Vie Portuaire
Les nouveaux remorqueurs nazairiens

Reportage

Les nouveaux remorqueurs nazairiens

Vie Portuaire
Marine Marchande

Le VB Concorde et son sistership VB Mirage, deux nouveaux remorqueurs pour Boluda construits par Piriou sont arrivés en provenance du Vietnam le 8 août à Montoir en pontée du transport de colis lourd Anne Sofie de la compagnie allemande SAL Heavy Lift.

Débarqués ils ont été pris en remorque pour rejoindre le quai de la Vieille Ville dans les bassins de Saint-Nazaire où la réception depuis les chantiers vers l’armateur fut faite ainsi que les essais, l’armement en matériel, prise en mains par les équipages, visites réglementaires, etc. 

 

Arrivée en Loire le 8 août du cargo transport de colis-lourds Anne Sofie aidé sur l’arrière par le VB Typhon, de la même série mais de la génération précédente

Arrivée en Loire le 8 août du cargo transport de colis-lourds Anne Sofie aidé sur l’arrière par le VB Typhon, de la même série mais de la génération précédente (© CHRISTIAN HERROU)

 

 

Mi-septembre le VB Concorde prendra ses tours de service pour Boluda Saint-Nazaire, il sera armé par les équipages qui servaient auparavant le VB Pouliguen.  

Une fois le VB Concorde en service ce sera au tour du VB Mirage de faire ses essais et d’être armé.

Ces remorqueurs mesurent 30,3 mètres de long pour 10,4 mètres de large, avec un creux ce 4,45 mètres. Equipés de deux moteurs diesels Caterpillar de 2245 kW et deux propulseurs Schottel, ils peuvent atteindre une vitesse de 12,5 nœuds et présentent une traction au point fixe en marche avant de 73 tonnes.

Ils font partie d’une commande de Boluda France portant pour le moment sur six remorqueurs identiques, les deux prochains baptisés VB Surprise et VB Achéron seront mis en service à Marseille/Fos puis les deux suivants devraient être le VB Longchamps pour Le Havre tandis que le VB Gardian n’a pas encore de port attribué. 

D’un autre coté les VB Pouliguen, Pornichet, Belle-Ile et Saint-Denis actuellement basés à Saint-Nazaire, La Rochelle et Brest quitteront la France.

 

Le VB Concorde lors de ses premiers essais en mer le 20 août

Le VB Concorde lors de ses premiers essais en mer le 20 août (© CHRISTIAN HERROU)

Le VB Concorde lors de ses premiers essais en mer le 20 août

Le VB Concorde lors de ses premiers essais en mer le 20 août (© CHRISTIAN HERROU)

 

Une flotte moderne puissante et adaptée au port de Saint-Nazaire

Avec l’arrivée de ces deux nouveaux remorqueurs mais aussi par des changements internes au sein de Boluda, la flotte nazairienne de l’armement sera considérablement rajeunie, plus puissante et toujours mieux adaptée pour servir le port.

Le nombre de remorqueurs restera à sept coques, mais alors que l’âge moyen est actuellement d’un peu plus de 20 ans et que la traction totale est de 359 tonnes, en début d’année prochaine cette moyenne d’âge chutera à un peu moins de 10 ans tandis que la traction totale passera à 409 tonnes. 

A cela il faut ajouter qu’il y aura seulement deux types de remorqueurs avec quatre ASD de 70 tonnes et plus, ainsi que trois remorqueurs azimutaux type « passerelle diamant » de 40 tonnes de tractions. Là où travaillent aujourd’hui cinq types de bateaux différents hérités du rassemblement de plusieurs compagnies de remorquage qui formèrent les Abeilles dans les années 90.  Situation qui n’est jamais très simple en matière d’entretien de remplacement, voire même pour les utilisateurs tels que les pilotes de port.

