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Les études se poursuivent sur la future frégate espagnole

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Les études se poursuivent sur la future frégate espagnole

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Dans le cadre du remplacement de ses six frégates lance-missiles du type américain O.H. Perry (FFG 7), l’Armada doit disposer d’une nouvelle classe de bâtiments de combat. Le désarmement des Santa Maria (version espagnole des FFG 7, aussi appelée F-80), mises en service entre 1986 et 1994, est en effet prévu entre 2025 et 2030. Il n’y a donc pas encore urgence mais Navantia travaille déjà sur ce futur projet majeur pour l’industrie espagnole. Les nouvelles frégates devraient se distinguer par leur furtivité, que l’Armada souhaite très poussée. Suivant les premières spécifications de la marine espagnole, Navantia avait dévoilé, fin 2010, un premier design, baptisé F2M2 (Future Frigate Multi Missions) et également appelé F-110, présenté comme pouvant servir de base aux études menées dans le cadre du futur programme. Longue de 140 mètres pour une largeur de 30 mètres, la F2M2 se base sur une plateforme de 5000 tonnes dotée d’une coque trimaran sur le tiers arrière. Cette solution, s’inspirant des Littoral Combat Ships (LCS) américains de la classe Independence, offre une grande surface à la plateforme hélicoptère, tout en améliorant la stabilité. Extrêmement furtif, ce design est dépourvu de mâts, radars et systèmes de communication étant intégrés dans une grande superstructure se prolongeant vers l’arrière par un hangar pour deux hélicoptères. L’armement visible comprend une tourelle de 76mm et 32 cellules pour missiles à lancement vertical, alors que la propulsion est assurée par des hydrojets, comme les LCS américains.

 

Le concept F2M2 (© : NAVANTIA)

Le concept F2M2 (© : NAVANTIA)

 

 

Un nouveau modèle dévoilé fin 2012

 

 

Depuis, Navantia a travaillé sur une autre solution. Il y a quelques semaines, le site Poderio Militar a diffusé des images d’un nouveau design baptisé F-111. Un projet moins ambitieux en termes de gabarit puisque qu’il s’agit d’un bâtiment d’environ 4000 tonnes, situé entre les quatre nouveaux patrouilleurs hauturiers du type BAM/Meteoro  (94 mètres, 2840 tonnes) et les frégates lance-missiles du type F-100/Alvaro de Bazan (146.7 mètres, 6000 tonnes), dont la sixième et dernière unité vient d'être achevée. Mais ce design monocoque demeure toujours marqué par les impératifs de furtivité. Le nouveau modèle présente, comme la F2M2, des capacités de défense aérienne importantes, avec un radar à antennes planes de type SPY-1F (système Aegis), mais une vocation non pas de protection d’une vaste zone, mais plutôt d’une bulle locale. Il serait en tous cas suffisant pour couvrir une unité précieuse de type porte-aéronefs ou bâtiment de projection.

 

 

Le désign dévoilé fin novembre par Poderio Militar (© : RGSS & SANTI)

Le désign dévoilé fin novembre par Poderio Militar (© : RGSS & SANTI)

 

Le désign dévoilé fin novembre par Poderio Militar (© : RGSS & SANTI)

Le désign dévoilé fin novembre par Poderio Militar (© : RGSS & SANTI)

 

 

La F-111 est présentée avec, sur la plage avant, 16 cellules de lancement vertical pour missiles surface-air et, dans des rampes inclinées intégrées à la structure devant la passerelle, 8 missiles antinavire. On notera aussi l’installation, sur chaque côté de la plateforme hélicoptère, de deux ensembles comprenant chacun 16 cellules, probablement pour des missiles surface-air à courte portée. A moins que les capacités antiaériennes soient concentrées sur l’arrière et les cellules de proue réservées au lancement de missiles de croisière. L’artillerie comprend à l’avant une tourelle carénée avec un affut de moyen calibre (57mm ou plutôt 76mm), deux canons télé-opérés (20 ou 30mm) sur le toit du hangar hélicoptère (conçu pour abriter une machine de type Seahawk) et deux mitrailleuses au dessus de la passerelle. Alors que ce bâtiment serait, en outre, doté de solides moyens de lutte anti-sous-marine, sa propulsion aurait une architecture classique sur deux lignes d'arbres mais la vitesse pourrait être très importante puisqu’on évoque, en Espagne, une allure maximale de 35 nœuds.

 

 

(© : RGSS & SANTI)

(© : RGSS & SANTI)

 

 

Un programme à préparer dans un contexte budgétaire très dur

 

 

Pour l’heure, il ne s’agit là que d’études réalisées suivant les premiers souhaits exprimés par la marine espagnole. Mais ces travaux donnent déjà une idée des différentes options proposées à l’Armada par Navantia. Alors que ce programme est crucial pour l’avenir du groupe naval, celui-ci devra non seulement tenir compte des spécifications techniques requises, mais également développer un nouveau bâtiment avec des contraintes de coûts très fortes. Car les finances du ministère espagnol de la Défense sont étrillées par la situation économique du pays. D’ailleurs, en raison de restrictions budgétaires, deux des six unités de la classe Santa Maria devraient être mises en réserves.

 

 

Les frégates espagnoles de la classe Santa Maria (© : ARMADA)

Les frégates espagnoles de la classe Santa Maria (© : ARMADA)

 

Frégate espagnole du type F-100 (© : ARMADA)

Frégate espagnole du type F-100 (© : ARMADA)

 

Patrouilleur du type BAM (© : NAVANTIA)

Patrouilleur du type BAM (© : NAVANTIA)

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