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Brésil, Chili, Pérou, Argentine, Colombie, Mexique, Venezuela, Equateur... La situation des marines latino-américaines est assez contrastée mais globalement marquée par des difficultés à renouveler les moyens. Cela tient en particulier aux soubresauts économiques liés pour certains pays à la chute des ressources pétrolières, mais aussi parfois aux instabilités politiques. Il conviendra aussi de voir si les positions très isolationistes de la nouvelle administration américaine, dont le symbole est le fameux mur que Donald Trump a promis d'édifier entre les Etats-Unis et le Mexique, engendreront, au-delà de la crise actuelle entre Mexico et Washington, une évolution plus globale des relations diplomatiques et des postures militaires dans la région. 

 

La marine brésilienne emmenée par le São Paulo 

La marine brésilienne emmenée par le São Paulo (© MARINE BRESILIENNE)

La marine brésilienne

Puissance maritime principale du continent latino-américain, le Brésil, qui a de très grandes ambitions pour sa marine, ne peut pour le moment renouveler sa flotte en raison des problèmes politiques et économiques dans lesquels se débat le pays depuis plusieurs années. Par conséquent, le programme PRONAE visant à réaliser deux nouveaux porte-avions est renvoyé à plus tard. La marine brésilienne a même renoncé à moderniser le vieux São Paulo (ex-Foch), qui date de 1963 et a été acheté en 2000 à la France. Il sera finalement désarmé dans les trois prochaines années. L'aéronautique navale brésilienne, qui conservera un temps ses vieux AF-1 Skyhawk mis en oeuvre depuis la terre, va notamment s'enrichir de 16 hélicoptères H225M, pour moitié configurés en version antinavire avec la possibilité de mettre en oeuvre deux missiles AM39 Exocet. Le premier appareil dans cette variante est sorti en 2016 de l'usine brésilienne d'Airbus. A noter par ailleurs que les 9 avions de patrouille maritime P-3 Orion transférés par les Etats-Unis en 2003-2004 et armés par les Forces Aériennes Brésiliennes (FAB) ont été modernisés entre 2010 et 2015. 

 

 

Faute de moyens suffisants pour mener de front tous les projets souhaités, le Brésil a décidé de donner la priorité au programme PROSUB de renouvellement de sa force sous-marine. Quatre unités du type français Scorpene, réalisées en transfert de technologie avec l’aide de DCNS, vont sortir d’un nouveau chantier construit ex-nihilo à Itaguaí, dans la baie de Sepetiba, et basés dans une base navale édifiée juste à côté. Trois des quatre sous-marins sont à différents stades de construction, le premier devant être mis à l’eau cette année.

 

Futur Scorpene brésilien (© DCNS)

Futur Scorpene brésilien (© DCNS)

Vue de la future base de sous-marins et du chantier créés dans la baie de Sepetiba (© DCNS)

Vue de la future base de sous-marins et du chantier créés dans la baie de Sepetiba (© DCNS)

(© MARINE BRESILIENNE)

(© MARINE BRESILIENNE)

 

Dans le même temps, les marins brésiliens font tout pour maintenir la construction de leur premier sous-marin nucléaire d’attaque, dont on parle depuis plus de 30 ans. Les études se poursuivent mais il est clair que ce bâtiment ne verra pas le jour, au mieux, avant la fin de la prochaine décennie. En attendant, cinq sous-marins sont en flotte : quatre unités du type 209/1400 (dont trois réalisées à Rio avec l'assistance technique allemande) mises en service entre 1989 et 1999, ainsi que le Tikuna (2005), évolution des premiers. 

 

Sous-marin brésilien du type 209/1400 (© MARINE BRESILIENNE)

Sous-marin brésilien du type 209/1400 (© MARINE BRESILIENNE)

Le sous-marin brésilien Tikuna, du type 209/1450 (© MARINE BRESILIENNE)

Le sous-marin brésilien Tikuna, du type 209/1450 (© MARINE BRESILIENNE)

 

Le manque de ressources financières a également obligé à ajourné le projet PROSUPER de construction de cinq nouvelles frégates de 6000 tonnes afin de remplacer les unités du type VT Mk10 (six exemplaires livrés entre 1976 et 1980). Cela, alors que l’une des trois dernières ex-frégates britanniques du type 22 acquises en 1995, le Bosisio, a été retirée du service en 2015. Idem pour le Frontin, l’une des quatre corvettes du type Inhauma. Quant aux quatre nouvelles corvettes du type Tamandaré, évolution du Barroso entré en service en 2009, leur construction a probablement été ralentie. La première n’a toujours pas été mise à l’eau.

