. Les avions chargés de répandre des produits dispersants sur la nappe étaient, quant à eux, cloués au sol. C'est donc dans une grande angoisse que la population attend le déferlement du pétrole, qui pourrait provoquer des dommages considérables à l'écosystème et l'économie locale. Hier, Barack Obama s'est rendu en Louisiane pour inspecter le dispositif de lutte contre la marée noire. Le président américain a, notamment, accentué la pression sur BP. Le groupe britannique « est responsable de cette fuite et BP va payer la facture. Je n'épargnerais aucun effort pour solutionner cette crise. Toute notre attention est concentrée à l'heure actuelle sur un effort maximum et coordonné pour stopper la marée », a déclaré Barack Obama, estimant que les Etats-Unis pourraient être confrontés une « catastrophe écologique sans précédent ». La région abrite en effet d'importantes réserves naturelles et la Louisiane, à elle seule, fournit un tiers de la production nationale de coquillages et de crustacés. Selon la presse anglaise, la catastrophe pourrait coûter près de 3.5 milliards d'euros à BP.

Photo satellite de la nappe en fin de semaine dernière  (© : NASA)
Photo satellite de la nappe en fin de semaine dernière (© : NASA)

La pollution pourrait dépasser en ampleur celle du pétrolier Exxon Valdez, qui s'échoua en 1989 en Alaska. Et, cette fois, le problème est d'autant plus grave que la quantité de pétrole déversée en mer augmente chaque jour. Lors de l'explosion puis du naufrage de la plateforme Deepwater Horizon, le 20 avril, la tête de puits est restée ouverte. Depuis bientôt deux semaines, 800.000 litres d'hydrocarbures s'échappent quotidiennement. Pour l'heure, les robots sous-marins dépêchés sur zone ne sont pas parvenus à fermer la valve de sécurité et les autorités américaines redoutent que la tête de puits lâche. Si c'est le cas, la fuite prendrait une toute autre dimension, avec, selon le chef de l'US Coast Guard, 16 millions de litres de pétrole déversés chaque jour. La priorité des autorités américaines et de BP est donc d'arrêter la fuite. Le groupe pétrolier a annoncé ce week-end que la construction d'un couvercle de confinement de 70 tonnes était quasiment achevée. Cette « cloche » pourrait être posée au dessus de la tête de puits d'ici 6 à 8 jours. L'objectif est d'emprisonner le pétrole puis de le pomper.

La plateforme a coulé le 20 avril au large de la Nouvelle-Orléans  (© : US COAST GUARD)
La plateforme a coulé le 20 avril au large de la Nouvelle-Orléans (© : US COAST GUARD)

D'ici là, la flotte de navires antipollution va tenter de réduire les effets de la marée noire. Plus de 75 bateaux ont déjà été mobilisés et BP a fait appel aux autres compagnies présentes dans la région pour renforcer les moyens mis en oeuvre. Le groupe britannique embauche également des pêcheurs américains pour renforcer le dispositif.
Pour mémoire, l'explosion du Deepwater Horizon a fait 4 blessés graves et 11 disparus, 115 personnels étant évacués avant le naufrage. Construite en 2001 par les chantiers Hyundai Heavy Industries, la plateforme appartenait à Transocean et était exploitée pour le compte de BP sur une opération de forage à 70 kilomètres au large de La Nouvelle-Orléans. Longue de 121 mètres pour une largeur de 78 mètres et une hauteur de 41 mètres, elle était capable d'intervenir à sur des fonds de 2400 mètres et de forer à plus de 9000 mètres.
La perte de cet structures et la défaillance du système de fermeture de la valve de tête de puits devraient avoir d'importantes conséquences pour l'industrie pétrolières. Outre les conséquences pour BP, des mesures de sécurité supplémentaires devraient être imposées aux compagnies à l'issue de l'enquête devant déterminer les causes de l'accident. En attendant le résultat des investigations, Barack Obama a gelé le programme de développement de forage en mer dévoilé le mois dernier. L'attribution de nouveaux permis de forage pétrolier au large des côtes américaines a été suspendue.

Pollution en mer et accidents