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Les FREMM équipées d’un Samahé adapté au NH90
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Les FREMM équipées d’un Samahé adapté au NH90

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Les frégates multi-missions de la Marine nationale vont être toutes équipées d’un système de manutention de leur hélicoptère embarqué. Ce dispositif de type Samahé, développé par Naval Group, consiste en un chariot fixé sur un rail qui tracte l’appareil en toute sécurité entre le hangar et la plateforme (où l’hélicoptère harponne une grille à l’appontage). L’avantage est de pouvoir mener les opérations de transfert sur le pont et de retour au hangar en toute sécurité, même lorsque la mer est mauvaise et que les mouvements du bâtiment sont prononcés.

Qualification sur la Bretagne

Cinquième FREMM de la série française, la Bretagne, admise au service actif en février, est la première à être nativement équipée d’un Samahé adapté au Caïman Marine (NH90 NFH), hélicoptère de la classe 10 tonnes nettement plus lourd que les Lynx et Panther mis jusqu’ici en œuvre par les frégates tricolores. La qualification de cette version du système de manutention s’est déroulée pendant les essais de la Bretagne. Il en sera de même dès l’origine pour la Normandie, qui sera livrée cet été à la Marine nationale, puis des deux dernières unités de la classe, l’Alsace et la Lorraine, dont les entrées en flotte sont prévues en 2021 et 2022. Quant aux quatre première FREMM (Aquitaine, Provence, Languedoc et Auvergne), elles vont être équipées du Samahé à l’occasion de leurs arrêts techniques programmés. L’Auvergne doit être la première à bénéficier de ce retrofit, mené en ce moment à Toulon. Depuis leur mise en service, ces bâtiments utilisaient un chariot américain Mantis, qui sera conservé pour offrir un mode de secours.

 

Chariot Mantis sur une FREMM (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Chariot Mantis sur une FREMM (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

L'Auvergne actuellement en arrêt technique à Toulon (© FRANCIS JACQUOT)

L'Auvergne actuellement en arrêt technique à Toulon (© FRANCIS JACQUOT)

la FREMM Bretagne (© NAVAL GROUP)

la FREMM Bretagne (© NAVAL GROUP)

 

Fin des limitations liées aux mouvements de plateforme plus prononcés que prévus

L’intégration du Samahé sur les FREMM est une évolution qui était très attendue par les marins, notamment sur le plan opérationnel. Elle va en effet permettre de lever certaines limitations de mise en œuvre de l’hélicoptère embarqué du fait d’une efficacité moindre que prévu du système de stabilisation des bâtiments. Pour des raisons budgétaires, les nouvelles frégates françaises n’ont en effet pas été dotées de traditionnels ailerons stabilisateurs, un système dynamique s’appuyant sur les safrans ayant été imaginé pour s’y substituer et atténuer les effets de roulis. Mais le concept s'est révélé moins performant qu’espéré et, bien que les FREMM demeurent des plateformes stables, elles bougent un peu plus que ce qu’on pourrait attendre de bateaux de 142 mètres de long et 6000 tonnes de déplacement en charge. Dans certaines conditions difficiles, l’emploi de l’hélicoptère fut donc limité. Rien de rédhibitoire mais vu que le Caïman est un outil essentiel dans la lutte anti-sous-marine et que, parfois, gagner ou perdre se joue à peu de chose, la marine a souhaité disposer de la pleine capacité d’emploi de l’hélicoptère, telle que prévue à l’origine du programme FREMM.

Alors que les nouvelles frégates de défense et d’intervention (FDI, ex-FTI) signeront pour cette raison le retour aux ailerons stabilisateurs, des études ont été menées afin d’envisager l’ajout de tels dispositifs sur les FREMM. Mais il s’est avéré qu’une telle modification coûterait trop cher pour un gain considéré comme négligeable. D’où l’intégration d’un nouveau Samahé, bien moins onéreuse et qui permet de faire cesser les limitations, le Caïman pouvant grâce à ce dispositif être mis en œuvre au moins par mer 5.

Essais de drone aérien prévu en 2021

Dans le domaine des moyens aériens, on rappellera par ailleurs que les FREMM disposeront à l’avenir, en plus de leur Caïman, d’un UAV (Unmanned Aerial Véhicle). Développés dans le cadre du programme SDAM (Système de Drone Aérien de la Marine), au moins 15 engins de ce type doivent être livrés après 2025. Mais les essais sur FREMM et porte-hélicoptères amphibie (PHA, ex-BPC) doivent débuter dès 2021 avec le VSR 700 d’Airbus Helicopters, drone aérien sur la base duquel seront produits les SDAM. Dès sa conception, la nouvelle frégate française a vu son vaste hangar adapté à l’accueil et la maintenance d’un NH90 et d’un UAV de ce type.

 

Marine nationale