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Les futurs navires écoles de la marine marchande américaine réalisés à Philadelphie
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Les futurs navires écoles de la marine marchande américaine réalisés à Philadelphie

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Construction Navale

Les nouveaux navires américains de formation maritime et de soutien humanitaire seront réalisés par le chantier Philly Shipyard. Le constructeur de Philadelphie vient d’être sélectionné par l’US Maritime Administration (MARAD) et la société TOTE Services, en charge de piloter ce programme qui comprend pour le moment deux navires, avec une option pour trois unités supplémentaires.

La livraison des deux premiers National Security Multi-mission Vessels (NSMV) a glissé par rapport au planning initial, qui prévoyait une mise en service de la tête de série en 2022. Désormais, leurs livraisons sont fixées au printemps et à l’hiver 2023.

Alors que les États-Unis comptent six grandes écoles d’enseignement public maritime, les deux premiers NSMV vont permettre de remplacer par des moyens modernes les vieux bateaux de formation appartenant à la MARAD et employés au profit de deux de ces écoles. D’abord, l’Empire State, affecté au Maritime College de New York. Cet ancien cargo de 172 mètres lancé en 1961 a été converti en bateau-école en 1989. Le second NSMV succèdera quant à lui à un autre vétéran, le Kennedy, navire de 163 mètres datant de 1967 et employé depuis 2001 par la Massachusetts Maritime Academy, située dans la banlieue de Boston.

 

L'Empire State VI (qui n'apparait pas sur sa coque), est à bout de souffle. Son rempalcement est souhaité depuis de nombreuses années ( © SUNY MARITIME COLLEGE)

L'Empire State VI (qui n'apparait pas sur sa coque), est à bout de souffle. Son rempalcement est souhaité depuis de nombreuses années ( © SUNY MARITIME COLLEGE)

 

En plus de leur mission de formation à la mer des élèves de ces écoles, les NSMV disposeront d’importantes capacités cargo, de logement et de soutien médical, leur permettant de participer à des missions de secours aux populations en cas de crise humanitaire, par exemple suite à une catastrophe naturelle.

C’est en 2018, après plusieurs années de réflexions, que le programme a été lancé par le gouvernement fédéral américain. En mai 2019, TOTE Services avait été sélectionné pour piloter la construction des navires.

Longs de 160 mètres pour une largeur de 27 mètres, les NSMV pourront embarquer jusqu’à 760 personnes, dont 600 cadets des écoles de la marine marchande en mission de formation. Les élèves vont enfin bénéficier d'outils modernes en phase avec la marine marchande d'aujourd'hui. Ils auront cours dans huit grandes salles éclairées et agencées comme dans n’importe quel lycée à terre. On notera aussi la présence de laboratoires, d’ateliers, de simulateurs, et aussi d’une timonerie annexe spécialement dédiée aux entraînements des futurs officiers. Fini aussi les dortoirs. Les cabines ont été dessinées pour apporter le plus de confort et d’intimité possible, à l’inverse de ce qui se faisait dans la marine des années 60, dont les vieux Empire State et Kennedy font partie des derniers représentants.

Les navires seront équipés d’une propulsion diesel-électrique avec quatre générateurs totalisant 15.680 kW et deux moteurs électriques (4500 kW chacun) faisant tourner une seule ligne d’arbre. La vitesse de croisière sera de 12 nœuds avec une consommation quotidienne de 26 tonnes de carburant pour une autonomie de de 11.000 milles. Les machines seront réparties en deux compartiments distincts, non seulement pour des questions de sécurité et de redondance, mais aussi pour permettre des enseignements pratiques sur l’un des groupes, sans arrêter ou gêner la marche des autres.

Un navire multifonction apte aux missions humanitaires

Si la formation sera la mission première des NSMV, la conception en fait volontairement des plateformes très polyvalentes. L’administration américaine ont en effet jugé que les bateaux-écoles, qui ne sont pas en mission de formation en permanence, pouvaient être amenés à prêter main-forte lors de certaines catastrophes naturelles. Les États-Unis sont souvent victimes de phénomènes brutaux ayant lieu près des côtes, comme les ouragans dans le golfe du Mexique. Dans ces cas, la FEMA, l’agence fédérale américaine chargée de gérer les situations d’urgence, a besoin de pouvoir mobiliser des moyens maritimes.

 

La plage arrière permet d'opérer un hélicotpère. On distingue très nettement la grue qui rend le navire autonome pour les déchargements ( © HEC - MARAD)

La plage arrière permet d'opérer un hélicotpère. On distingue très nettement la grue qui rend le navire autonome pour les déchargements ( © HEC - MARAD)

Le pont arrière en version cargo avec la rampe de chargement RoRo bien visible ( © HEC - MARAD)

Le pont arrière en version cargo avec la rampe de chargement RoRo bien visible ( © HEC - MARAD)

 

Les navires vont par conséquent disposer d’importantes capacités de fret et de transport de passagers (jusqu’à 1000 personnes dans cette configuration). Une plage arrière dégagée permettra d’accueillir un hélicoptère et des conteneurs. Une grue pouvant lever 35 tonnes à 24 mètres donnera la possibilité de s’affranchir des moyens de manutention terrestres, souvent endommagés suite à une catastrophe naturelle. Les NSMV auront un grand pont garage accessible par une rampe de chargement sur tribord arrière. Près d’une cinquantaine de véhicules légers comme des 4×4, des ambulances mais aussi des engins de travaux publics pourront y être transportés. Enfin, l’hôpital du bord est dimensionné pour des missions humanitaires.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.