 

Frégates du type 22 et corvette du type Inhauma (© MARINE BRESILIENNE)

Frégates du type 22 et corvette du type Inhauma (© MARINE BRESILIENNE)

 

 

Corvette du type Inhauma (© MARINE BRESILIENNE)

Corvette du type Inhauma (© MARINE BRESILIENNE)

 

La situation est meilleure, en revanche, concernant les patrouilleurs. Le Brésil a fait une belle affaire en rachetant au britannique BAE Systems, en 2011, les trois OPV du type Vega auxquels Trinidad et Tobago avait finalement renoncé. Ce contrat est par ailleurs assorti d’un transfert de technologie pour permettre réalisation locale d’unités supplémentaires. Dans le même temps, un troisième patrouilleur du type Vigilante 400 CL54, conçu par le chantier français CMN, a été lancé l’an dernier chez INACE à Fortaleza. La série doit normalement compter à terme 12 bâtiments.   

 

OPV du type Vega (© MARINE BRESILIENNE)

OPV du type Vega (© MARINE BRESILIENNE)

Patrouilleur du type Vigilante 400 (© MARINE BRESILIENNE)

Patrouilleur du type Vigilante 400 (© MARINE BRESILIENNE)

Le TCD Bahia (© MARINE BRESILIENNE)

Le TCD Bahia (© MARINE BRESILIENNE)

 

La composante amphibie brésilienne a pu être partiellement modernisée grâce à un achat d’occasion, celui du transport de chalands de débarquement Siroco, opérationnel depuis 1998 et retiré prématurément du service par la France. Il a été acquis en 2015 avec trois chalands (un CDIC et deux CTM). Rebaptisé Bahia, il a permis de remplacer le Rio de Janeiro, un vieux TCD américain du type Thomaston, dont la marine brésilienne arme un ultime exemplaire, le Cera, qui date de 1956.

Alors que le pétrolier-ravitailleur Marajo (1968) n’a toujours pas pu être remplacé, la flotte hydro-océanographique brésilienne s’est enrichie en 2015 de deux nouveaux navires : le Vital de Oliveira et le Rio Branco.

 

Frégate chilienne du type Karel Doorman (© US NAVY)

Frégate chilienne du type Karel Doorman (© US NAVY)

La marine chilienne

Le Chili est, quant à lui, parvenu ces dernières années à renouveler l’essentiel de ses moyens. Deux sous-marins du type Scorpene sont entrés en service en 2005 et 2006, alors que les deux unités du type 209/1400 datant de 1984 ont été modernisées. Concernant la flotte de surface, la marine chilienne a trouvé s'est reconstituée grâce au marché de l'occasion, profitant habilement des réductions de format imposées à ses homologues européennes au début des années 2000. Ainsi, elle a racheté au Royaume-Uni, entre 2003 et 2005, une frégate du type 22 (ex-Sheffield, 1988) et trois du type 23 (ex-Norfolk, Marlborough et Grafton, 1990-91-97). Dans le même temps, quatre autres frégates ont été acquises auprès des Pays-Bas en 2004 (les deux unités du type Jacob van Heemskerck datant de 1986 et deux unités du type Karel Doorman livrées en 1992-93). Ces bâtiments constituent aujourd’hui la colonne vertébrale de la marine chilienne.

 

Frégates et ravitailleur chiliens à Valparaison (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

Frégates et ravitailleur chiliens à Valparaison (© MER ET MARINE - KEVIN IZORCE)

 

S’y ajoutent de nouveaux patrouilleurs hauturiers de construction locale (type Piloto Pardo), réalisés par les chantiers Asmar de Talcahuano. Un troisième a été livré en 2014 et un quatrième devrait l’être cette année. Si trois patrouilleurs lance-missiles du type Saar IV construits en Israël en 1973-74 sont toujours opérationnels, les quatre PLM du type La Combattante II (1972-75) réalisés à Cherbourg et en Allemagne ont été désarmés en 2012 et 2014. 

