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Les pirates élargissent leur zone d'action au-delà du golfe d'Aden

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Les pirates élargissent leur zone d'action au-delà du golfe d'Aden

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Dans le domaine de la lutte contre la piraterie en océan Indien, ce que les stratèges militaires redoutent le plus est-il en train de se produire ? Après avoir essuyé plusieurs échecs et interceptions dans le golfe d'Aden, désormais très surveillé, les pirates sévissant au large de la Somalie cherchent, en tous cas, de nouvelles zones d'action. « Les captures de navires marchands en océan Indien ces derniers jours semblent indiquer que les pirates ont élargi leur périmètre au-delà du golfe d'Aden », explique un responsable de l'US Navy. Les pirates ont, notamment, détourné deux chimiquiers les 25 et 26 mars. Immatriculé aux Bahamas et appartenant à un armement norvégien, le Bowasir et ses 23 membres d'équipage ont été surpris à 380 milles au Sud-Est de Kismayo, un port du Sud de la Somalie. Le lendemain, le chimiquier Nipayia (pavillon panaméen, armateur grec), avec 19 marins à bord, était attaqué à 490 milles nautiques à l'Est de Mogadiscio, la capitale somalienne. « Cela semble être une nouvelle série d'attaques à l'Est des côtes de Somalie, et non plus dans le golfe d'Aden, où nous avions vu la majorité des attaques l'an dernier et depuis le début de 2009 », explique-t-on au sein de la marine américaine.

« un défi monumental »

Si l'extension de la zone d'action des pirates se confirme avec d'autres détournements, la menace constituerait « un défi monumental » pour les forces chargées de la lutte contre la piraterie. « A titre de comparaison géographique, le secteur impliqué au large de la côte de la Somalie, du Kenya et dans le golfe d'Aden, représente plus de 2 millions de kilomètres carrés. C'est environ quatre fois la taille de l'Etat américain du Texas, ou la taille de la Méditerranée et de la mer Rouge réunies ».
Pour surveiller une telle étendue maritime, les moyens aéronavals actuellement déployés par l'Europe (opération Atalante) ou les Etats-Unis et leurs alliés (CTF 151) ne seront bien évidemment pas suffisants.
On notera que les attaques de navires marchands ou de grandes unités de pêche au Sud de la Somalie ne sont pas une première. Plusieurs bateaux ont déjà été pris pour cible, comme le thonier français Drennec, en septembre dernier, ou le supertanker saoudien Sirius Star deux mois plus tard. Les marines redoutent, néanmoins, que l'étroite surveillance dans le golfe d'Aden n'incite de plus en plus les pirates à tenter leur chance plus au Sud, là où les moyens navals sont bien moins efficaces. L'appât du gain est, de plus, bien plus fort aujourd'hui. De nombreux armateurs ont, en effet, détourné leurs navires. Une partie importante de la flotte marchande, qui passait auparavant par la mer Rouge et Suez, contournent désormais l'Afrique par le cap de Bonne Espérance. Or, si les porte-conteneurs, navires rapides avec d'importants francs bords, restent assez protégés, les tankers et vraquiers, plus lents et bas sur l'eau, sont des cibles de premier choix.

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