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Les faits de mer du mois d'août

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Les faits de mer du mois d'août

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Un certain nombre de faits divers ont marqué l'actualité maritime au mois d'août. L'histoire la plus emblématique est, sans nul doute, celle du vraquier Arctic Sea, dont on a pu suivre l'incroyable et mystérieuse épopée. Battant pavillon maltais, le navire, officiellement chargé de bois, avait disparu pendant deux semaines avant d'être retrouvé, le 17 août, au large du Cap Vert. Le 24 juillet, il est d'abord abordé, dans les eaux territoriales suédoises, par une embarcation. Des hommes armés prennent le contrôle du bateau. Selon les témoignages recueillis auprès des marins, les assaillants auraient fouillé le navire avant de repartir, non sans avoir brutalisé l'équipage. Exploité par la compagnie finlandaise Solchart Management, dirigée par un Russe, le cargo avait quitté la Finlande le 23 juillet pour rejoindre l'Algérie, où il était attendu le 4 août. Après la mésaventure de la Baltique, il poursuit son voyage vers Bejaïa. Mais, le 28 juillet, il disparaît après s'être signalé une dernière fois lors de son entrée dans le golfe de Gascogne. Un autre assaut, cette fois au large du Portugal, serait intervenu. Chargée de retrouver l'Arctic Sea, la marine russe a déployé tous ses moyens disponibles en Atlantique. C'est le Ladny qui est finalement parvenu à rattraper le bateau le 17 août, au large du Cap Vert. Les 15 membres d'équipage ont été récupérés sains et saufs, alors que les autorités russes annonçaient la capture de 8 pirates. Ces derniers ont été transférés à Moscou, où une enquête a été ouverte, de même qu'en Suède et à Malte, pays où est enregistré l'Arctic Sea.
Hier, 27 août, les autorités russes ont annoncé que les 8 ravisseurs avaient été inculpés pour « piraterie » et « enlèvement ». 11 des 15 membres d'équipage ne sont, par ailleurs, toujours pas rentrés chez eux. Des soupçons pèsent en effet sur la cargaison de l'Arctic Sea, qui ne transportait peut être pas que du bois...

Crash aérien au large de Cannet en Roussillon

En France, et d'abord en Méditerranée, un avion de tourisme s'est abîmé en mer le 4 août. L'appareil, du type Piper PA 38, avait décollé en début d'après-midi de Perpignan et transportait deux personnes (un instructeur et un élève pilote). Alerté par un appel de détresse capté par le Rescue Coordination Center (RCC) de Lyon, la préfecture maritime a mis en place un important dispositif de recherche, permettant de localiser l'épave à 38 mètres de profondeur, à quelques kilomètres au large de la plage du Cannet en Roussillon. Les corps des deux occupants de l'avion ont été retrouvés à l'intérieur.

Le yacht Matanthar s'échoue à Sanary-sur-Mer

Le samedi 8 août, en fin d'après-midi, le Matanthar, un yacht britannique de 30 mètres de long avec une dizaine de personnes à bord, a heurté un haut-fond, la Sèche d'Alon, à l'ouest de Bando. Alors que le choc provoquait une voie d'eau, la vedette de la SNSM de Bandol arrivait rapidement sur place, accompagnant le Matanthar vers la baie de Bandol où il a fut échoué sur un fond de sable, face à la plage du Lido (Sanary-sur-Mer). Une pollution étant détectée, la plage a été fermée par la municipalité. Le bâtiment de soutien, d'assistance et de dépollution Ailette et Jason sont également intervenus, le yacht étant finalement remorqué vers le chantier de la Ciotat le 10 août, dans l'après-midi.

La cavale du voleur de yachts

Le 15 août, un yacht de luxe, américain, l'Ocean Alexander 83, était volé à la marina « Baie des Anges » de Villeneuve-Loubet. Menée par la Gendarmerie maritime, l'enquête a permis, grâce au signalement de l'auteur du vol et du navire de 24 mètres, de retrouver l'Ocean Alexander 83 et l'individu deux jours plus tard, dans le port de San Remo. Ne disposant pas de mandat d'arrêt européen, les policiers italiens n'ont pu que mettre le bateau sous séquestre. L'auteur du vol a pris la fuite à bord d'un canot pneumatique, un semi-rigide qui a été repéré à Cannes le 19 août au soir. C'est là qu'il a, de nouveau, volé un bateau de plaisance de 16.50 mètres de type Princesse 45, prenant la fuite en direction de Marseille. Un plan de recherche a été mis en place, incluant les vedettes côtières de surveillance (VCSM) Vésubie et Argens de la Gendarmerie maritime, ainsi qu'un hélicoptère Lynx de la Marine nationale. Ce dispositif a permis de repérer le yacht et l'auteur lors de son avitaillement en carburant au port de Cavalaire. L'homme a, finalement, été interpellé le 20 août en fin d'après midi par les gendarmes locaux, qui l'ont transféré à la brigade de recherche de la gendarmerie maritime de Toulon.