22 remorqueurs ASD de 30 mètres Piriou en service au sein de Boluda France

Ces remorqueurs portuaires sont de type ASD pour Azimutal Stern Drive.  La coque est celle d’un remorqueur classique si ce n’est que l’on trouve sous la voûte arrière deux propulseurs Z-drive pouvant être dirigés indépendamment sur 360° dans la direction voulue. Les moteurs sont placés de façon quasi conventionnelle dans le ventre de la coque et ont un arbre de transmission qui court jusque sous la plage arrière vers la tête des propulseurs.

En travail portuaire la remorque est crochée à l’opposé de la propulsion, c’est donc sur la plage avant que se trouve le treuil principal. Ces remorqueurs sont faits pour travailler dans le sens du convoi s’ils sont en flèche arrière, remorque sur l’arrière du navire assisté et prise depuis l’avant du remorqueur. Dans le cas où ils sont en flèche avant ils sont nez à nez avec l’assisté qu’ils remorquent alors en marche arrière. Ils peuvent aussi être utilisés en pousseur sur les côtés.

Un avantage dans certains cas est d’abord d’avoir un grand bras de levier entre la propulsion et le point d’attache de la remorque, ce bras de levier est presque de la longueur du remorqueur là où il est d’à peine une demie longueur pour un remorqueur tracteur. Un autre avantage est que la coque est classique et que le navire tient mieux à la mer que les tracteurs qui ont obligatoirement un plus faible tirant d’eau pour la coque elle-même.   

Le VB Concorde, avec cette série de six nouveaux remorqueurs est en fait une nouvelle génération, la quatrième pour Boluda France d’un modèle existant et déjà très présent depuis une quinzaine d’années dans les ports français avec seize proches sisterships servant les ports de Dunkerque, Le Havre, Saint Nazaire et La Réunion.

Pour les chantiers Piriou c’est la cinquième génération sur cette coque avec le tout premier qui fut en 2001 l’Aïto Nui pour le Port Autonome de Papeete. C’était également le premier remorqueur de type ASD construit par le chantier concarnois.  Un remorqueur très réussi de sorte qu’un peu plus tard, lorsque les Abeilles commandèrent deux ASD pour Le Havre et St Nazaire, c’est le même plan de coque qui fut utilisé.

Il a parfois été dit à cette époque que ces remorqueurs étaient des copies de ceux construits par Damen. Il est vrai que l’allure et la silhouette sont proches mais la coque est foncièrement différente et réellement dessinée pour un ASD avec des flancs inclinés et un fond en « V » tandis que celles de Damen étaient plus ventrues, flancs droits, fond plat et avec de moins belles entrées d’eau.

L’Aïto Nui n’avait que 40 tonnes de traction au point fixe, avec la seconde génération la traction est passée à 57 tonnes.  L’Abeille Barfleur (aujourd’hui VB Barfleur) et le Croisic sont entrés en service au Havre et à Saint Nazaire en 2003/4.

 

Le Croisic, première génération de ces remorqueurs ASD pour Boluda construit par Piriou

Le Croisic, première génération de ces remorqueurs ASD pour Boluda construit par Piriou (© CHRISTIAN HERROU)

 

Suite à une nouvelle commande des Abeilles, huit coques directement inspirées furent ensuite livrées à partir de 2007 par les chantiers Piriou de Concarneau, avec les VB Camargue, VB Octeville, VB Rhône, VB Yport, VB Puissant, VB Adroit, VB Crau et VB Esterel. C’est au cours de la livraison de cette série que la compagnie les Abeilles fut reprise par Boluda avec parfois le préfixe VB remplaçant celui d’Abeille reçu au neuvage.

 

L’Abeille Camargue devenue aujourd’hui VB Camargue, une très belle carène commune à tous ces remorqueurs ASD, les propulseurs sous la voûte arrière

L’Abeille Camargue devenue aujourd’hui VB Camargue, une très belle carène commune à tous ces remorqueurs ASD, les propulseurs sous la voûte arrière (© CHRISTIAN HERROU)

 

Un œil non averti aura du mal à différencier les VB Barfleur ou Croisic de ces huit remorqueurs.  En fait il y eu essentiellement deux améliorations.

