Croisières et Voyages
Les paquebots Astor et Karnika ont rejoint les chantiers de démolition d'Aliaga et Alang

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Les paquebots Astor et Karnika ont rejoint les chantiers de démolition d'Aliaga et Alang

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Malgré une tentative de sauvetage de dernière minute menée depuis l’Allemagne, l’Astor a bien été échoué hier sur les plages des chantiers de démolition d’Aliaga, en Turquie. C’est le sixième paquebot, depuis le mois de juillet, à y être envoyé se faire déconstruire. Il rejoint ainsi les anciens Sovereign et Monarch de Royal Caribbean, ainsi que les Carnival Fantasy, Carnival Inspiration et Carnival Imagination. D’autres devraient suivre dans les mois qui viennent, les compagnies de croisière, dans l’incapacité de reprendre leur activité à court terme, ayant décidé de rationaliser leurs flottes en se débarrassant des unités les plus anciennes et les moins rentables.

Une fin prématurée liée à la faillite de son armateur

Dans le cas de l’Astor, le navire avait encore du potentiel, mais le marché n’est plus là et, surtout, son armateur, la compagnie britannique Cruise & Maritime Voyages, a fait faillite cet été. Ses cinq paquebots ont été mis aux enchères et l’Astor, qui n’a pas trouvé de repreneur pour lui offrir une nouvelle vie, a été acquis pour seulement 1.7 million de dollars et vendu à la casse. Une belle affaire pour les ferrailleurs turcs.

Sorti en 1987 des chantiers HDW de Kiel, en Allemagne, l’Astor mesure 176.5 mètres pour une jauge de 20.700 GT et compte 297 cabines. Il devait normalement poursuivre sa carrière en 2021 sur le marché français, sous le nom de Jules Verne, pour le compte de Croisières Maritimes & Voyages, la filiale française de CMV créée fin 2019 et qui a coulé en même temps que sa maison-mère.

- Voir notre reportage réalisé sur l'Astor en 2019, au moment où il devait passer chez CMV France

 

L'Astor sur la Seine en 2015 (© FABIEN MONTREUIL)

L'Astor sur la Seine en 2015 (© FABIEN MONTREUIL)

 

Le reste de l’ex-flotte de CMV se repositionne

Quant aux autres navires de CMV, le Vasco da Gama (219 mètres, 55.400 GT, 1260 passagers), mis en service en 1993, il a été repris par le groupe portugais Mystic. Le navire a appareillé le 21 novembre du port britannique de Tilbury, où avait été regroupée la flotte de CMV, et fait route vers Lisbonne, où il est attendu ce mardi. Le Magellan (1985, 222 mètres, 46.000 GT, 1450 passagers) et le Columbus (1988, 247 mètres, 63.500 GT, 1800 passagers) ont quant à eux été rachetés par l’armateur grec Seajet. Le Magellan, parti de Tilbury le 11 novembre, est actuellement en attente à Gibraltar, où est en train d’arriver le Columbus, qui a quitté le Royaume-Uni une semaine plus tard. Le vénérable Marco Polo (1965, 176 mètres, 22.000 GT, 820 passagers), est enfin tombé dans l’escarcelle d’un repreneur encore inconnu. Après avoir quitté Tilbury et s’être avitaillé à Falmouth, il a appareillé le 22 novembre, avec pour destination annoncée Dubaï, où il est supposé arriver mi-décembre. Il conviendra de voir si le Marco Polo s’arrête là où s’il poursuit, par exemple vers les chantiers de démolition d’Alang, en Inde.

 

Le Karnika à ses débuts au sein de Jalesh Cruises (© JALESH CRUISES)

Le Karnika à ses débuts au sein de Jalesh Cruises (© JALESH CRUISES)

 

La fin de Jalesh Cruises et de l’ex-Pacific Jewel

C’est là qu’est arrivé le 21 novembre un autre paquebot, le Karnika de l’ex-compagnie indienne Jalesh Cruise, une autre victime de la crise. Ce navire de 245 mètres, 69.800 GT et 2000 passagers, sorti en 1990 des chantiers italiens Fincantieri, a d’abord été exploité sous le nom de Crown Princess par la compagnie Princess Cruises. Il était devenu en 2002 A’Rosa Blu puis en 2004 AIDAblu et en 2007 Ocean Village Two. C’est en 2009 qu’il avait été transféré chez P&O Cruises Australia, où il naviguait sous le nom de Pacific Jewel avant d’être racheté par Jalesh Cruises. Cette dernière, première compagnie locale à exploiter un tel paquebot sur le marché indien, avait débuté ses opérations en avril 2019 et comptait acquérir un second navire pour développer le marché national. Mais la crise du coronavirus a mis un terme à cette aventure. A l’arrêt depuis le mois de mars et cumulant les dettes, la compagnie a été contrainte de jeter l’éponge, alors que la soixantaine de marins encore présents sur le Karnika ont vécu pendant plusieurs mois une situation très difficile à bord. Le paquebot a finalement appareillé le 20 novembre de la baie de Mumbai, où il était au mouillage depuis le 8 août, et est arrivé le lendemain à Alang.

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