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Les Jif Surveyor, Jif Xplorer et L’Avenir rallient Brest

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Les Jif Surveyor, Jif Xplorer et L’Avenir rallient Brest

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Deux navires de Jifmar Offshore Services basés à Bayonne, où ils travaillent pour le compte du centre DGA Essais de Missiles de Biscarosse, sont arrivés mercredi à Brest. Il s’agit du Jif Xplorer, le navire amiral de la compagnie marseillaise, et du Jif Surveyor, sa dernière acquisition. Construite par le chantier néerlandais Neptun Shipyards, d’où sont sortis d’autres bateaux de Jifmar, comme le récent Roxane Z, cette unité de support aux opérations sous-marines a rejoint le Pays Basque dès sa livraison en septembre dernier.

L’acquisition de ce navire fait suite au renouvellement mais aussi à l’extension du contrat liant Jifmar à la Direction Générale de l’Armement. En effet, dans le cadre du nouveau marché de six ans, la société met à disposition de la DGA des moyens navals supplémentaires pour la récupération d’engins en mer mais aussi la surveillance du plan d’eau suite à la fermeture l'an dernier de la base navale de l'Adour et au départ des patrouilleurs Athos et Aramis, armés par la Marine nationale.

Dans un premier temps, Jifmar avait affrété le Cable Bay, un « Tri SWATH » en aluminium de 24 mètres sorti en 2013 des chantiers australiens Austal pour être exploité sur les champs éoliens offshore britanniques. Le navire, arrivé à Bayonne en février 2015, constituait une solution transitoire en attendant la construction d’une nouvelle unité, en l’occurrence le Jif Surveyor, qui l'a remplacé.

 

Le Jif Surveyor en rade de Brest mercredi (© MICHEL FLOCH)

Le Jif Surveyor en rade de Brest mercredi (© MICHEL FLOCH)

 

Plus grand et rapide, ce monocoque mesure 31.6 mètres de long pour 7.2 mètres de large. Doté de deux moteurs Caterpillar C32 de 1081 kW chacun, ainsi que deux propulseurs d’étrave (2 x 63 kW), il peut atteindre la vitesse de 29 nœuds et dispose d’un système de positionnement dynamique Sirehna (DP1). Une capacité lui permettant de mettre en œuvre un robot télé-opéré (ROV) Seaeye Falcon 191 de Saab, pouvant plonger à 300 mètres et équipé d’un sonar, d’une caméra et d’un bras hydraulique.

Quant au Jif Xplorer, ancien thonier datant de 1991 et converti en 2010 en navire de soutien, il mesure 45.6 mètres de long pour 11.5 mètres de large. Capable d’atteindre 15 nœuds, il est équipé d’importants moyens de levage, d’un sonar et embarque un ROV de type Seaeye XT34 pouvant intervenir à 2000 mètres de profondeur.  

L’arrivée à Brest de ces navires, qui sont allés s’amarrer discrètement dans la base navale, a été doublée de celle de L’Avenir, navire de travaux sous-marins de 22 mètres appartenant à la Société Offshore Services d’Arcachon, également sous contrat avec la DGA.

 

L'Avenir en rade de Brest mercredi (© MICHEL FLOCH)

L'Avenir en rade de Brest mercredi (© MICHEL FLOCH)

 

Tir de missile balistique à l'horizon

Aucune information n’est donnée par les autorités françaises quant à la raison de la présence de cette flottille à la pointe Bretagne. Toutefois, compte tenu des missions qui leur sont habituellement assignées, il n’y a pas besoin de lire dans une boule de cristal pour en déduire qu’ils sont probablement là dans le cadre d’un prochain tir d’essais de missile balistique, annoncé par la presse locale aux alentours de la mi-juin. Un tir depuis un sous-marin nucléaire lanceur d’engins qui, s’il a bien lieu, devrait logiquement concerner la nouvelle version du M51 et sans doute permettre au passage qualifier le SNLE français venant de sortir de refonte. Dans ce cadre, les Jif Xplorer, Jif Surveyor et L’Avenir complèteraient les moyens de la Marine nationale affectés généralement à ce type de mission, comme les bâtiments de soutien, d’assistance et de dépollution Argonaute et VN Sapeur.  

On rappellera d’ailleurs, à ce sujet, que la marine française n’a procédé à aucun tir d’essais sous-marin depuis l’échec de celui effectué depuis Le Vigilant en mai 2013. La DGA avait, en revanche, réussi en septembre 2015, depuis son centre d’essais de Biscarosse, un tir de missile balistique via des installations de lancement représentatives d’un SNLE en plongée. 

 

Le tir d'essais réussi réalisé en septembre 2015 (© MINISTERE DE LA DEFENSE)

Jifmar Offshore Services Marine nationale