La plus visible est à l’extérieur avec la vision depuis la timonerie : celle-ci n’était pas excellente vers l’avant pour la partie haute. Lorsque le remorqueur est en présentation sous l’étrave d’un navire à assister et que tous les deux sont nez à nez, la vision vers le haut de l’étrave du navire est primordiale. 

Sur cette série de huit la casquette sur l’avant de la passerelle a donc été modifiée pour recevoir de plus grands vitrages.

Mais il y eu surtout un accroissement de traction : tandis que les deux premiers avaient 57 tonnes, il était demandé aux nouveaux d’avoir 65 tonnes de traction. Pour cela les moteurs, sur une même base, ont eu leur puissance augmentée, passant à 1945 kW chacun. Comme à bord de toutes les Abeilles lancées en France depuis le milieu des années 90, il s’agissait de moteurs Anglo Belgian Corp. (ABC) construits à Gand en Belgique.

Les propulseurs Schottel type 1215 ont été remplacés par des 1515 avec une hélice un peu plus grande, passant de 2,40 mètres de diamètre pour les premiers à 2,70 mètres pour les nouveaux. Évidement la coque a un peu évolué mais à peine puisque les formes ont été préservées et seul le creux a été augmenté de 10 cm au niveau du pont, passant de 4,35 mètres  à 4,45 m.

Puis ce sera une troisième série pour Boluda France avec six nouveaux ASD sur cette même base, de coque, même longueur et même allure générale.  Toujours construits par les chantiers Piriou mais cette fois au Vietnam à Nhae Be près d’Ho Chi Minh Ville.  Il aurait été difficile de faire autrement alors que les prix du marché étaient en partie dictés par le principal concurrent européen qui depuis quelques années déjà faisait construire ses remorqueurs au Vietnam, en Chine ou Roumanie.

 

VB Puissant, seconde génération et VB Cyclone troisième génération. Remarquez les treuils de remorque différents (plage avant) et la position des canons à eau (FiFi)

VB Puissant, seconde génération et VB Cyclone troisième génération. Remarquez les treuils de remorque différents (plage avant) et la position des canons à eau (FiFi) (© CHRISTIAN HERROU)

 

Entre 2015 et 2017 seront livrés les VB Cyclone, VB Ouragan, VB Tempête, VB Tornade, VB Typhon et VB Volcan.

Cette fois encore la traction est améliorée et passe à 70 tonnes, les moteurs sont des ABC 8DZ de 1945 kW, les propulseurs sont des SRP 1515 FP équipés d’hélices de 2,60m.

Les aménagements furent un peu modifiés, les treuils de remorque sont différents, les FiFi (canons à eau) ne sont plus sur le toit de la timonerie mais sur l’avant des superstructures/emménagements. 

Encore une fois un œil non averti ne trouvera pas grandes différences alors que déjà au sein d’une même série tous les bateaux ne sont pas non plus identiques mais adaptés aux ports où ils travaillent. Certains sont équipés d’échelles de quai car ils servent des ports subissant la marée, quelques bateaux ne sont pas équipés de FiFi 1, tous ne sont pas équipés de treuils de mer en plage arrière mais juste d’un enrouleur de remorque,etc. 

Aujourd’hui avec le VB Concorde et la quatrième série au sein de Boluda, les bateaux sont  toujours construits chez Piriou Vietnam. La coque et l’allure générale sont identiques.