 

OPV du type Piloto Pardo (© MARINE CHILIENNE)

OPV du type Piloto Pardo (© MARINE CHILIENNE)

Patrouilleur du type Saar IV (© MARINE CHILIENNE)

Patrouilleur du type Saar IV (© MARINE CHILIENNE)

Les PLM du type La Combattante II ont été désarmés (© US NAVY)

Les PLM du type La Combattante II ont été désarmés (© US NAVY)

Le TCD Sargento Aldea, ex-Foudre (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Le TCD Sargento Aldea, ex-Foudre (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Le Chili a également racheté en 2011 l’ex-TCD français Foudre (1990), devenu Sargento Aldea et vendu avec trois chalands de débarquement (un CDIC et deux CTM). La flotte logistique a, quant à elle, pu être renouvelée avec le transfert par les Etats-Unis en 2010 d’un ravitailleur du type Kaiser, l’Almirante Montt (ex-Andrew J. Higgins, 1987). S’y est ajouté en 2010 un ex-pétrolier civil datant de 1987 et rebaptisé Araucano. Enfin, la marine chilienne, très soucieuse de maintenir sa présence en Antarctique, doit recevoir en 2021 un tout nouveau brise-glace lourd, qui remplacera l’Oscar Viel Toro, mis en service en 1969 au sein de la garde-côtière canadienne et transféré en 1995.

 

Le ravitailleur Almirante Montt (© US NAVY)

Le ravitailleur Almirante Montt (© US NAVY)

Le brise-glace Contra-almirante Oscar Viel Toro (© MARINE CHILIENNE)

Le brise-glace Contra-almirante Oscar Viel Toro (© MARINE CHILIENNE)

Le futur brise-glace chilien (© VARD)

Le futur brise-glace chilien (© VARD)

La marine péruvienne

La Marine péruvienne se trouve dans une situation comparable à son homologue chilienne puisqu’elle a augmenté le nombre de ses bâtiments de surface avec l’acquisition de quatre frégates du type Lupo provenant de la Marine italienne. Ces bâtiments, mis en service en 1977 et 1978, ont été réceptionnés entre 2005 et 2007. Modernisés depuis, ils s’ajoutent aux trois frégates de ce modèle qui avaient été directement construites pour le Pérou et livrées entre 1979 et 1987. La quatrième a été transférée aux garde-côtes. En outre, le Pérou aligne toujours six corvettes lacnce-missiles du type PR 72 réalisées en France en 1980-81. En revanche, le croiseur Almirante Grau (1953), ex-De Ruyter néerlandais acheté en 1973 aux Pays-Bas, a été mis en réserve en 2014. Son sistership, l'Aguirre (ex-De Zeven Provincien) avait été pour mémoire désarmé en 1999. 

 

Frégate péruvienne du type Lupo (© US NAVY)

Frégate péruvienne du type Lupo (© US NAVY)

Corvette du type PR 72 (© MARINE NATIONALE)

Corvette du type PR 72 (© MARINE NATIONALE)

Le croiseur Almirante Grau (© MARINE PERUVIENNE)

Le croiseur Almirante Grau (© MARINE PERUVIENNE)

Sous-marin péruvien du type 209/1200 (© US NAVY)

Sous-marin péruvien du type 209/1200 (© US NAVY)

 

Alors que le remplacement des six sous-marins du type 209/1200, mis en service entre 1974 et 1983, est à l’étude, la marine péruvienne concentre aujourd’hui ses moyens budgétaires sur les bâtiments amphibies et auxiliaires. La construction au chantier SIMA de Callao de deux transports de chalands de débarquement du type indonésien Makassar a été lancée en 2013. Le premier de ces TCD de 122 mètres capables de transporter deux chalands de 23 mètres, 35 véhicules et plus de 450 soldats en plus de l’équipage devrait être achevé à partir de cette année. Dans le même temps, deux des quatre vieux bâtiments de débarquement de chars du type américain Terrebonne Parish, datant du début des années 50, ont été désarmés en 2012 et 2013.

