Marine Marchande
Les démolitions de navires repartent de plus belle

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Les démolitions de navires repartent de plus belle

Marine Marchande

Robin des Bois vient de publier le n°39 d’ « A la Casse », bulletin d’information et d’analyses sur la démolition des navires. La liste des bateaux mis à la retraite s’allonge. L’année 2014 avait connu un tassement sensible. Au premier trimestre 2015, le coup de balai a repris dans la flotte de commerce mondiale : 257 unités, soit, en file indienne, un convoi de 46 kilomètres de longueur. A ce rythme, le cap des 1000 navires démolis serait franchi à la fin de l’année 2015.

En poids lège, l’unité de mesure la plus significative lorsqu’on parle de navires à démolir et à recycler, la hausse est de 20%. La démolition cumulée correspond selon Robin des Bois à 2 millions de tonnes de métal recyclé mais aussi à 100.000 tonnes de déchets dangereux, dont des boues d’hydrocarbures, des métaux lourds, des PCB, de l’amiante, des Déchets d’Equipements Electriques et Electroniques (DEEE).

Le Bengladesh, leader mondial du ferraillage

Pour le deuxième trimestre consécutif, le Bangladesh (27%) se classe en tête des pays démolisseurs devant l’Inde (22%), la Chine (19%) et le Pakistan (16%). La suprématie indienne est en danger. Le peloton de tête s’est resserré. La Turquie suit avec 7%.

 

Le Silver Bell (© : DR)

Le Silver Bell (© : DR) 

 

Avec des taux de fret au plus bas, les vraquiers (57% du métal à recycler) sont particulièrement visés par la démolition. Les gros capesize connaissent un début d’année noir. Le plus grand, le Silver Bell devenu pour son dernier voyage le comorien Silver, d’un poids lège de 26.000 tonnes, a été échoué dans la baie d’Alang. Le prix d’achat des ferrailleurs indiens est légèrement inférieur à 400 $ la tonne.

 

L'ex-Princess Danae (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

L'ex-Princess Danae (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU) 

 

Les ex-Princess Danae et Napoléon bons pour Aliaga

A l’âge de 60 ans, le Lisboa, ex-Princess Danae, est parti à la démolition en Turquie. L’ancien paquebot de Classic International Cruises avait été racheté en 2013 par une nouvelle compagnie portugaise, Portuscale Cruises. Les travaux de rénovation s’avérant beaucoup plus lourds que prévus avaient été suspendus en janvier 2014. A son lancement, le Lisboa était un cargo mixte construit dans les chantiers de Belfast et lancé sous le nom de Port Melbourne. Comme compagnon d’infortune, le Lisboa retrouvera à Aliaga l’ex-Napoléon de la SNCM, devenu le marocain Berkane.

 

Le Bahamas Celebration après sa voie d'eau (© : DR)

Le Bahamas Celebration après sa voie d'eau (© : DR) 

 

Le Bahamas Celebration irréparable

A l’âge de 34 ans, le Bahamas Celebration (ex-Prinsesse Ragnhild) est sur la voie de la démolition. La destination est encore inconnue. Il vient d’abandonner le pavillon Bahamas pour celui de Saint-Kitts-et-Nevis. Ancien ferry de Color Line converti en 2008 en navire de croisière, le Bahamas Celebration n’a pas survécu à une croisière thématique « Halloween » entre les Bahamas et la Floride. En quittant Freeport en octobre 2014, il a été victime d’une voie d’eau et considéré par les experts comme irréparable.

 

Le FPSO Kuito arrivant à Aliaga (

Le FPSO Kuito arrivant à Aliaga (© DR)

 

FPSO : des coques radioactives ?

Dans un autre domaine, le FPSO (Floating Production Storage & Offloading) Kuito a soulevé des inquiétudes lorsqu’il est arrivé pour échouement à Aliaga. Un syndicat d’ingénieurs turcs suspecte la présence dans les pompes et les canalisations de dépôts de radium. Ce métal radioactif naturellement présent dans les gisements pétroliers est en effet susceptible de se cristalliser et de former des tartres radioactifs difficiles à repérer. L’autorité de sûreté nucléaire turque s’est engagée à être vigilante et à procéder à des mesures radiologiques sur le chantier de démantèlement qui devrait durer un an. Une autre unité de ce type, le FPSO Brasil, a été remorquée pour démolition dans les chantiers chinois de Zoushan et ne semble pas susciter d’inquiétudes du même ordre.

Les ex-Symphony de CGG et Le Noroit d’Ifremer déconstruits à Gand

Autres navires historiques, l’ancien Symphony de CGG et l’ex-Le Noroit d’IFREMER sont arrivés pour le dernier voyage dans les chantiers Galloo à Gand.

La démolition dans des chantiers européens progresse mais reste marginale : 92% des navires ont été démolis dans les chantiers du Bangladesh, de Chine, d’Inde, du Pakistan et de Turquie. 

Tous les détails sur les navires déconstruits ou vendus à la démolition ces derniers mois sont à retrouver dans le bulletin « A la Casse » de Robin des Bois