Marine Marchande

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Les investigations se poursuivent à bord du Norman Atlantic

Marine Marchande

Remorqué vendredi dernier dans le port italien de Brindisi, le ferry Norman Atlantic, ravagé le 28 décembre par un incendie, est toujours en cours d’inspection. Aucune victime supplémentaire n’a pour le moment été découverte dans le navire, dont certaines parties demeurent encore inaccessibles. Hier, trois jours après son arrivée au port, de la fumée s’échappait encore de la coque, qui continue par endroits de se consumer lentement sous l’effet de la chaleur. D’ultimes restes de la fournaise que les pompiers s’emploient à éteindre. Les secouristes cherchent notamment à atteindre les garages, notamment celui du pont 4. Les autorités italiennes redoutent notamment que des passagers clandestins s’y soient retrouvés pris au piège.

Selon le dernier bilan, le sinistre a fait au moins 11 morts et un nombre inconnu de disparus, estimé entre 10 et 15 selon le procureur de Bari, qui supervise l'enquête. Le manifeste du ferry, qui effectuait une traversée entre Patras et Ancône pour le compte de la compagnie grecque Anek Line, était en effet erroné. Alors que l’armateur affirmait dans un premier temps que 477 personnes se trouvaient à bord, dont 56 membres d’équipage, il a ensuite ramené son chiffre à 475. Mais, à la fin des opérations de sauvetage, les autorités italiennes ont annoncé que 477 personnes avaient été secourues, dont au moins trois clandestins, deux Afghan et un Syrien. En comptant les victimes, il y aurait donc eu, en fait, près de 500 passagers et marins sur le Norman Atlantic. La question est maintenant de savoir s’il y avait d’autres clandestins cachés dans le garage du ferry, là où s’est apparemment déclaré l’incendie.   

Chargé de l’affaire, le tribunal de Bari a ouvert une procédure criminelle. L’enquête devra déterminer les causes du sinistre, ainsi que d’éventuelles défaillances des systèmes de sécurité et de lutte contre le feu. Pourtant récent, puisqu’achevé en 2009 par son propriétaire, le chantier italien Visentini, situé près de Venise, le Norman Atlantic a, en effet, été touché sur presque toute sa longueur par un incendie qui s’est développé très rapidement et que rien ni personne n’a pu arrêter avant l’intervention des secours. Au-delà des aspects techniques, il conviendra de voir si l’équipage, qui avait très récemment pris en main le bateau, exploité jusqu’en septembre par l’armateur français LD Lines sur la ligne Montoir-Gijón, était suffisamment formé et a agi correctement.

Ce drame pourrait également poser la question, en fonction des résultats de l’enquête, d'une remise à plat des procédures de sécurité sur les ferries, tout comme le contrôle de la formation, mais aussi de l’aptitude de tous les membres d’équipage à gérer des situations d’urgence. 

Pollution en mer et accidents