Vie Portuaire
Les ports sous haute protection

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Les ports sous haute protection

Vie Portuaire

Suite aux attentats du 11 septembre 2001, les grands ports ont renforcé la sûreté de leurs installations en appliquant l'International Ship and Port facility Security (ISPS) Code. Il s'agit, en effet, d'installations particulièrement sensible et économiquement stratégiques, puisque 90% du commerce mondial passe par la mer, la part du transport maritime représentant, pour la France, plus de 70% des importations et exportations. Pétroliers, chimiquiers, méthaniers, vraquiers, porte-conteneurs... Les sept Grands Ports Maritimes français traitent, chaque année, plus de 270 millions de tonnes de marchandises, dont une part importante de matières dangereuses. A cela, s'ajoutent un important trafic passagers, lié aux liaisons régulières assurées par les ferries mais aussi au développement considérable de la croisière.

Terminal pétrolier  (© : PORT DE MARSEILLE - FOS)
Terminal pétrolier (© : PORT DE MARSEILLE - FOS)

Le projet SECMAR

L'émergence de nouvelles menaces, notamment en matière de terrorisme, pousse de nombreux pays à aller au-delà des mesures prescrites par le code ISPS. Les VTS (Vessel Trafic Services) apportent une réponse efficace grâce à leurs capacités de surveillance des approches et mouillages, ainsi que de gestion du trafic portuaire en temps réel. Sur la base de ces systèmes, des solutions de plus en plus complexes et globales sont imaginées. En France, le projet SECMAR, porté par le Pôle Mer PACA, vise à développer un système multi-senseurs adapté à la surveillance d'une zone maritime sensible. Il équipera le port de Marseille-Fos, venant compléter le VTS déjà opérationnel. Afin de détecter une éventuelle menace, le dispositif doit comprendre des systèmes de surveillance radars et électro-optiques, un AIS et même un sonar pour contrer les attaques sous-marines. Un module d'analyse de comportement alertera automatiquement les opérateurs d'une présence suspecte, en surface ou sous l'eau, permettant ainsi une réaction rapide. Celle-ci pourra faire appel à des dispositifs de défense non létaux, comme des émetteurs d'ultrasons ou des hauts parleurs.

Gendarmes surveillant des installations portuaires   (© : FRANCOIS DIDIERJEAN)
Gendarmes surveillant des installations portuaires (© : FRANCOIS DIDIERJEAN)

Les Pelotons de Sûreté Maritime et Portuaire

Des systèmes comme SECMAR pourront aussi intégrer des forces d'intervention étatiques (ou non) chargées de protéger les ports. Ainsi, la Gendarmerie maritime française développe depuis 2006, dans les grands ports hexagonaux, des unités spécialisées dans la surveillance du littoral et des ports. Aujourd'hui opérationnels au Havre, à Port-de-Bouc et à Marseille (Joliette), les Pelotons de Sûreté Maritime et Portuaire (PSMP) pourraient, à l'avenir, se développer sur les ports de Dunkerque et Nantes Saint-Nazaire. Dotés de moyens terrestres (véhicules) et d'embarcations semi-rigides pour les interventions rapides dans des espaces étroits, les PSMP viennent de toucher leurs premières Vedettes de Surveillance Maritime et Portuaire (VSMP). Construites au nombre de huit, ces VSMP mesurent 12 mètres et atteignent la vitesse de 35 noeuds. Pouvant être armées d'une mitrailleuse, elles peuvent mettre en oeuvre des plongeurs. Cinq de ces vedettes ont été livrées, les autres devant l'être d'ici l'été.

VSMP   (© : RAIDCO MARINE / UFAST)
VSMP (© : RAIDCO MARINE / UFAST)

Sécurité maritime