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Les grandes ambitions de la stratégie nationale de la mer et du littoral

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Les grandes ambitions de la stratégie nationale de la mer et du littoral

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Avec quelques mois de retard, le décret fixant la stratégie nationale de la mer et du littoral vient d’être publié au Journal Officiel. Héritier du Grenelle de la Mer, ce document de 53 pages, élaboré par l’Etat et le Conseil national des mers et des littoraux, doit fixer les ambitions de la France dans le secteur maritime, pris dans un sens relativement large.

Les orientations sont bien là, articulées autour d’objectifs assez généraux : la lutte contre les pollutions en mer et la protection des milieux marins, le développement des énergies renouvelables, la transition vers la pêche et l’aquaculture durable.... Le document rappelle l’intérêt de la recherche ainsi que la nécessité pour la France de maintenir sa voix au niveau des représentations internationales et d’être « le moteur de la croissance bleue européenne ». 

Une flotte de commerce avec 20.000 marins tricolores et la France premier port d’Europe

Plus significative est la liste des 26 actions prioritaires qui donnent des propositions  - un peu plus -  concrètes, avec des objectifs très ambitieux. En  matière d’enseignement, la SNML insiste sur la nécessité de formation aux métiers de la mer, « par un cluster de l’enseignement maritime » et « le réseau des universités marines. La stratégie n’oublie pas l’Ecole Nationale Supérieure Maritime qu’elle souhaite voir devenir une référence mondiale ».

Une autre proposition est de voir la France devenir « le premier port d’Europe », ce qui serait sans doute entendu toutes façades maritimes et secteurs confondus. Un défi considérable dans le climat actuel de concurrence féroce, que ce soit sur le Range Nord ou sur le bassin méditerranéen.

De même, deux propositions annoncent « la lutte contre le dumping social pour les marins dans l’espace maritime européen » et le développement de marine de commerce nationale pour atteindre un effectif de 20.000 marins français. Là encore, le chantier est immense alors que la France peine déjà à garder une flotte pétrolière et chimiquière et qu’elle vient de perdre sa filière sismique. Les modalités pour atteindre ces différents objectifs ne sont pas détaillées dans ce document qui semble davantage être une lettre de cadrage. D’autres propositions prévoient, là encore sans davantage de précision,  « une ambition fiscale pour la mer » et « une modernisation et simplification de l’administration de la mer ».

Réduire la dépendance « halio-alimentaire » et favoriser les énergies de la mer

Une autre proposition prévoit la réduction de « la dépendance halio-alimentaire », tout en précisant que cet objectif allait de pair avec le fait de conforter « l’ambition de la pêche française » et le soutien du développement de l’aquaculture. La combinaison de ces trois axes semble particulièrement ardue tant ces objectifs peuvent paraître éloignés.

Pour le secteur des énergie marines, le document rappelle la nécessité de « tenir nos ambitions » en la matière ainsi que celle  de « construire la planification spatiale maritime pour concilier les usages, rechercher les synergies entre activités et intégrer les activités nouvelles ». Une proposition vise à  « étudier la mise en place de juridictions dédiées pour l’examen de contentieux liées aux activités maritimes ». Il doit sans doute s’agir d’instances qui viendraient en complément des tribunaux de la mer et de la cour administrative d’appel de Nantes, compétente pour le contentieux lié à l’éolien offshore. Enfin, le SNML prévoit la construction de « 100 territoires maritimes à énergie positive », concernant notamment les espaces portuaires.