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Les frégates De Grasse et Georges Leygues retirées du service cette année

 

Deux frégates anti-sous-marines brestoises de la Force d’Action Navale tireront cette année leur révérence. Il s’agit du De Grasse et du Georges Leygues. La première, ultime survivante des trois unités du type F67 (les Duguay-Trouin et Tourville ont été désarmées en 1999 et 2011), est entrée en service en 1977. Quant au Georges Leygues, tête de série des sept frégates du type F70 ASM, il est opérationnel depuis 1979. N’ayant pas bénéficié des modernisations opérées sur ses six sisterships, le Georges Leygues fut, de 1999 à 2010, conserve du porte-hélicoptères Jeanne d’Arc puis, à l’issue du désarmement de celui-ci, a poursuivi sa fonction de formation au sein de la mission annuelle Jeanne d’Arc, au cours de laquelle il accompagne un bâtiment de projection et de commandement. C’est avec cette mission que se clôturera la carrière du D 640. Quant au De Grasse, malgré son âge avancé, cette belle frégate, la dernière de la marine à être notamment dotée de chaudières et de deux tourelles principales superposées, a joué les prolongations en attendant l’arrivée de l’Aquitaine. Livrée en décembre par DCNS, la tête de série du programme FREMM, qui permettra de remplacer les F67 et F70, doit être admise au service actif en fin d’année. Jusque là, la marine a conservé le De Grasse pour remplir son « contrat opérationnel », c'est-à-dire toutes les missions qui peuvent lui être confiées. Depuis Brest, le D 612 a continué par exemple d’œuvrer à la protection des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, en s’appuyant sur son système de lutte SLASM (comprenant notamment un sonar remorqué actif à très basse fréquence), un équipement pouvant encore tenir la route puisque mis en place en 1996 et amélioré depuis.

 

 

La frégate Georges Leygues (© : MICHEL FLOCH)

 

 

Un bond capacitaire majeur mais une transition à gérer au plus juste

 

 

Mais il est clair qu’avec l’entrée en scène de l’Aquitaine cette année et de la Normandie en 2014 (puis de sept autres bâtiments identiques d’ici 2020), la FAN va bénéficier d’un outil bien plus moderne et performant. Dotées de moyens de détection dernier-cri, notamment le sonar remorqué Captas 4, ainsi que du nouvel hélicoptère Caïman Marine et son sonar trempé FLASH, les nouvelles FREMM, bien plus puissantes et discrètes, vont constituer un bond capacitaire majeur. Pour autant, en attendant que ce matériel high-tech soit totalement opérationnel et maîtrisé par les marins, réputés pour leur prudence, les « vielles bailles » demeurent en activité et rendront encore, dans les prochains mois, de précieux services. Cette période majeure de renouvellement de la flotte doit, en tout cas, être gérée au plus juste par l’Etat-major. « Nous devons respecter avec exactitude les rendez-vous fixés par la directive ASA/RSA (admission au service actif/retrait du service actif, ndlr) tout en veillant au maintien des capacités opérationnelles de la force, notamment dans le domaine de la lutte sous la mer qui contribue à la sûreté de la dissuasion nucléaire et à l’escorte des unités précieuses comme le porte-avions ou les BPC», précise le vice-amiral d’escadre Xavier Magne, commandant la FAN. Et le patron de la flotte de surface française de rappeler également qu’au-delà du matériel, il y aussi les hommes : «L’intégration des FREMM au sein de la FAN nous impose aussi de procéder à la transmission intégrale des savoir-faire de l’ancienne vers la nouvelle génération des équipages».

 

 

L'Aquitaine (© : MARINE NATIONALE - MAEL PRIGENT)