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Les futures FTI remplaceront les La Fayette et peut être les Floréal

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Les futures frégates de taille intermédiaire (FTI) sont en fait prévues pour remplacer les frégates furtives du type La Fayette (FLF). C’est ce qu’a indiqué le chef d’Etat-major de la Marine nationale en réponse à une question de Mer et Marine. L’amiral Rogel n’a, toutefois, pas exclut que ce programme puisse éventuellement servir, au passage, au renouvellement des frégates de surveillance du type Floréal. « Les frégates de taille intermédiaire seront considérées comme des frégates de premier rang. Elles remplaceront les La Fayette. Pour les frégates de surveillance, nous verrons. Six frégates de surveillance sont actées par le Livre Blanc en plus des 15 frégates de premier rang ».

 

Le patron de la flotte française considère plutôt les frégates de surveillance (des bâtiments construits aux normes civiles de 92 mètres de long, et 2600 tonnes de déplacement en charge) comme de grands patrouilleurs hauturiers. « Les frégates de surveillance sont en fait des OPV (Offshore Patrol Vessel, ndlr), la Marine nationale ayant d’ailleurs été précurseur sur ce concept puisque nous l’avons adopté avec les Floréal il y a plus de 20 ans ». L’OPV se caractérise par sa taille, qui lui permet de mener des missions hauturières, son endurance, et un coût d’exploitation moindre que les unités de combat. Leurs successeurs pourraient donc être rattachés au programme des bâtiments de surveillance et d’intervention maritime (BATSIMAR), des OPV devant également remplacer les avisos du type A69 (80 mètres, 1100 tonnes) et les vieux patrouilleurs actuellement en service (P400, Albatros, Arago). Mais au sein de la marine, certains espèrent toujours qu’un programme spécifique de frégates de surveillance de nouvelle génération sera lancé au cours de la prochaine décennie pour remplacer les Floréal.

 

 

Frégate de surveillance du type Floréal (© : MARINE NATIONALE)

 

 

Tout dépend du programme FREMM

 

 

Concernant le projet FTI, qui porte sur des bâtiments de 3000 à 4000 tonnes, le lancement de la phase de développement est attendue vers 2018, pour une mise en service de la tête de série d’ici 2025. La physionomie du programme dépendra des choix techniques et opérationnels, des moyens financiers et de l’évolution des menaces qui prévaudront dans les prochaines années. Mais aussi des décisions finales attendues pour le programme des frégates multi-missions (FREMM). A Toulon, le mois dernier, Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, a assuré que 11 FREMM seraient comme prévu réalisées pour la marine française, alors que la réduction du nombre de frégates de premier rang dans le nouveau Livre Blanc (passant de 18 à 15) laissait présager une réduction du nombre de FREMM à 8 exemplaires seulement. « Le ministre a annoncé 11 FREMM, je les prends », a confirmé l’amiral Rogel.

 

 

FREMM (© : DCNS)

 

 

Une plateforme modulaire déclinable en plusieurs versions ?

 

 

Mais alors, en comptant les deux frégates de défense aérienne du type Horizon (Forbin et Chevalier Paul), seule deux FLF seraient logiquement conservées comme frégates de premier rang pour atteindre le chiffre de 15 à l’horizon 2025. Dans ces conditions, on voit mal la France financer un nouveau programme de frégates pour construire seulement deux FTI, sauf cas hautement improbable où interviendrait simultanément une vente à l’export correspondant précisément à ce produit. D’où l’idée éventuelle d’intégrer les frégates de surveillance dans ce projet. La marine a, de toute façon, besoin de grandes plateformes pour succéder aux FS, chargées notamment de patrouiller dans les vastes espaces ultramarins. Or, ce n’est pas le gabarit d’un bateau qui coûte cher, mais ses équipements. En optant pour un design modulaire, deux versions de FTI pourraient voir le jour : une plus armée pour succéder aux FLF et une moins équipée pour renouveler les FS.

 

 

Frégate du type La Fayette (© : MARINE NATIONALE)

 

 

La marine navigue à vue

 

 

Une simple hypothèse, bien entendu, puisque le programme FREMM n’est pas inscrit dans le marbre. D’abord, malgré les déclarations du ministre, c’est le parlement qui va acter de la prochaine loi de programmation militaire (2014 – 2019), au sein de laquelle la décision concernant FREMM sera actée. Avec derrière la question de l’étalement du programme et de son financement, toutes les pistes étant à l’étude, y compris apparemment la possibilité d’une location de bâtiments par l’Etat. Ensuite, rien ne peut garantir qu’au cours de la LPM suivante (2020 – 2025), qui sera probablement assortie d’un nouveau Livre Blanc, ce format soit préservé. Déjà, en 2008, il avait été amputé significativement, 17 FREMM devant initialement être construites pour remplacer les frégates des types F67 et F70, ainsi que les avisos du type A69.

 

En clair, il est encore trop tôt pour avoir une idée précise du futur programme FTI. La Marine nationale elle-même navigue à vue sur ce projet, qui a été annoncé un peu prématurément par Jean-Yves Le Drian le 20 juin à Toulon. 

 

 

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