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Les pêcheurs français vont pouvoir retourner dans les eaux de Guernesey
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Les pêcheurs français vont pouvoir retourner dans les eaux de Guernesey

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Les pêcheurs français privés d’accès aux eaux de l’île anglo-normande de Guernesey depuis samedi, jour de l’entrée en vigueur du Brexit, devraient pouvoir y retourner d’ici à la fin de semaine.

« Je pense que d’ici à la fin de la semaine, si on travaille comme on se l’est dit, les choses vont rentrer dans l’ordre », a déclaré Amélie de Montchalin, secrétaire d’État chargée des affaires européennes, en marge d’une visite d’une entreprise de mareyage près de Caen. « On a un accord diplomatique. On a reçu une lettre formelle de sa Majesté la couronne (…) On a un accord politique (…) Maintenant, on est dans la mise en œuvre. On va, par exemple, demander des immatriculations internationales à des pêcheurs qui parfois n’en ont pas. Il y a des petites démarches administratives », a précisé la secrétaire d’État, accompagnée de la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye.

Une liste de bateaux prévalidée

La Commission européenne « a prévalidé une liste de bateaux » qui veulent pêcher à Guernesey et « on a un accord avec Guernesey pour qu’ils ne prélèvent pas d’argent, que ce soit sans frais », a aussi indiqué Amélie de Montchalin qui s’était auparavant rendue à Port-en-Bessin (Calvados). « C’est un sujet où il y a eu mobilisation générale, Didier Guillaume (ministre de l’Agriculture, ndlr), le Premier ministre, le Président », a-t-elle ajouté.

Pour les pêcheurs, il est important « qu’on ne crée pas un précédent en restreignant une petite zone au milieu de la Manche pour des raisons diplomatiques », a dit Amélie de Montchalin.

Une centaine de bateaux bretons concernés

Selon le président du comité régional des pêches de Normandie, Dimitri Rogoff, « une petite cinquantaine de bateaux normands et plus d’une centaine de bateaux bretons sont plus ou moins dépendants » des eaux de Guernesey. Selon le comité des pêches breton, ils sont « une petite centaine » en tout sur les deux régions.

Le gouvernement avait annoncé samedi que les autorités de Guernesey avaient « temporairement suspendu » l’accès des navires de pêche français aux eaux de l’île anglo-normande. Guernesey a « un statut très spécial », qui relève de la couronne britannique et non du gouvernement britannique, a rappelé la ministre.

« Le bazar dès le lendemain du Brexit »

« Vous avez vu avec Guernesey. Déjà le lendemain du Brexit, c’est le bazar », a confié Didier Lequertier, le patron de l’entreprise de mareyage d’une centaine de salariés, avant l’arrivée des ministres. « C’est une mauvaise séquence au départ du Brexit parce qu’il a fallu dire aux bateaux le 30 janvier « vous dégagez pour le 31 janvier ». Certains ne sont toujours pas repartis en mer parce qu’ils sont privés de leur zone. Mais il y a une volonté de s’en sortir de part et d’autre », a commenté Dimitri Rogoff.

« On a envoyé un signe fort à l’Europe et au gouvernement français que si à la fin de l’année ça se passe comme ça, ça va être un bordel sans nom », a-t-il ajouté. Selon lui, des « négociations entre la grande puissance maritime française et le petit État de Guernesey » ont, dans un premier temps, « échoué vendredi matin ». Guernesey « avait la pression de Boris Johnson qui disait « molissez pas ». La presse britannique s’est emparée du sujet pour dire « voilà, on est sorti et on commence par les foutre dehors »», a poursuivi Dimitri Rogoff.

Un article de la rédaction du Télégramme