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Les forces sous-marines françaises

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Les forces sous-marines françaises

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A l'occasion de la Journée nationale du sous-marin, nous faisons un point sur les moyens actuels et futurs de la Marine nationale. Appelée à aligner la première force sous-marine d'Europe si les effectifs de la Royal Navy continuent de décroître, la Marine nationale dispose, aujourd'hui, de deux types de bâtiments. Basés à l'Ile Longue, face à Brest, les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) sont en charge de la dissuasion nucléaire. Après le retrait du service actif en 2008 de L'Inflexible, dernier SNLE du type Le Redoutable, la Force océanique stratégique (FOST) compte uniquement des SNLE de nouvelle génération, au moins l'un de ces bateaux étant en permanence à la mer. Le Triomphant est entré en service en 1997, Le Téméraire en 1999 et Le Vigilant en 2004. Construit comme ses frères sur le site DCNS de Cherbourg, le quatrième et dernier de la série, Le Terrible, achève actuellement ses essais pour une mise en service en 2010. Longs de 138 mètres pour un déplacement de plus de 14.000 tonnes en plongée, les Triomphant, réputés pour faire partie des sous-marins les plus silencieux du monde, ont chacun deux équipages (bleu et rouge) de 110 hommes et embarquent 16 missiles balistiques.

Tir de M51 au centre d'essais des Landes (© : DGA)
Tir de M51 au centre d'essais des Landes (© : DGA)

Pour leur autoprotection, les SNLE comptent une dizaine de torpilles lourdes (F17 Mod 2 puis FTL/F21) et de missiles antinavire Exocet SM39. Les trois premiers de la série disposent depuis qu'ils sont opérationnels de missiles M45, d'une portée officielle de 6000 kilomètres. Le Terrible, en revanche, sera doté dès sa mise en service de 16 nouveaux missiles M51. Ces engins de 56 tonnes, capables d'embarquer jusqu'à 6 têtes nucléaires, dispose de capacités de pénétration accrues et d'une portée nettement plus importante (donnée à 9000 kilomètres). Le nouveau SNLE est, en outre, doté de nouveaux sonars et du système de combat SYCOBS, commun avec les futurs sous-marins nucléaires d'attaque (SNA) du type Barracuda. Les Triomphant, Téméraire et Vigilant seront mis au standard du Terrible lors d'une importante refonte, qui durera pour chaque bâtiment entre 2 et 3 ans. Les travaux débuteront à Brest, sur le Vigilant, fin 2010.

SNA du type Rubis (© : MARINE NATIONALE)
SNA du type Rubis (© : MARINE NATIONALE)

Les SNA du type Rubis

C'est en décembre 1976 que la France a mis sur cale son premier sous-marin nucléaire d'attaque. Long de 73.6 mètres pour un déplacement de seulement 2670 tonnes en plongée, le Rubis est devenu, à sa mise en service en février 1983, le plus petit SNA du monde. Chacun de ses deux équipages compte 68 hommes. Trois bâtiments du même type, les Saphir, Casabianca et Emeraude, ont été livrés par l'arsenal de Cherbourg (aujourd'hui DCNS) en 1984, 1987 et 1988. Puis une version améliorée a vu le jour en 1992 avec l'Améthyste. Plus discret que ses aînés et doté d'un système de combat informatisé, ce bâtiment fut le premier SNA français à disposer d'une forme de coque dite « albacore », avec un pont enveloppant. Un second bâtiment du même type, la Perle, fut mis en service en 1993. En revanche, bien que sa construction ait débuté, la Turquoise, comme le 8ème de la série, qui aurait du s'appeler Diamant, ont été abandonnés en raison de restrictions budgétaire. La marine se contenta de mettre au niveau de l'Améthyste les quatre premiers Rubis, un chantier effectué entre 1990 et 1995. Depuis leur mise en service, ces SNA ont bénéficié de différentes modernisations, notamment en matière de détection, de transmissions, et de traitement de l'information. L'hélice originale a, par ailleurs, été remplacée sur certains par une pompe-hélice. Initialement prévus pour naviguer 25 ans, les Rubis ne seront désarmés qu'entre 2017 et 2027. Côté armement, ces SNA disposent de 4 tubes de 533mm, capables de lancer 14 torpilles lourdes (F-17 Mod2 puis FTL/F21) et missiles SM39.

SNA du type Barracuda (© : DCNS)
SNA du type Barracuda (© : DCNS)

Les nouveaux Barracuda

A la fin des années 90, la Marine nationale a lancé les études destinées à concevoir le remplaçant des Rubis. A l'époque, la livraison du premier SNA de nouvelle génération était prévue en 2008, date rapidement reculée à 2012. Faute de crédits, le programme sera retardé et la notification du contrat à DCNS et Areva n'interviendra qu'en décembre 2006, ce qui repousse la livraison de la tête de série à 2017. Les futurs bâtiments, du type Barracuda, sont plus grands, plus discrets et offrent des capacités accrues par rapport à leurs aînés. La découpe de la première tôle du Suffren est intervenue en décembre 2007 à Cherbourg. Le sous-marin mesurera 99.5 mètres de long pour un déplacement d'environ 5300 tonnes en plongée. Il sera suivi de cinq sisterships, les Duguay-Trouin, Dupetit-Thouars, Duquesne, Tourville et De Grasse. Disposant de barres de plongée en forme de croix de Saint-André, ces SNA, dotés d'une chaufferie nucléaire K-15 de 50 MW, pourront atteindre une vitesse d'au moins 25 noeuds. L'armement sera plus conséquent que celui des Rubis, avec un total de 20 armes tirées depuis quatre tubes de 533mm. La dotation comprendra des torpilles FTL/F21, des missiles antinavire Exocet SM39 et, pour la première fois sur un sous-marin français, des missiles de croisière (Scalp Naval). Très automatisés, avec un équipage de seulement 60 marins (qui devrait être féminisé), les Barracuda sont également conçus pour la mise en oeuvre de forces spéciales. A cet effet, ils pourront embarquer 10 commandos et disposeront derrière le kiosque, pour ce type d'opération, d'un module étanche pouvant contenir les équipements spécifiques.
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- Voir notre dossier sur la modernisation de la FOST

- Voir notre dossier sur l'aventure des SNA du type Rubis

- Voir notre dossier sur la Génèse du Redoutable


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