 

Le VB Concorde lors de ses premiers essais en mer le 20 août (© CHRISTIAN HERROU)

Le VB Concorde lors de ses premiers essais en mer le 20 août (© CHRISTIAN HERROU)

 

Ici encore un accroissement de la traction était demandé mais il n’était plus possible dans un encombrement identique d’augmenter la puissance des moteurs ABC équipant les séries précédentes. Ce sont alors pour la première fois des moteurs Caterpillar qui équipent ces bateaux, Caterpillar type 3516C de 2245 kW.  Les propulseurs, toujours fournis par Schottel, sont ici des SRP460 FP avec des hélices de 2,70m.

D’un point de vue général c’est la circulation sur les ponts qui a le plus changé avec un réel accès à la plage avant depuis la passerelle par une porte sur chaque bord de la timonerie qui donne sur un aileron assez large sans que la porte ouverte ne gêne pas le passage puis une vraie descente sur l’avant des superstructures. L’accès est aussi amélioré vers la plage arrière avec une descente depuis l’arrière de la timonerie.

La timonerie de ces remorqueurs est typique de ce qu’il se fait aujourd’hui, avec une visibilité à 360°. La personne à la manœuvre est assise sur un siège au centre, avec une console sur chaque bord où l’on trouve les deux poignées de commande, une pour chacun des propulseurs, celles-ci  tournent pour la direction et un levier de gaz se trouve au-dessus. Sur les consoles se trouvent aussi tous les équipements tels la radio, l’écran radar et de navigation, les alarmes…  La meilleure vision est vers l’avant, on est sur un ASD !  Le treuil de remorque avant est en vision directe alors que celui de l’arrière est visible via une caméra sur un écran.

 

La timonerie avec une vision a 360°, classique sur ce type de remorqueur 

La timonerie avec une vision a 360°, classique sur ce type de remorqueur (© CHRISTIAN HERROU)

 

La partie vie est très classique et confortable. Au niveau du pont principal on trouve l’espace commun qui consiste en une grande pièce avec une cuisine à tribord et un carré à bâbord. Ensuite vers l’avant il y a un demi-étage à descendre pour atteindre les deux cabines équipage, spacieuses et prévues chacune pour deux personnes. Cependant l’équipage normal est de quatre personnes avec deux officiers, un bosco et un ouvrier machine : en temps normal chacun a donc sa cabine avec ses sanitaires individuels. Dans les cabines équipage la seconde couchette serait utilisée en cas par exemple de remorquage hauturier demandant un surplus de main d’œuvre.

 

Le carré, le bateau est tout neuf, il aura plus de personnalité bientôt

Le carré, le bateau est tout neuf, il aura plus de personnalité bientôt (© CHRISTIAN HERROU)

 

Au même niveau que les cabines équipage se trouve aussi un vestiaire pour les tenues de travail.  Si l’on descend encore d’un demi-étage on arrive à la machine avec d’abord une pièce insonorisée pour tous les tableaux de commande. Sur l’arrière, la machine elle-même, très classique avec les deux moteurs en abord, désormais jaune Caterpillar et un groupe au centre. Tout à fait à l’arrière, après une porte étanche, se trouve le local Schottel avec les têtes de propulseurs.

Sur l’avant de la partie machine il y a un magasin ainsi que le propulseur d’étrave Hydro Armor type 2400 de 215 kW. 

 

Le jaune Caterpillar remplace le vert clair des moteurs ABC équipant les sister-ships des générations précédentes (© CHRISTIAN HERROU)

Le jaune Caterpillar remplace le vert clair des moteurs ABC équipant les sister-ships des générations précédentes (© CHRISTIAN HERROU)

Caterpillar 3516C de 2245kW (moteur bâbord)

Caterpillar 3516C de 2245kW (moteur bâbord) (© CHRISTIAN HERROU)

Chacun des deux moteurs principaux peut entraîner une pompe incendie alimentant les deux canons à eau et l’auto arrosage (FiFi classe 1) ou les pompiers à terre

Chacun des deux moteurs principaux peut entraîner une pompe incendie alimentant les deux canons à eau et l’auto arrosage (FiFi classe 1) ou les pompiers à terre (© CHRISTIAN HERROU)

