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Les ports français durement touchés par les mouvements de grève

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Depuis une semaine, l’activité de la plupart des ports français est perturbée par de nombreux mouvements sociaux, liés notamment aux demandes de retrait de la loi Travail. Alors que la CGT est engagée dans un bras de fer avec le gouvernement sur ce sujet, le blocage de raffineries et dépôts pétroliers provoque des problèmes d’approvisionnement en carburant sur la majeure partie du territoire, la pénurie ayant été largement amplifiée par les consommateurs, qui se sont rués sur les stations-service par crainte d’une pénurie.

Concernant les ports, qu’il s’agisse de trafic de marchandises ou de passagers, rien que la semaine dernière, 70 escales de navires ont été reportées ou annulées au Havre, une vingtaine à Marseille comme à Dunkerque, ainsi que 16 pour Nantes Saint-Nazaire. Bordeaux et Rouen, ainsi que d’autres ports, connaissent eux aussi d’importantes perturbations. Et, alors qu’une journée nationale d’action a été décrétée ce jeudi par les syndicats dans tous l’Hexagone, la dégradation des relations entre l’Etat et la CGT fait craindre un durcissement du conflit.

Une situation qui inquiète sérieusement les autorités portuaires, mais aussi, et surtout, les centaines d’entreprises qui dépendant du bon fonctionnement des ports pour travailler et conserver la confiance de leurs clients internationaux. Or, comme c’est le cas pour l’ensemble du pays, le mouvement social que connait actuellement la France met à mal une image qui s’était au prix de grands efforts améliorée ces dernières années. Et, alors que certaines sociétés se retrouvent en difficulté, faisant craindre pour leur pérennité et derrière pour l’emploi, une partie du trafic se reporte vers d’autres ports européens, qui se frottent bien entendu les mains.

Au nom des acteurs de l’économie maritime, qu’il représente, le Cluster Maritime Français appelle à l’apaisement et à une reprise rapide de l’activité portuaire. Il met en garde contre les conséquences désastreuses qu’aura le conflit s’il perdure : « Au cours des cinq dernières années, l’ensemble des places portuaires ont, grâce aux femmes et hommes qui y travaillent, réussi peu à peu à retrouver leur fiabilité et la confiance de leurs clients armateurs. Aujourd’hui, cette confiance risque d’être fortement compromise. Ce sont des centaines d’entreprises de la chaine logistique portuaire (agents maritimes, manutentionnaires, transitaires, agents en douane, logisticiens, transporteurs routiers et fluviaux, raffineries et dépôts de carburant,…) qui se retrouvent en grande difficulté. Ce sont également des milliers d’emplois directs et induits dans les ports et leurs hinterlands qui sont en danger, au motif d’un conflit social national sur lequel ces ports et ces entreprises n’ont aucune influence mais qui met en péril leur compétitivité ».

Selon le CMF, « si l’on veut éviter un détournement massif des trafics portuaires au profit de ports européens concurrents, une reprise rapide du travail est impérative. Les actions que l’on connait ces jours-ci sont véritablement dévastatrices non seulement pour l’ensemble de la filière portuaire mais plus largement pour l’économie maritime française (plus de 310.000 emplois et 70 milliards d€ de valeur de production) soit l’un des plus puissants moteurs de l’économie nationale ». 

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