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Les migrants meurent par centaines en Méditerranée

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Les migrants meurent par centaines en Méditerranée

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Près de 400 migrants auraient péri en début de semaine dans le naufrage de leur embarcation devant les côtes calabraises. Ce chiffre, établi avec le témoignage des 150 survivants recueillis par les garde-côtes italiens, place ce nouveau drame à la hauteur de celui de Lampedusa, en octobre 2013.  Il porte le bilan 2015 à 900 péris en mer, contre 47 à la même époque en 2014. Près de 42 embarcations du même type ont été secourues dans les seules journées de dimanche et lundi par la flotte italienne, ainsi que par les moyens de l’opération européenne Triton. Plus de 10.000 personnes ont été débarquées en Italie depuis le début du mois d’avril.

Des bateaux de plus en plus gros et délabrés, des passeurs armés

Le flux migratoire, et les drames qu’il occasionne, n’est pas près de se tarir.  Les derniers chiffres de l’agence européenne Frontex font état de prévisions oscillant entre 500.000 à 1 million de personnes qui emprunteront la route de migration devenue la plus mortelle au monde. Les réfugiés, venant majoritairement d’Erythrée, de Syrie et d’Afrique sub-sahariennes, se concentrent dans des camps libyens, dans des conditions misérables et un contexte de trouble politique majeur particulièrement dangereux et favorable aux trafiquants.

Ces derniers, les passeurs, n’hésitent plus à utiliser les « gros moyens » : récupération de vieux cargos dans des chantiers de démolition de la région du Proche Orient, bateaux de plus en plus délabrés et surchargés. Et il y a, désormais, des armes à bord. En début de semaine, des passeurs n’ont pas hésité à ouvrir le feu sur des bateaux venus secourir des migrants. La plupart du temps, il s'agit de passeurs venus de la côte lybienne qui menacent les sauveteurs pour récupérer les embarcations, devenues plus rares, et ainsi les réutiliser pour organiser de nouveaux passages. 

Le Phoenix de MOAS repart en campagne pour six mois

C’est dans ce contexte particulièrement dramatique que l’organisation non gouvernementale MOAS (Migrant Offshore Aid Station) va lancer sa deuxième campagne, le 2 mai prochain, en partenariat avec Médecins Sans Frontière. Fondée par un couple philanthrope de Malte, l’association a acheté un navire de 40 mètres armé pour venir en aide aux migrants en détresse. En 2014, le Phoenix a mené une campagne de six semaines dans le cadre de l‘opération Mare Nostrum durant laquelle l’équipe avait pu recueillir 3400 naufragés.

Cette année, MOAS va repartir pour 6 mois. Grâce à des dons et des opérations de levées de fonds auprès du grand public, l’ONG va patrouiller dans la zone de Malte et du sud de l’Italie.

Voir notre article détaillé sur MOAS et le lien vers le site de l'association

 

Le Phoenix de MOAS et son drone (MOAS)

Le Phoenix de MOAS et son drone (MOAS)

 

Et maintenant, que fait l'Europe?

 

Si les garde-côtes italiens effectuent un travail remarquable devant les côtes siciliennes et calabraises, le large est désormais bien vide de toute présence étatique depuis la fin de l’opération Mare Nostrum. Les unités de Triton ne peuvent quadriller la zone et c’est bien souvent les marins de commerce qui se retrouvent aux premières loges en matière de sauvetage. Avec, malgré toute leur bonne volonté, que peu de formation en la matière et la nécessité d’effectuer des manœuvres inadaptées voire dangereuses pour eux et les naufragés. D’où les appels conjoints des armements et des syndicats pour que l’Union européenne relance rapidement une opération navale d’envergure.