Marine Marchande
Les drones renifleurs de soufre testés en Europe
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Les drones renifleurs de soufre testés en Europe

Marine Marchande

Des drones qui entrent dans le sillage des navires pour les renifler et en déduire quel type de carburant ils utilisent. Voilà le principe de fonctionnement des machines que l’Agence européenne de sécurité maritime (AESM/EMSA) met à disposition des Etats membres qui en font la demande. « Dans le contexte de l’entrée en vigueur du Sulfur Cap qui limitent les émissions de soufre des navires, nous avons actuellement plus de demandes que ce que nous pouvons fournir », précise Leendert Bal qui dirige le département Sécurité, Sûreté et Surveillance de l’Agence européenne et rencontré par Mer et Marine au Danemark en février.

Au Danemark, parce que c’est justement là qu’ont eu lieu les premières campagnes de surveillance des émissions des navires à la demande de l’autorité maritime danoise, fin 2017 et d’avril à juin 2019. Elle s’est déroulée devant la ville d’Aarhus. « Nous avons planifié des opérations en France (baie de Lannion, ndlr), aux Pays-Bas et en Grèce en 2020 ». Pour cela, l’AESM dispose de drones équipés d’un « renifleur ». Il s’agit de Camcopter S-100 de Schiebel et d’UMS Skeldar V-200 (UMS est une co-société de Saab et UMS Aerogroup), des appareils ayant une portée d’une vingtaine de kilomètres en prenant des mesures à 100 pieds.

« Nous disposons déjà d’une flotte de drones, de plusieurs tailles, dont certains peuvent décoller verticalement, et qui nous permettent de mettre à disposition des garde-côtes et autorités maritimes européennes des outils très complémentaires aux images satellites. Nos drones disposent de différentes instrumentations et selon leur taille et leur autonomie peuvent servir dans des missions de détection et suivi de pollution grâce à des caméras optiques et infrarouges. Ils ont également servi pour le repérage d’embarcations lors de la première crise migratoire de 2014. Et donc, récemment, nous avons ajouté la possibilité de pouvoir contrôler les émissions de navires ».

 

La méthodologie de recueil des échantillons de pollution a été éprouvée. Le drone intervient à l’arrière du navire, plutôt face au vent, prélève dans la fumée d’échappement à une distance établie de la cheminée, puis s’éloigne immédiatement. Le système peut alors, grâce à la teneur de dioxyde de soufre et de dioxyde de carbone recueillie, calculer la teneur en soufre du combustible utilisé. Deux échantillons sont prélevés et l’AESM annonce des précisions de 0.03 à 0.1% sur les mesures.

« Une fois ces échantillons prélevés et analysés, un rapport d’émission est créé qui contient les données pertinentes comme la teneur en soufre, la précision de la mesure et le navire contrôlé. Ces informations sont immédiatement partagées sur la base de données européenne Thetis-EU à laquelle les inspecteurs des autorités membres ont accès » Un navire potentiellement non conforme est alors signalé et ce sont les inspecteurs de l’Etat du port qui pourront prendre le relais.