 

Le TCD indonésien Makassar (© MARINE INDONESIENNE)

Le TCD indonésien Makassar (© MARINE INDONESIENNE)

La ravitailleur Amsterdam, ici en 2010 (© EUNAVFOR)

La ravitailleur Amsterdam, ici en 2010 (© EUNAVFOR)

 

Le Pérou dispose en outre d’un nouveau ravitailleur puisque l’ex-Amsterdam (1995) a été racheté aux Pays-Bas et transféré fin 2014. Un navire de recherche polaire de 95 mètres a par ailleurs été commandé en 2015 au chantier espagnol Freire de Vigo. Le Carrasco opèrera notamment au profit de la base péruvienne Machu Pichu en Antarctique. Réalisé à Callao, un nouveau voilier-école, l’Union (quatre-mâts barque de 113 mètres), est par ailleurs entré en service en 2015.

En outre, le Pérou a renforcé les moyens de ses garde-côtes à la suite de tensions récentes avec son voisin chilien. Ils ont reçu en 2013 une frégate du type Lupo (le Carvajal, rebaptisé San Martin) et ont acquis auprès de la Corée du Sud en 2016 une corvette d’occasion du type Po Hang (88 mètres, 1200 tonnes), tandis qu’une série de 5 à 10 patrouilleurs du type Rio Pativilca est en cours de construction chez SIMA à Chimbote, la tête de série ayant été livrée en 2016.

 

Super Etendard argentin (© WIKIPEDIA - MARTIN OTERO)

Super Etendard argentin (© WIKIPEDIA - MARTIN OTERO)

La marine argentine

La situation économique demeure compliquée pour l’Argentine, qui n’a pas les moyens de renouveler sa marine. Dépourvue de porte-avions depuis le désarmement du vieux Veinticinco de Mayo en 1997, la chasse embarquée argentine, qui a pu un temps s’entrainer avec le São Paulo brésilien, ne compte plus que 5 Super Etendard en état de voler. Des discussions ont eu lieu avec la France pour une éventuelle récupération de pièces et équipements des SEM retirés du service en 2016. La patrouille maritime repose quant à elle sur trois P-3C Orion,  acquis en 1997 auprès de l’US Navy et modernisés dans les années 2000. Ils auraient notamment été gréés pour mettre en œuvre des Exocet AM39.

 

Sous-marin du type TR 1700 (© MARINE ARGENTINE)

Sous-marin du type TR 1700 (© MARINE ARGENTINE)

 

La marine argentine doit pour l’essentiel se contenter de moderniser quand elle le peut sa flotte, dont la plupart des unités sont âgées de plus de 30 ans. C’est le cas notamment pour les deux sous-marins du type TR 1700 (1984-85) et d’au moins un des deux 209/1200 (Salta), datant de 1974.

 

Frégate argentine du type Meko 360 (© US NAVY)

Frégate argentine du type Meko 360 (© US NAVY)

 

La flotte de surface ne compte plus qu’un destroyer du type britannique T42, l’Hercules (1976), son sistership le Santisima Trinidad ayant été désarmé en 2006. S’y ajoutent toujours quatre frégates du type allemand Meko 360 (1983-84), six corvettes du type Meko 140 (1985-2004) et trois unités du type français A69 (1978-81). Alors que les deux patrouilleurs lance-missiles du type TNC-45 livrés par l'Allemagne en 1974 sont toujours en ligne, la construction de cinq OPV dérivés des Piloto Pardo chiliens (programme PAM/POM) n’a semble-t-il toujours pas débuté.

