Marine Marchande
Les marins du cargo Winner portent plainte contre la France

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Les marins du cargo Winner portent plainte contre la France

Marine Marchande

Nouveau soubresaut dans l'affaire du Winner, ce cargo arraisonné en 2002 avec 80 kilos de cocaïne à bord et gisant depuis à l'état d'épave dans le port de Brest. La Cour européenne des droits de l'homme a examiné cette semaine une plainte de 9 des marins du Winner. Ces derniers attaquent la France pour des irrégularités dans leur détention durant 13 jours à bord de leur navire. Ils affirment également que l'arraisonnement du Winner par une frégate française, au large du Cap Vert, était illégal. Une précédente procédure judiciaire, menée en France il y a cinq ans, s'était soldée par un rejet de leur pourvoi en Cassation. Les magistrats avaient en effet estimé que l'arraisonnement était légal, l'Etat où était enregistré le Winner (Cambodge) ayant donné son accord aux autorités françaises pour intervenir. La Cour n'avait, par ailleurs, pas décelé d'irrégularité dans les procédures employées dans cette affaire.
La Cour européenne des droits de l'homme statuera dans quelques mois.
Les autorités françaises, de leur côté, soupçonnent l'équipage d'avoir jeté par-dessus bord l'essentiel de la cargaison de cocaïne, estimée à 2 tonnes.

 Le Winner dans la base navale de Brest (© : MER ET MARINE)
Le Winner dans la base navale de Brest (© : MER ET MARINE)


En juillet dernier s'était tenu à Nantes le procès en appel de trois marins du Winner, deux ans après leur condamnation devant la cour d'assises spéciale de Rennes. Le capitaine grec a écopé de 20 ans de prison, soit une peine identique à celle prononcée en première instance. Le mécanicien chypriote a, en revanche, vu sa condamnation réduite d'un an, passant de 18 à 17 ans de réclusion. Enfin, les assises de Nantes ont été plus sévères concernant le marin chilien, qui a vu sa condamnation passer de 10 à 12 ans de réclusion.
Quant au Winner, bloqué depuis six ans dans la base navale de Brest, son état est devenu déplorable. Entouré de barrages antipollution, il ne pouvait pas être traité avant que tous les recours judiciaires en France soient épuisés. La condamnation de juillet 2007 étant définitive, le cargo a pu être remis aux Domaines. Ces derniers ont lancé début 2008 un appel d'offres en vue de vidanger les soutes et d'extraire les bouteilles de gaz sous pression. Un autre marché devrait ensuite être passé pour désamianter le navire. Il deviendra alors possible de le démanteler avec tout de même une question : Le prix de vente de la ferraille sera-t-il suffisant pour compenser les frais de dépollution engagés par l'Etat ?