Marine Marchande
Les ferries sur le trafic transmanche en très grande difficulté

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Les ferries sur le trafic transmanche en très grande difficulté

Marine Marchande

Il ne fallait pas être grand clerc pour deviner que la décision britannique du 15 août dernier de rétablir une quatorzaine pour tout voyageur en provenance de France allait porter un nouveau coup au secteur déjà très fragilisé du transport transmanche.

Déjà quelques jours auparavant, DFDS annonçait un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) touchant sa filiale française. Le groupe danois, qui opère les liaisons sur le détroit et entre Dieppe et Newhaven, avait prévenu, fin juin, que 650 de ses employés européens allaient être licenciés suite aux conséquences de la crise sanitaire. A ce moment-là, on espérait que les marins et sédentaires de la filiale française seraient épargnés. Ce qui n’est, finalement, malheureusement pas le cas. Le groupe a ouvert des consultations début août et présenté des propositions de réduction des effectifs à bord de ses navires opérant entre Douvres et la France et au sein de ses sites de Douvres, Calais et Dieppe. Un total de 142 postes sur les quatre navires français, sur le port de Calais et dans les bureaux DFDS à Calais et Dieppe seront affectés. 79 postes sur les navires britanniques de la société et dans ses bureaux sont également concernés. Marc Sagot, secrétaire du Comité social et économique (CSE) de l'entreprise, sollicité par Mer et Marine, précise qu'« un calendrier d'information et consultation du CSE, de la commission santé sécurité et conditions de travail pour les navigants, les représentants de proximité pour les sédentaires ainsi que des réunions de négociation avec les délégués syndicaux a été mis en place. Secafi, cabinet d'expertise indépendant a été désigné et rendra son rapport le 7 octobre ». Une première réunion avec les délégués syndicaux aura lieu le 23 septembre et le CSE devrait rendre son avis le 4 novembre.

Du côté de Brittany Ferries, pas encore de licenciements d’annoncés mais l’ambiance est à l’incertitude. Suite aux chiffres catastrophiques de la saison, aggravés par le rétablissement de la quarantaine, la compagnie bretonne a décidé de rationaliser ses rotations et de désarmer les navires Armorique et Bretagne dès début septembre. BAI ne va conserver que six bateaux en flotte (Pont-Aven au départ de la Bretagne, Connemara entre le Havre et Cherbourg vers Portsmouth, le Cap Finistère entre l’Angleterre et l’Espagne, le Kerry entre l’Irlande et l’Espagne et les Mont-Saint-Michel et Normandie au départ de Caen-Ouistreham). Ces mesures devraient amener une baisse de 40% des postes embarqués. Pour le moment, BAI, qui bénéficie du plan tourisme mis en place par l’Etat, continue à utiliser le chômage partiel mais qu’en sera-t-il après septembre ? Les 117 millions du prêt garanti par l’Etat ne suffiront sans doute pas pour passer le cap de cette année désastreuse.

La situation est extrêmement préoccupante à la fois sur le front de l’emploi mais aussi de l’avenir des compagnies transmanches, dont le modèle (et notamment le pavillon et l’emploi français) pourrait être très sévèrement fragilisé par cette crise inédite par sa violence. Les présidents des régions Bretagne, Normandie et Haut-de-France ont d’ores et déjà annoncé leur volonté d’aider les compagnies, à l’image du breton Loïg Chesnais-Girard qui veut intervenir même si cela nécessitait de « mettre plusieurs dizaines de millions d’euros sur la table ». 26 parlementaires de la majorité ont également demandé au gouvernement un plan de sauvetage exceptionnel, qui pourrait être calqué sur celui mis en place pour sauver l’industrie aéronautique. Une autre piste pourrait aussi être les fonds européens qui pourraient être mobilisés.

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