Marine Marchande
Les marins des Phares et Balises inquiets pour leur avenir et celui du balisage
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Les marins des Phares et Balises inquiets pour leur avenir et celui du balisage

Marine Marchande

Les navigants de l’Armement des Phares et Balises continuent à s’interroger sur leur avenir. La direction des Affaires maritimes et l’APB se sont engagés dans une évolution du format de la flotte qui va se traduire par la réduction du nombre de bateaux (selon les scénarios de 7 à 9 des 36 navires répartis le long de la côte) et des effectifs (20 à 25% des 260 marins). « On ne sait pas si le scénario proposé par l’APB qui prévoyait une réduction de 7 à 9 des 36 navires que nous armons actuellement et de 20 à 25% des 260 marins va être accepté. On pourrait voir à terme le remplacement de deux navires anciens par un neuf. Mais ce qui est sûr, c’est que ce plan de réduction va être engagé et qu’on devrait avoir la décision finale d’ici la fin de l’année», détaille Christophe Roger, représentant CFDT des officiers de l’APB. (Voir notre article détaillant ce scénario).

Un balisage a minima?

« Mais ce n’est pas ce qui nous inquiète le plus. Nous comprenons que, dans le cadre de cette rationalisation, ce n’est pas seulement le nombre de navires qui pourrait être touché, mais le périmètre de balisage lui-même. On entend de plus en plus parler de la définition de deux types de balisages : celui pour les professionnels de la mer que nous continuerions à assurer et celui dit « de confort » correspond aux besoins de la plaisance. Ce dernier pourrait être transféré aux collectivités locales, ce qui impliquerait un très gros budget supplémentaire pour les communes concernées ». A plus long terme, les délégués syndicaux CFDT craignent même « une privatisation totale » du service. « On entend beaucoup que cela se fait ailleurs en Europe et que de nombreux armateurs, notamment ceux qui interviendraient sur l’entretien des futurs champs éoliens offshore, seraient intéressés ».

Du côté de la direction de l’APB, on se veut rassurant. « La direction des Affaires maritimes et l’APB ont engagé une démarche pour l’optimisation et la modernisation du format de la flotte », explique Antoine Matthys, directeur de l’APB. Cette démarche consiste « d’une part à moderniser les navires. Les évolutions technologiques, tant sur les aides à la navigation en mer que sur les navires, permettent d’envisager de nouvelles organisations » et d’autre part à « optimiser le déploiement des moyens en pré-positionnant les navires et leurs équipages aux meilleures localisations avec une logique d’extension de leurs rayons d’interventions ». Selon lui « l’objectif est de continuer à fournir un niveau de service de qualité, régulier et fiable avec un flotte plus performante et mieux utilisée pour répondre aux besoins de la signalisation maritime ». Et en ce qui concerne une éventuelle privatisation, Antoine Matthys se montre confiant : « Dans les examens qui sont conduits, l’ensemble des aides à la navigation qui sont suivies aujourd’hui par les services des phares et balises et l’armement des phares et balises est pris en compte pour la détermination de la flotte de demain. Il n’est pas prévu à ce stade le transfert de compétences ou de gestions vers des opérateurs tiers ».