Construction Navale
Les industriels brestois veulent toujours un élévateur de plus de 250 tonnes

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Les industriels brestois veulent toujours un élévateur de plus de 250 tonnes

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Le sujet du futur élévateur à bateau, à Brest, reste sensible. La tension est remontée il y a une semaine, lors de l’assemblée générale de l’Union maritime de Brest et sa région (UMBR) qui regroupe une cinquantaine d’entreprises portuaires ou en relation avec le maritime. Elle a relancé le débat en évoquant une participation au financement d’un élévateur de plus de 250 tonnes. 

Après sept ans de discussions, la CCI métropolitaine Bretagne ouest (CCIMBO qui gère le port de Brest et également celui de Concarneau) avait proposé, suite notamment à l'annonce de subvention de la Région limitant sa participation à un élévateur de 250 tonnes, en janvier « de dimensionner l’infrastructure, et notamment le génie civil du projet, pour un projet dimensionné à 500-600 tonnes, et de décider de mettre en place un élévateur de 250 tonnes seulement. Dans un second temps, si les marchés le justifiaient un élévateur à bateau de 500 tonnes environ serait substitué à celui de 250 tonnes. » Déception pour les acteurs économiques brestois qui espéraient beaucoup plus et tout de suite.

Mais lors de leur assemblée générale, ils sont revenus à la charge, forts de l’appui de Brest Métropole. « Les industriels discutent de participer au financement pour pousser la capacité de l’élévateur », explique Yann Mauffret, patron du chantier du Guip. Il serait alors question d’un élévateur de 450 tonnes. Soit la dimension des équipements de Concarneau, Douarnenez ou encore Le Guilvinec.

Selon Yann Mauffret, la CCI vient d’attribuer le marché d’étude de l’élévateur. « On se positionne en accompagnement, dans le tempo. Il y a une étude qui redémarre, qui va refaire le tour des problèmes, lever les lièvres, trouver des solutions, voir le plan de financement, en notant les points de friction, et aboutir, en concertation avec les professionnels, à une solution viable sur le port de Brest et aussi avec la Métropole qui est extrêmement engagée sur ce projet d’élévateur. Car la Métropole, comme les industriels, ne comprennent pas que le plus grand port de Bretagne soit complètement sous équipé dans ce domaine ».

« Je comprends que les industriels pestent et refusent ces arbitrages. Je ne leur en veux pas de ne pas être satisfaits, ils font ce qu’ils ont à faire », embraye Pascal Piriou, président du groupe Piriou, à Concarneau. « Moi, j’attends simplement un positionnement de la Région en tant que propriétaire : qu’ils nous disent quels investissements vont être faits, à quel endroit, dans quel port, pour quel usage, pour quels budget et à quel moment, surtout ».

Gaël Guillemin, DG du chantier Gléhen, implanté à Douarnenez et au Guilvinec, s’inquiète de voir « le projet brestois avancer coûte que coûte, sans considération pour ce qu’il y aurait autour d’eux. Personne ne tape du poing sur la table pour dire stop, on clôt le débat ». Il redoute de voir Brest grignoter le segment de la petite réparation, pour des bateaux de moins de 40 mètres : « On va devoir se partager le gâteau, et cela va affaiblir tout le monde ». Et ce, « alors que d’autres sites réclament des équipements pour être aux normes et travailler avec des engins décents, comme à Douarnenez où on demande le remplacement de notre outil de levage qui date des années 60 et est complètement obsolète. Alors qu’on est existants, pérennes, on se rend compte que rien n'est fait sur Douarnenez pour maintenir notre outil. D’un autre côté, on va sortir un outil de nulle part à Brest, pour une activité qui est sensiblement la même ». Il pointe un enjeu de territoire « important » et souligne le risque de créer un « déséquilibre ».

 

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