Deux décès et un nouvel échouement fin août

Alors que la préfecture maritime annonçait, les 20 et 21 août, les décès d'un apnéiste et d'un plongeur, dans la nuit du 21 au 22 août, une vedette de 12 mètres, avec 7 passagers à bord, s'est retrouvée échouée au niveau du grand langoustier, à Porquerolles. Le CROSS MED a immédiatement engagé le canot tout temps de la SNSM de Hyères, qui a évacué l'ensemble des occupants. L'un des passagers, victime d'un malaise cardiaque, a été hospitalisé avant de regagner son domicile. Alors que l'Ailette, de la Marine nationale, était dépêchée pour surveiller la zone, la vedette a été remorquée pour être échouée sur la plage de la baie des langoustiers. Le remorqueur Abeille Flandre avec à son bord un groupe de plongeurs démineurs de la Marine a été engagé pour surveiller et sécuriser la zone.

Belle-Ile : Le propriétaire oublie de dire que sa vedette a coulé

En Atlantique, l'actualité a été marquée, le 15 août, par la découverte, par un plongeur, d'une coque coulée à 150 mètres de la plage du Donnant, sur la côte ouest de Belle-Ile. L'embarcation de se trouvant pas là au début de la sortie du plongeur, ce dernier donne l'alerte. Le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) d'Etel met alors en oeuvre l'hélicoptère de la Sécurité civile (Dragon 56), une embarcation pneumatique des pompiers ainsi que la vedette de la SNSM de Quiberon, qui se trouve à Belle-Ile. Les plongeurs découvrent, à l'endroit indiqué, une vedette de type hors-bord de 4.95 mètres, coulée sans personne à son bord et communiquent au CROSS le nom et l'immatriculation de l'embarcation permettant ainsi de retrouver le propriétaire et d'obtenir son numéro de téléphone portable. Le propriétaire du Cap'ten Gus, immatriculé à Auray, a pu être joint, confirmant avoir été victime d'une voie d'eau importante, alors qu'il effectuait une navigation-promenade. Avant même que la vedette ne se retourne et ne sombre, ils ont pu être secourus et ramenés à terre par un couple de plaisanciers. Le propriétaire affirme que très affecté par cet événement, il n'a pas eu la présence d'esprit d'informer le CROSS Etel, les pompiers ou même la gendarmerie. Une réaction qui aurait permis d'éviter le déploiement de tous ces moyens de secours, note la Préfecture maritime de l'Atlantique.

Un nageur retrouvé sain et sauf

Le 24 août, vers 15h, le CROSSA Etel était informé de la disparition inquiétante d'un nageur. L'alerte a été donnée par l'épouse de ce dernier, ne le voyant pas revenir de sa baignade matinale. L'homme, âgé d'une soixantaine d'années, était parti de la plage de Bonne Source, à Pornichet (Loire-Atlantique). Un hélicoptère de la gendarmerie de Saint-Nazaire, des moyens nautiques de la SNSM de Pornichet et des pompiers, ainsi que des patrouilles terrestres ont été mobilisés pour les recherches. L'homme a finalement été retrouvé par la SNSM à bord d'un bateau de plaisance. D'après les constatations des sauveteurs bénévoles, l'homme avait entrepris de gagner l'île de Baguenaud, située à environ 3 kilomètres de la plage, à la nage. Éprouvant des difficultés pour effectuer son retour, il a été récupéré par un plaisancier qui a croisé sa route. A son arrivée à quai, il a été pris en charge par les pompiers. « Cette affaire, si elle s'est bien terminée, rappelle que toute alerte donne lieu à la mise en oeuvre de nombreux moyens humains et matériels de recherche, mais que le bon sens permettrait d'éviter le déclenchement intempestif de ces moyens », souligne la « Prémar ».