 

Corvette argentine du type Meko 140 (© US NAVY)

Corvette argentine du type Meko 140 (© US NAVY)

Corvette argentine du type A69 (© MARINE NATIONALE)

Corvette argentine du type A69 (© MARINE NATIONALE)

Patrouilleur lance-missiles du type TNC-45 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Patrouilleur lance-missiles du type TNC-45 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Après de désarmement du pétrolier Ingeniero Julio Krause en 2015, l’Argentine ne possède plus qu’un ravitailleur, le Patagonia (1977), ex-Durance de la marine française acquis en 1997. En revanche, quatre remorqueurs de haute mer du type Neftegaz, datant des années 80, ont été achetés à la Russie fin 2014. Légèrement modifiés pour pouvoir servir de patrouilleurs, ces bâtiments remplacent les deux vénérables remorqueurs Francisco de Gurruchaga (1945) et Suboficial Castillo (1944) du type Achomawl, transférés par les Etats-Unis en 1975 et 1993. Enfin, l’Argentine a acheté en 2015 l’ex-navire océanographique Sonne (1969) qui venait d’être remplacé en Allemagne par une unité neuve. Il est devenu Austral.

 

Le pétrolier-ravitailleur Patagonia (© US NAVY)

Le pétrolier-ravitailleur Patagonia (© US NAVY)

Remorqueur du type Neftegaz (© MARINE ARGENTINE)

Remorqueur du type Neftegaz (© MARINE ARGENTINE)

Remorqueur du type Achomawl (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Remorqueur du type Achomawl (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La marine colombienne

La Marine colombienne a, pour sa part, doublé sa composante sous-marine avec l’acquisition en 2012 de deux unités d’occasion du type 206A auprès de la marine allemande. Il s’agit des U23 et U24, devenus Intrepido et Indomable. Mis en service en 1974-75, ils ont été transférés fin 2015 après une remise à niveau à Kiel. Ils s’ajoutent aux deux unités du type 209/1200 (Pijao et Tayrona), livrées en 1975 par l’Allemagne et modernisées au début des années 2010.

 

 

Egalement construites en Allemagne et mises en service en 1983-84, les quatre corvettes du type Almirante Padilla ont été sérieusement rénovées entre 2009 et 2013, avec l’aide du Français DCNS. Alors que la marine colombienne a racheté à la Corée du sud une corvette du type HDC 1000, le Nariño (ex-Kun San), datant de 1984 et transférée en 2013, une nouvelle série de patrouilleurs hauturiers de 80 mètres et 1700 tonnes a fait son apparition. Identiques aux Piloto Pardo chiliens, les 20 de Julio et 7 de Agosto, réalisés localement par Cotecmar, ont été mis en service en 2012 et 2014. Un troisième, le Santander, a été mis à l'eau en décembre 2016, sachant que trois unités supplémentaires sont souhaitées.

 

OPV colombien du type Piloto Pardo (© EUNAVFOR)

OPV colombien du type Piloto Pardo (© EUNAVFOR)

 

En parallèle, trois patrouilleurs de 45 mètres ont été commandés en 2013. Réalisé par le chantier sud-coréen STX de Jinhae, le Punta Soldado a été livré fin 2014. Ses deux sisterships devaient suivre rapidement.

La marine colombienne s’est par ailleurs dotée d’un certain nombre de patrouilleurs fluviaux assez lourdement armés afin, notamment, de lutter contre les trafiquants de drogue.

 

L'un des nouveaux LCU colombiens (© COTECMAR)

L'un des nouveaux LCU colombiens (© COTECMAR)

 

Dans cette perspective également, la flotte amphibie se modernise aussi avec la commande de grands chalands de débarquement de 46 mètres. Les deux premiers, baptisés Golfo de Tribuga et Golfo de Aruba, ont été livrés en 2014 et 2015 par Cotecmar, qui a mis à l'eau deux autres unités de ce type (Bahia Malaga et Golfo de Morrosquillo) à l'été 2016. Cette nouvelle série va permettre de remplacer les 7 vieux LCU américains datant des années 50 et transférés par l’US Navy entre 1990 et 1992. Quatre hydroglisseurs du type Griffon 2000 ont par ailleurs été livrés en 2013 par le constructeur britannique Griffon Hoverwork, alors qu’un catamaran de transport de troupes de 42 mètres a été réalisé par le groupe néerlandais Damen dans ses installations de Singapour en 2014. A noter enfin que trois avions de surveillance maritime CN235 ont été mis en service entre 2006 et 2010.

