Construction Navale
Les futurs paquebots d’AIDA Cruises seront dotés d’une propulsion au GNL

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Les futurs paquebots d’AIDA Cruises seront dotés d’une propulsion au GNL

Construction Navale

Une innovation de plus pour le chantier japonais Mitsubishi Heavy Industries de Nagasaki, qui fait décidemment très fort pour son grand retour dans le secteur des croisières. Choisi par le groupe américain Carnival Corporation pour réaliser les deux nouveaux navires de la compagnie allemande AIDA Cruises (filiale de Costa dont la maison-mère est Carnival), MHI sera le premier constructeur à réaliser des paquebots fonctionnant au Gaz Naturel Liquéfié. La société allemande TGE Marine Gas Engineering a, en effet, été choisie pour fournir des équipements de propulsion au GNL destinés aux futurs navires d’AIDA. L’industrie de la croisière, et à travers elle le leader mondial du secteur, Carnival, s’engage donc à son tour dans cette technologie, qui permet de réduire significativement les émissions polluantes et constitue une solution au renforcement de la règlementation sur les rejets d’oxyde de soufre (SOx) en Europe à compter du 1er janvier 2015.

 

 

(© : AIDA CRUISES)

(© : AIDA CRUISES)

 

 

Des navires technologiquement très ambitieux

 

 

Les nouveaux systèmes de propulsion au GNL s’appuient sur des moteurs hybrides, capables de fonctionner aussi bien au gaz qu’avec un carburant classique. Le GNL n’est, en effet, pas encore disponible partout et, même si le marché semble devoir se développer très vite maintenant, ce qui va se traduire par un accroissement du nombre de ports équipés pour ravitailler les cuves, les armateurs ne prennent pas encore le risque d’opter pour un système fonctionnant seulement au gaz. Cela, en raison du mode d’exploitation des navires, amenés à être déployés partout dans le monde. Reste qu’AIDA va prendre de l’avance avec ses nouveaux vaisseaux, qui s’inscrivent dans le cadre d’un projet très innovant. En dehors de la propulsion au GNL, ces deux paquebots de 125.000 GT et  3250 passagers, livrables par MHI au printemps 2015 et au printemps 2016, seront également les premiers à être dotés d’un système d’injection d’air sous la coque, permettant de diminuer la résistance à l’eau et donc la consommation de carburant. Le design de la coque sera également novateur, avec pour la première fois dans l’ère moderne de la croisière le recours à une étrave droite. Celle-ci doit également contribuer à la réduction de la facture énergétique et donnera aux navires une allure très moderne, même si cette architecture ne plaira sans doute pas à tous les puristes de la croisière…

 

 

 

 

Un challenge technique et économique pour MHI

 

 

Il est en tous cas clair qu’il s’agit d’un projet très ambitieux pour Mitsubishi, qui compte bien, avec ce contrat, se relancer sur le segment de la construction de paquebots. Un véritable challenge pour le chantier japonais, même si celui-ci a prouvé par le passé qu’il pouvait construire d’excellents navires de croisière. Ainsi, après avoir achevé en 1990 le Crystal Harmony (désormais Asuka II, 50.000 GT, 480 cabines), MHI a livré en 2004 les Diamond Princess et Sapphire Princess, deux unités de 116.000 GT de jauge et 1335 cabines réalisées pour Princess Cruises, filiale du groupe Carnival. Ce contrat fut difficile pour les Japonais, qui ne disposaient pas d'un réseau de sous-traitants spécialisés et ont été confrontés à un grave incendie durant la construction de l'un des navires, qui a été livré avec 6 mois de retard. Malgré tout, le projet a été mené à son terme et l'armateur s'est dit ensuite très satisfait des paquebots réalisés à Nagasaki. MHI, s’il réussit parfaitement les deux navires commandés par AIDA, représentera donc une sérieuse menace pour les chantiers européens, qui ont jusqu’ici le quasi-monopole de la construction de paquebots. D’autant que les japonais proposent des prix très agressifs, la commande d’AIDA étant estimée à 460 millions d’euros seulement par bateau. Ces tarifs pourraient d’ailleurs constituer le talon d’Achille des ambitions nippones, puisque s’il n’est pas rare de voir des entreprises casser les prix pour pénétrer un marché, il convient de ne pas perdre trop d’argent et faire en sorte que l’activité soit rapidement rentable. Or, ce fut précisément le problème des précédentes incursions de Mitsubishi dans la croisière, avec certes des bateaux au final très réussis, mais aussi des projets qui n’ont pas prouvé leur viabilité économique pour le constructeur.     

 

 

Le Sapphire Princess (© : PRINCESS CRUISES)

Le Sapphire Princess (© : PRINCESS CRUISES)

 

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