La famille hélitreuillée

Enfin, pour la façade atlantique, me 26 août, vers 14h10, le CROSSA Etel était contacté par un plaisancier qui venait de s'échouer au large de Bourguenay (Vendée) alors qu'il se rendait à Saint-Martin-en Ré. A bord du bateau de 9 mètres, le Schnapps, se trouvaient deux adultes et un enfant de 2 ans. L'hélicoptère Dauphin de la Marine nationale de la Rochelle s'est immédiatement rendu sur les lieux. Les trois personnes ont été hélitreuillées vers 14h45. La SNS 248 de la station SNSM de Bourguenay, présente sur zone pour assurer la sécurité de l'opération, a ensuite pris en remorque le bateau. Les trois personnes ont été prises en charge par les pompiers à leur arrivée, leur état de santé ne suscitant pas d'inquiétude.

Manche : Les ferries au secours des pêcheurs

En Manche, une importante opération de sauvetage a été déclenchée le 12 août, suite à l'appel de détresse lancé par l'Endurance, un chalutier de Port-en-Bessin, dans le Calvados. Victime d'une voie d'eau, le bateau, avec 4 marins à bord, a coulé dans la nuit, à environ 90 km au nord-est de Cherbourg. Le CROSS Jobourg a immédiatement coordonné une opération de sauvetage mettant à profit la présence de deux navires à passagers situés à proximité : le Normandie et le Mont Saint Michel, tous deux de la compagnie Brittany Ferries et qui faisaient route respectivement vers Portsmouth et Ouistreham. Dans le même temps, le canot tous temps de la SNSM de Barfleur était mis en oeuvre, avec une motopompe à son bord. Egalement mis en alerte, un hélicoptère des gardes-côtes britanniques n'a finalement pas été mobilisé. Arrivé sur zone, le « Normandie » avait pour objectif de transférer une motopompe à bord du chalutier pour tenter de sauver le navire. Vers 4h30, devant l'ampleur de la voie d'eau, les quatre marins pêcheurs n'ont eu d'autre choix que d'abandonner le navire et de rejoindre leur radeau de survie. Récupérés par l'embarcation de sauvetage du Mont Saint Michel et examinés par l'infirmier du bord, les quatre pêcheurs s'en sont sortis sains et saufs. Leur chalutier a sombré peu après 04h45, soit 1H15 après l'appel de détresse. Le canot SNSM de Barfleur, arrivé sur la position du naufrage, a sécurisé la zone en récupérant les deux radeaux de survie et la balise de détresse du chalutier.

Il se jette du haut du pont de Normandie

En milieu de journée le vendredi 21 août, un témoin signale avoir vu une personne se jeter du pont de Normandie. De nombreux moyens coordonnés par le Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage (CROSS) Jobourg sont mis en oeuvre pour récupérer la personne. Sont mobilisés une vedette et un pneumatique de la SNSM de Honfleur, des pneumatiques de la Gendarmerie maritime et des pompiers, deux navires de pêche et les Pilotes de la Seine. Un corps correspondant au signalement de la personne recherchée est finalement repéré par un hélicoptère Dauphin de la marine, au niveau de l'arrivée de l'affluent La Risle, sur la Seine. La dépouille a été prise en charge par la Gendarmerie maritime, saisie par le parquet du Havre pour mener l'enquête.

Le mystère du crash d'ULM

Enfin, le samedi 22 août 2009 en fin de soirée, deux témoins signalent au CODIS avoir vu un engin volant chuter à 200 mètres devant la plage de Barneville Cartertet. Le CROSS Jobourg coordonne de nombreux moyens nautiques et aériens pour mener les recherches en mer en parallèle des moyens terrestres mis en oeuvre. L'hélicoptère Dauphin de la Marine nationale, relevé par l'hélicoptère Dragon 50 de la Sécurité civile, la vedette SNSM de Carteret ainsi que les pneumatiques des pompiers mènent des recherches jusqu'à 01h45. Le lendemain, un nouveau survol de la zone a été effectué par un hélicoptère des douanes, ces dernières mettant également en oeuvre le patrouilleur Jacques Oudart Fourmentin. Aucune trace d'une éventuelle épave n'a été, toutefois, été retrouvée en mer comme à terre. L'enquête menée auprès des clubs mettant en oeuvre des engins volants n'a pas apporté d'éléments nouveaux et aucune personne disparue n'a été signalée. A défaut d'éléments nouveaux, le préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord a pris la décision d'arrêter les opérations de recherches en mer le 23 août.

Pollution en mer et accidents