 

Corvette mexicaine du type Oaxaca (© US NAVY)

Corvette mexicaine du type Oaxaca (© US NAVY)

La marine mexicaine

Seule des grandes forces navales latino-américaines à ne posséder aucun sous-marin, la marine mexicaine concentre ses efforts sur les corvettes et les patrouilleurs. Une version améliorée des quatre Oaxaca (2005 - 2010) est en cours de réalisation. Le Chipas a été mis en service en novembre 2016, alors que l'Hidalgo a été lancé en août de la même année. Un troisième (Jalisco) devrait suivre. Ces corvettes permettront notamment de remplacer les ex-dragueurs américains du type Auk américain datant de 1942-43 et dont 9 sont encore opérationnels. Les Oaxaca (86 mètres, 1800 tonnes) sont pour mémoire une version agrandie des quatre Durango (2001-2002), eux-mêmes étant une amélioration des trois Holzinger 2000 sortis en 1999 des chantiers mexicains, qui avaient auparavant produit les quatre Aguila (1991-1992). 

 

Type Oaxaca (© M. NITZ - COLLECTION BERNARD PREZELIN)

Type Oaxaca (© M. NITZ - COLLECTION BERNARD PREZELIN)

Type Durango (© DR)

Type Durango (© DR)

Type Holzinger 2000 (© DR)

Type Holzinger 2000 (© DR)

Type Aguila (© DR)

Type Aguila (© DR)

 

Alors que les vieux destroyers d’origine américaine Netzahualcoyotl (ex-unité du type Gearing datant de 1945) et Manuel Azueta (ancien destroyer d’escorte construit en 1943) ont été désarmés en 2013 et 2015, la situation reste inchangée au niveau des frégates mexicaines. La flotte aligne toujours quatre unités du type Knox (1970-74), transférées par l’US Navy entre 1998 et 2002 ; ainsi que deux types Bronstein datant de 1963 et acquis auprès des Etats-Unis en 1993. Afin de les remplacer par des bâtiments plus modernes, la cession de frégates américaines du type O.H. Perry récemment désarmées a été envisagé mais n’a pas encore abouti.

 

Patrouilleur mexicain du type Stan Patrol 4207 (© DAMEN)

Patrouilleur mexicain du type Stan Patrol 4207 (© DAMEN)

 

Concernant les patrouilleurs, nombreux dans la marine mexicaine, on retiendra les évolutions récentes. Les chantiers nationaux Astimar ont livré depuis 2012 six bâtiments du type Stan Patrol 4207 adoptant un design Damen et quatre autres sont en construction ou en achèvement. Alors qu’un navire de transport rapide du type FCS 5009 a également été commandé à Damen, on notera que le modèle Stan Patrol 4207 connait au-delà du Mexique un grand succès dans la partie septentrionale du continent latino-américain puisqu’il équipe également les marines ou les garde-côtes des Antilles néerlandaises, des Bahamas, de la Barbade, de la Jamaïque, du Honduras et du Venezuela.

 

 

Enfin, on soulignera que l’aéronautique navale mexicaine, qui a notamment acquis trois E-2C Hawkeye auprès d'Israël en 2004, poursuit sa modernisation. Après avoir pris livraison de six avions de surveillance maritime CN-235 MPA entre 2010 et 2012, elle a acheté à Airbus 10 nouveaux hélicoptères AS565 MBe Panther. Les premiers ont été livrés en 2016, les autres devant l’être d’ici le début de l’année 2018.

 

Patrouilleur mexicain du type Stan Patrol 4207 (© DAMEN)

Patrouilleur mexicain du type Stan Patrol 4207 (© DAMEN)

La marine vénézuélienne

La marine vénézuélienne n’a semble-t-il toujours pas concrétisé son projet d’acquisition de trois nouveaux sous-marins du type Kilo auprès de la Russie malgré l’annonce d’une commande en 2008. En attendant, les deux unités du type 209/1300 livrées par l’Allemagne en 1976 et 1977 ont été modernisées, recevant notamment un nouveau système de combat SUBTICS de DCNS.

