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Les futurs Patrouilleurs d’Outre-Mer (POM)
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Les futurs Patrouilleurs d’Outre-Mer (POM)

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On en sait désormais plus sur les six nouveaux Patrouilleurs d’Outre-Mer (POM), qui viendront renforcer entre 2022 et 2025 les moyens de la Marine nationale stationnés en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et à La Réunion.

Longs de 79.9 mètres pour une largeur de 11.8 mètres et un tirant d’eau de 3.5 mètres, les POM afficheront un déplacement lège de 1158 tonnes et de 1298 tonnes à pleine charge. Leur coque sera en acier et les superstructures en aluminium. Dotés d’une propulsion diesel-électrique, ils pourront atteindre la vitesse de 24 nœuds et franchir 5500 milles à 12 nœuds, pour une autonomie de 30 jours sans ravitaillement. L’équipage sera de 30 marins, avec la capacité d’accueillir 24 passagers.

 

POM (© SOCARENAM - MAURIC)

POM (© SOCARENAM - MAURIC)

 

« Dans un contexte de menaces croissantes sur les ressources halieutiques, sur la biodiversité et sur les règles internationales du droit de la mer, la France entend exercer pleinement, en métropole comme outre-mer, sa souveraineté et ses responsabilités. Les patrouilleurs outre-mer assureront des missions de souveraineté et de protection dans les zones économiques exclusives françaises, d’intervention contre les pollutions maritimes et en faveur de la préservation de l’environnement, ainsi que de sauvetage et d’assistance aux personnes », explique la DGA.

Conçus comme des plateformes endurantes et polyvalentes, les POM auront un armement léger constitué d’un canon télé-opéré de 20mm Narwhal, ainsi que de mitrailleuses de 12.7 et 7.62mm, avec la possibilité d’installer trois affûts sur la plateforme entourant la passerelle panoramique (deux avant, un arrière tribord) et un quatrième à la poupe, sur bâbord, afin de couvrir l'angle pris par la cheminée en arrière de la passerelle sur le même côté. Ces mitrailleuses complèteront le canon principal curieusement engoncé à l’avant avec un champ de battage relativement réduit selon les images de synthèse diffusées. On ne sait d'ailleurs pas encore si la structure qui le surplombe serait en mesure d'accueillir à terme un canon de 40mm RAPIDFire, nouveau système d'artillerie appelé semble-t-il à équiper la marine dans les années qui viennent. 

Les POM pourront embarquer une baleinière pour atteindre les atolls. Mais leur drome principale sera constituée de deux embarcations semi-rigides de type EDO (6.7 mètres), les installations étant dimensionnées pour pouvoir également embarquer les ETRACO (8 mètres) des commandos marine. L’une des embarcations sera logée dans une niche latérale à tribord et l’autre déployée depuis une rampe à l’arrière. Une configuration déjà retenue pour les trois Patrouilleurs Antilles Guyane (PAG), dont ces nouvelles unités sont en fait une évolution.

La taille plus importante que celle des PAG a permis d’accroître les capacités et, notamment, d’intégrer une plateforme et un abri permettant d’embarquer différents types de drones aériens, soit un engin à voilure fixe ou un appareil à voilure tournante.

 

POM (© SOCARENAM - MAURIC)

POM (© SOCARENAM - MAURIC)

 

Sur l’arrière, un emplacement est prévu pour un conteneur de 20 pieds, permettant d’embarquer du matériel supplémentaire ou spécifique selon les missions.

Capables de remorqueur un navire de taille équivalente, les POM auront des capacités antipollution (cuves, barrages flottants, écrémeur, produits dispersants) et disposeront d'un canon à eau pour lutter contre les incendies. Ils pourront aussi effectuer des missions hydrographiques légères en complément des moyens spécialisés de la marine et du Shom. Un puits et un sondeur ont, ainsi, été intégrés dans la coque afin de pouvoir réaliser de relevés d’opportunité au fil des missions et déploiements.

La commande de ces six patrouilleurs a été notifiée le 24 décembre par la Direction Générale de l’Armement (DGA) à un groupement constitué du constructeur Socarenam et de la société de services CNN MCO, cette dernière allant assurer un contrat de maintien en condition opérationnelle de cinq ans après la livraison des bâtiments. Ceux-ci seront réalisés et armés entre les chantiers Socarenam de Saint-Malo et Boulogne-sur-Mer, leur conception ayant comme pour les PAG été conduite avec les architectes de Mauric.

La tête de série du programme doit être réceptionnée par la Marine nationale en 2022 et sera basée en Nouvelle-Calédonie. La livraison du second POM, destiné à la Polynésie française, est prévue en 2023. Les deux unités suivantes doivent arriver en 2024, la première pour la Nouvelle-Calédonie et l’autre pour La Réunion. Le programme s’achèvera en 2025 avec les deux derniers patrouilleurs de la série, qui rejoindront respectivement la Polynésie et La Réunion. Il y aura donc deux POM basés dans chacun des trois territoires ultramarins, le renouvellement des moyens sur la zone Antilles-Guyane ayant été déjà mené à bien avec les trois nouveaux PAG (La Confiance, La Résolue et La Combattante), livrés entre 2016 et 2019.

 

La Combattante (© MICHEL FLOCH)

La Combattante (© MICHEL FLOCH)

 

Les POM remplaceront des patrouilleurs en fin de vie : les deux derniers P400, La Glorieuse et La Moqueuse, opérationnels depuis 1987 et stationnés à Nouméa ; Le Malin (ancien palangrier construit en 1997, saisi en 2004 après avoir été surpris en flagrant délit de pêche illicite dans les TAAF et transformé en patrouilleur pour La Réunion en 2011) et l’Arago, ex-bâtiment hydrographique basé à Papeete, mis en service en 1991 et converti en patrouilleur en 2002. Les POM permettront dans le même temps de combler les trous capacitaires que connaissent les territoires ultramarins depuis le désarmement d’anciens patrouilleurs qui n’ont pas encore été remplacés.

 

La Glorieuse (© MARINE NATIONALE)

La Glorieuse (© MARINE NATIONALE)

Le Malin (© MICHEL FLOCH)

Le Malin (© MICHEL FLOCH)

L'Arago (© MATTHIEU LE BONNIEC)

L'Arago (© MATTHIEU LE BONNIEC)

Marine nationale