Marine Marchande
Les deux nouveaux vraquiers de Louis Dreyfus Armateurs mis à l’eau

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Les deux nouveaux vraquiers de Louis Dreyfus Armateurs mis à l’eau

Marine Marchande

Construits par le chantier chinois Tianjin Xingang Shipbuilding Heavy Industry, les têtes de séries des deux nouveaux types de vraquiers de Louis Dreyfus Armateurs et du groupe Roullier ont été mises à l’eau à la fin de l’été. Le Léopold LD, premier d’une classe de quatre unités du type Capesize, ainsi que le La Briantais, qui inaugure une nouvelle série de quatre Handymax, seront baptisés mi-octobre et doivent entrer en service à partir de la fin du mois de novembre. La date exacte de la livraison n’est pas connue puisque tout dépendra des essais en mer. Ceux-ci sont très attendus car les nouveaux vraquiers adoptent des designs optimisés devant leur permettre d’offrir une consommation en carburant nettement inférieure à celle des navires existants.

 

 

Vue des nouveaux Capesize de LDA (© : LDA)

Vue des nouveaux Capesize de LDA (© : LDA)

 

 

De nouveaux designs axés sur les économies de carburant

 

 

Longs de 292 mètres pour une largeur de 45 mètres et un tirant d'eau de 18.3 mètres, les Capesize pourront atteindre la vitesse de 14.5 noeuds. Ces navires de 180.000 tonnes de port en lourd bénéficieront d'un nouveau design, étudié par LDA et les bureaux d'études du groupe China Shipbuilding Industry Corporation (CSIC) auxquels appartiennent les chantiers de Tianjin. Il permettra de réduire de 7 à 8 tonnes par jour la consommation de carburant (soit 57/58 tonnes quotidiennement contre 65 pour les Capesize actuels), soit une économie d'environ 2000 tonnes à l'année.

Les Handymax adoptent, pour leur part, le design B.Delta 37 développé par le bureau d’architecture finlandais Deltamarin. Longs de 180 mètres pour une largeur de 30 mètres, ils présenteront un tirant d'eau limité à 10.5 mètres, contre 11 mètres pour les unités de 37.000 tpl actuellement en service. Ces navires pourront donc accéder à plus de ports en Asie du sud-est, tout en limitant les opérations de dragage. En termes de capacités, les futurs Handymax de LDA disposeront de cinq soutes capables de transporter 50.000 m3 de marchandises. Très polyvalents, ils disposeront de quatre grues de 30 tonnes (équipées bennes) et de « loggers », barres métalliques escamotables situées sur chaque bord et conçues pour le transport de grumes (rondins de bois). Comme les Capesize, ces bateaux présenteront une consommation réduite, avec 4 à 5 tonnes de moins par jour, soit seulement 18 tonnes consommées quotidiennement, ce qui représente une économie en carburant allant jusqu'à 10%. On notera que ce design très performant a, depuis qu’il été lancé avec LDA, connu un très grand succès, Deltamarin ayant depuis enregistré des commandes pour plus de 50 navires.

 

 

Vue du design des Handymax (© : LDA)

Vue du design des Handymax (© : LDA)

 

 

Des navires qui arrivent au bon moment

 

 

C’est en avril 2011 que LDA a signé la commande de ses nouveaux navires avec CSIC. Un contrat de 330 millions de dollars, portant initialement sur quatre Handymax et deux Capesize, avec une option pour deux Cape supplémentaires, qui a donc été exercée. Une excellente affaire pour l’armateur français, qui a su investir au creux de la vague, lorsque le transport maritime et les chantiers navals étaient au plus mal suite à la crise de 2008. Ayant dans ces conditions acheté des bateaux à un prix plus qu’intéressant, LDA va pouvoir bénéficier du redressement du marché, symbolisé par la hausse actuelle des taux de fret (au moins sur les Capesize). La mise en service de ces huit nouvelles unités, qui s’achèvera en 2014, tombe donc à pic.

 

 

L’Australie, le Brésil, l’Asie mais aussi la Nouvelle-Calédonie

 

 

Concernant le positionnement des nouveaux navires, les Capesize transporteront du minerai de fer vers la Chine, depuis les bassins de production brésiliens et australiens. Pour ce qui est des Handymax, trois d’entre eux travailleront en Asie du sud-est, avec comme pivot l’Indonésie, gros producteur de charbon, où LDA est très actif. Le quatrième doit être affrété par Eramet pour l’exportation du nickel produit dans l’île française.

 

 

Vue des nouveaux Capesize de LDA (© : LDA)

Vue des nouveaux Capesize de LDA (© : LDA)

 

 

Une société commune avec le groupe Roullier

 

 

On notera que ces vraquiers, qui seront exploités sous pavillon maltais par Louis Dreyfus Armateurs, sont détenus pour moitié par Roullier, qui a pour l’occasion créé une société commune (50/50) avec LDA. Créé en 1959 par son président, Daniel Roullier, le groupe breton, dont le siège est à Saint-Malo, présente un chiffre d’affaires annuel de 3 milliards d’euros et travaille dans les domaines de l’agrofourniture (nutriments et aliments), les minéraux et produits industriels, la magnésie, la plasturgie, les produits de jardin, les phosphates alimentaires les biotechnologies marines, l’exploitation et la transformation des algues, la pâtisserie, la charcuterie, ainsi que les produits de la mer. Avec la joint venture créée avec LDA, Roullier fait son entrée dans le milieu des armateurs.  

Louis Dreyfus Armateurs