 

Sous-marin vénézuélien du type 209/1300  (© C. HERNANDEZ - COLLECTION BERNARD PREZELIN)

Sous-marin vénézuélien du type 209/1300  (© C. HERNANDEZ - COLLECTION BERNARD PREZELIN)

 

Toujours confrontée au refus des Etats-Unis de lui vendre du matériel militaire, le Venezuela ne peut en revanche achever la modernisation des dernières frégates du type Lupo livrées par l’Italie entre 1980 et 1982. Les quatre premières ont été rénovées dans la première moitié des années 2000, les travaux étant bloqués sur les deux autres à partir de 2006.

 

Frégates vénézuéliennes du type Lupo (© DR)

Frégates vénézuéliennes du type Lupo (© DR)

 

Le constructeur espagnol Navantia a néanmoins livré au Venezuela huit bâtiments commandés en novembre 2005, à savoir quatre corvettes du type Guaiqueri (99 mètres, 2400 tonnes) en 2011 et 2012, ainsi que quatre patrouilleurs hauturiers du type Guaicamacuto (80 mètres, 1500 tonnes) en 2010 et 2011, le dernier rejoignant ses aînés plus tard du fait de sa réalisation locale avec l’aide technique espagnole. En plus de ces bâtiments, 12 engins de débarquement du type 5612 de Damen ont été livrés par les chantiers dont dispose le groupe néerlandais à Cuba et au Vietnam. 

 

Corvette vénézuélienne du type Guaiqueri (© NAVANTIA)

Corvette vénézuélienne du type Guaiqueri (© NAVANTIA)

OPV vénézuélien du type Guaicamacuto (© NAVANTIA)

OPV vénézuélien du type Guaicamacuto (© NAVANTIA)

Equateur

A l’instar du Venezuela et du Chili, l'Equateur a modernisé (avec notamment le système de combat français SUBTICS) ses deux sous-marins du type 209/1300 mis en service en 1978 et 1979.

La flotte de surface reste quant à elle inchangée, avec deux anciennes frégates britanniques du type Leander datant de 1973-74, achetées à la marine chilienne en 2008 afin de remplacer les Presidente Eloy Alfario (ex-HMS Penelope) et Moran Valverde (ex-HMS Danae). S’y ajoutent les six corvettes du type Esmeraldas, livrées par l’Italie entre 1982 et 1984 ; ainsi que trois patrouilleurs lance-missiles du type Quito réalisés en Allemagne en 1976-77.

Les garde-côtes équatoriens ont, pour leur part, commandé en 2014 deux patrouilleurs du type Stan Patrol 5009, réalisés avec l’aide de Damen par les chantiers Astinave. Ils devraient être achevés cette année.

 

Patrouilleur du type Stan Patrol 5009 destiné aux garde-côtes équatoriens (© DAMEN)

Patrouilleur du type Stan Patrol 5009 destiné aux garde-côtes équatoriens (© DAMEN)

Trinidad et Tobago

Ce modèle a également été retenu par Trinidad et Tobago, qui a passé commande en 2015 de quatre unités de ce type, ainsi que deux navires de transport du type Fast Crew Supply 5009 et six intercepteurs du type DI 1102. Ces navires permettront de remplacer les trois OPV du type Vega réalisés au Royaume-Uni mais refusés par Trinidad et Tobago pour être finalement vendus par BAE Systems au Brésil.

 

Les trois modèles commandés en 2015 par Trinidad et Tobago (© DAMEN)

Les trois modèles commandés en 2015 par Trinidad et Tobago (© DAMEN)

Surinam

Enfin, parmi les nouveautés des marines latino-américaines, on notera que le Surinam s'est équipé de trois nouveaux patrouilleurs construits par le chantier français Ocea. Ce dernier a livré en 2012 une unité du type FPB 98 de 32 mètres et deux du type FPB 72 de 24 mètres. 

 

Patrouilleurs surinamiens des types FPB 98 et FPB 72  

Patrouilleurs surinamiens des types FPB 98 et FPB 72  (© OCEA)

 

Pour connaître en détail toutes les marines du monde, nous vous rappelons que l'édition 2016 de Flottes de Combat est récemment parue et peut être commandée sur le site de Marines Editions

 

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