Marine Marchande
Les Maersk Valletta, Vancouver et Vigo abandonnés devant Bremerhaven

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Les Maersk Valletta, Vancouver et Vigo abandonnés devant Bremerhaven

Marine Marchande
Ce n’est que lundi soir que la situation a été communiquée officiellement par l’Havariekommando, l’organisation de sauvetage maritime allemande. Pourtant cela fait depuis mi-juillet que trois porte-conteneurs de 1900 EVP (équivalent vingt pieds – taille standard du conteneur), les Maersk Valletta, Vigo et Vancouver, sont immobilisés au mouillage devant le port allemand de Bremerhaven. Avec à leurs bord 40 marins qui n’ont pas été payés depuis deux mois. « C’est un drame humanitaire qui est en train de se dérouler », s’indigne Uwe Beckmeyer, député SPD de Brême, en charge des affaires maritimes au Bundestag.
 
 
Fin du contrat d’affrètement de Maersk début juillet
 
 
A l’origine, vraisemblablement, de cette situation, il y a la fin du contrat d’affrètement qui liait Maersk Line avec Conade, compagnie basée à Casablanca et propriétaire des trois navires. Elle possède également le Maersk Venice, de la même série. La fin de l’affrètement a été effectif début juillet et un porte-parole de Maersk Line a précisé que son armement ne souhaitait pas le reconduire. C’est donc 15 jours plus tard que les navires se sont arrêtés. La presse allemande croit savoir que les navires seraient peut-être vendus à un armateur hambourgeois, d’où leur présence dans la zone. Mais, en attendant, cette transaction n’a toujours pas été effectuée. Et la Conade, visiblement prise dans des tourments financiers, a stoppé tout versement de salaire et toute dépense liée à l’entretien des navires.
 
 
Une situation cauchemardesque à bord des navires
 
 
Les autorités allemandes ont donc décidé de prendre les choses en main. Une délégation de l’Havariekommando, comprenant notamment un chef mécanicien et un médecin, s’est rendue à bord il y a quelques semaines. Ils ont décrit une situation cauchemardesque : plus d’eau douce, plus de vivres, des groupes électrogènes peinant à fournir de l’électricité. Revenus à bord en début de semaine, ils ont apporté de quoi nourrir et soigner les marins, ainsi que de l’huile et des éléments pour entretenir le navire. Un psychologue s’est également rendu sur les bateaux.  La fédération des syndicats des ouvriers du transport ITF s’est saisie de la situation. Le pavillon des navires, Gibraltar, a levé les certificats de navigation. Les navires devront donc être pris en charge dans un port allemand.
 
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