Croisières et Voyages
Les dernières croisières à bon port

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Les dernières croisières à bon port

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Plus d’un mois après l’arrêt général des croisières à travers le monde en raison de la pandémie, les derniers paquebots embarquant encore des passagers sont rentrés à bon port. Il s’agissait pour l’essentiel de navires qui effectuaient des tours du monde et se trouvaient dans la zone Asie/Océanie lorsque la crise du Covid-19 a éclaté. Dans l’impossibilité de rapatrier les clients en raison de la fermeture des ports et frontières, ainsi que de la réduction drastique des liaisons aériennes internationales, les compagnies n’ont eu d’autre choix que de ramener les paquebots et leurs occupants vers l’Europe, où ils sont arrivés au terme d’un long transit sans pouvoir descendre, les seules escales autorisées étant consacrées à l’avitaillement en vivres et combustible. Heureusement, ces bateaux ont tous été épargnés par le Covid-19.  

 

Le Costa Deliziosa à Sydney le 5 mars (© : 

Le Costa Deliziosa à Sydney le 5 mars (© : JEAN-CLAUDE BELLONNE)

Le Costa Deliziosa à Sydney le 5 mars (© : 

Le Costa Deliziosa à Sydney le 5 mars (© : JEAN-CLAUDE BELLONNE)

 

Le tout dernier à rentrer fut le Costa Deliziosa, avec 1814 passagers (dont 421 Français) et 898 membres d'équipage à bord. Le navire a effectué le débarquement de ses passagers en deux étapes. D’abord à Barcelone, où il est arrivé le 20 avril. 168 ressortissants espagnols ont pu descendre, de même que 112 Français. Après avoir refusé que le Costa Deliziosa fasse escale à Marseille, ce qui avait provoqué la colère des passagers français et un début de polémique dans les media, les autorités françaises ont en effet tenté de se rattraper en s’accordant avec les Espagnols pour proposer aux ressortissants hexagonaux qui le souhaitaient de descendre à Barcelone afin de rejoindre Montpellier. Une option de dernière minute qui n’a pas convaincu la majorité des Français du Costa Deliziosa. Ils ont préféré la solution de la compagnie, qui a assuré leur prise en charge à Gênes et leur retour au plus près de chez eux. Le port italien, où le paquebot est arrivé dans la soirée 21 avril, fut donc son ultime étape, les opérations de débarquement débutant le lendemain.

 

Le MSC Magnifica (© : 

Le MSC Magnifica (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Avant lui, un autre paquebot « tour-du-mondiste », le MSC Magnifica, est arrivé le lundi 20 avril à Marseille, sa destination finale (au lieu de Gênes comme initialement prévu). Le navire de MSC Cruises y a débarqué ses 1771 passagers, dont 692 Français, la compagnie allant organiser le rapatriement du gros des 928 membres d’équipage depuis la cité phocéenne, où le paquebot sera désarmé, ne conservant qu’un noyau d’équipage pour sa sécurité.

 

L'Astor (© : 

L'Astor (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

En provenance d’Asie, les deux navires de la compagnie britannique Cruise & Maritime Voyages encore en mer avec des passagers et sur lesquels l’épidémie ne s’est pas non plus développée, sont eux aussi rentrés à bon port. L’Astor (futur Jules Verne) qui réalisait un tour du monde avec un peu plus de 380 passagers allemands (et 280 membres d’équipage) est arrivé le 12 avril Bremerhaven. Quant au Columbus, qui avait effectué le 13 mars une opération de transbordement inédite au large de la Thaïlande avec un autre paquebot de CMV, le Vasco da Gama, il a rejoint le 14 avril le port de Tilbury, au Royaume-Uni, avec 907 passagers (dont 602 Britanniques) et 619 membres d’équipage. Quant au Vasco da Gama, qui avait récupéré les passagers australiens du Columbus et transféré vers celui-ci des européens, en particulier des britanniques, après avoir débarqué ses 952 passagers (dont 900 ressortissants australiens et néo-zélandais) en Australie, il rentre lui aussi à Tilbury, où son arrivée est prévue le 30 avril.

 

Le Columbus (© : FABIEN MONTREUIL

Le Columbus (© : FABIEN MONTREUIL)

Le Vasco da Gama (© : FABIEN MONTREUIL

Le Vasco da Gama (© : FABIEN MONTREUIL)

 

Enfin, concernant le Greg Mortimer, nouveau navire de l’opérateur australien Aurora Expeditions qui a lui, en revanche, été touché par le coronavirus, ses derniers passagers ont pu être évacués mi-avril depuis Montevideo. Ont ainsi pu rentrer chez eux 96 ressortissants australiens, 16 néo-zélandais et 15 d’autres nationalités (américaine, allemande, canadienne, française, suédoise et suisse). Deux autres passagers australiens, sévèrement atteints par le Covid-19, sont restés hospitalisés en Uruguay.

D’autres navires ont pu rentrer vides de passagers après de longs voyages, comme le Queen Mary 2 de Cunard, parti du port australien de Durban et rentré à Southampton le 14 avril. Idem pour le Costa Favolosa, en provenance des Antilles et qui après une escale technique à Las Palmas, aux Canaries, a rejoint le port italien de Tarente le 24 avril. Suivant le même itinéraire, le Costa Magica est quant à lui attendu en Italie (Ancône) le 28 avril.

 

Le Queen Mary 2 à Sydney le 6 mars (© : 

Le Queen Mary 2 à Sydney le 6 mars (© : JEAN-CLAUDE BELLONNE)

Le Queen Mary 2 à Sydney le 6 mars (© : 

Le Queen Mary 2 à Sydney le 6 mars (© : JEAN-CLAUDE BELLONNE)
 

Mais il reste encore des dizaines de navires en attente en mer ou au mouillage, avec au-delà de la nécessité de leur trouver un port, surtout la problématique du débarquement des équipages. Des milliers de personnels ont déjà pu rentrer chez eux grâce, notamment, à des vols affrétés par les armateurs. Mais il en reste encore des dizaines de milliers d’autres coincés à bord, pour lesquels des solutions n’ont pas été encore trouvées. Faute de mieux dans le contexte aérien actuel, la plupart des compagnies entreprennent de transférer sur certains navires leurs employés, répartis par nationalités. Carnival, Princess, Costa ou encore RCCL et NCL dédient ainsi des paquebots au rapatriement par voie maritime de milliers de membres d’équipage vers l’Europe et l’Asie, en particulier les Philippines et l’Indonésie. Plusieurs paquebots viennent ainsi d'arriver à Manille

Une solution globalement difficile pour les personnels, qui au-delà d’être bloqués sur des navires loin de leurs proches en période de crise, ont pour beaucoup perdu une part parfois substantielle de leurs revenus et vont encore devoir attendre des semaines avant de rentrer chez eux (temps de navigation et quatorzaine à l'arrivée). Sans parler du fait que certains bateaux connaissent des épidémies de Covid-19 et que les équipages, confinés dans les cabines, ne peuvent souvent compter sur le plan sanitaire que sur les médecins et infirmiers du bord, ainsi que les renforts médicaux envoyés par les compagnies.