Sous la plage arrière la tête du propulseur tribord Schottel SRP 460 FP. L’arbre d’entraînement depuis le moteur est sous la tôle en U inversé (premier plan à droite) (© CHRISTIAN HERROU)

Sous la plage arrière la tête du propulseur tribord Schottel SRP 460 FP. L’arbre d’entraînement depuis le moteur est sous la tôle en U inversé (premier plan à droite) (© CHRISTIAN HERROU)

 

Depuis le carré on peut monter d’un demi étage et arriver aux deux cabines officier également spacieuses. Elles disposent de deux hublots donnant sur le pont, les cabines équipage ont un hublot sur la coque.

 

Cabine officier, agréable et confortable avec sanitaires individuels 

Cabine officier, agréable et confortable avec sanitaires individuels (© CHRISTIAN HERROU)

 

Un demi étage plus haut et l’on arrive au niveau du local climatisation et des tableaux électriques; au-dessus se trouve la timonerie.

A l’extérieur, il y a sur l’avant le treuil de remorque principal associé au treuil d’ancre avec deux barbotins ainsi que deux poupées de guindeau sur l’extérieur. La partie remorque est divisée en deux tambours pouvant recevoir une remorque synthétique en Strongline de 120 mètres pour un diamètre de 80mm.  Il y a deux « A » (passage de remorque), un en face de chaque tambour.

 

Le treuil de remorque portuaire sur l’avant. Pas encore gréé, il recevra deux remorques Strongline de 80 mm et 120 mètres de long 

Le treuil de remorque portuaire sur l’avant. Pas encore gréé, il recevra deux remorques Strongline de 80 mm et 120 mètres de long (© CHRISTIAN HERROU)

 

Le treuil de mer ici temporairement équipé d’une remorque textile pour les essais de traction. Il pourra recevoir un câble de 48mm et 950 mètres de long mais ne sera pas toujours gréé 

Le treuil de mer ici temporairement équipé d’une remorque textile pour les essais de traction. Il pourra recevoir un câble de 48mm et 950 mètres de long mais ne sera pas toujours gréé (© CHRISTIAN HERROU)

 

A l’arrière le treuil de mer n’a qu’un seul tambour, pouvant recevoir  le cas échéant 950 mètres de câble de 48 mm, mais ce treuil n’est pas gréé actuellement.

Les treuils de remorque principaux et de mer à l’arrière sont hydrauliques, il s’agissait de Kraaijeveld pour la série précédente, ce sont ici des DMT Marine.

Sur l’avant de la timonerie, on trouve deux canons incendie (FiFi 1) capables de délivrer 2x1200 m³/heure.  Il y a aussi des changements avec les précédentes générations, la sortie des tuyaux depuis les pompes attelées en salle de machine se font ici via les cheminées et des canons à eau de chez Jason remplacent les FFS sur les précédents. 

 

L’avant des superstructures avec les canons à eau et en dessous les clarinettes permettant de fournir de grandes quantités d’eau sous pression vers des pompiers à terre (© CHRISTIAN HERROU)

L’avant des superstructures avec les canons à eau et en dessous les clarinettes permettant de fournir de grandes quantités d’eau sous pression vers des pompiers à terre (© CHRISTIAN HERROU)

 

Sur chaque bord au niveau de la plage avant, sous les canons à eau on trouve des clarinettes pour le branchement de manches incendies qui alimenteraient en cas de besoin des moyens terrestres sur le quai.  Les pompiers à terre disposent ainsi d’un fournisseur d’eau en grande quantité et forte pression.  Bien entendu le bateau lui-même dispose d’un auto arrosage par rideau d’eau.

Un article de Christian Herrou

 

(© CHRISTIAN HERROU)

(© CHRISTIAN HERROU)

Boluda Port de Nantes Saint-Nazaire Piriou