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Les ports grignoteraient près de 3700 km2 sur la mer d'ici 2050

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Les ports grignoteraient près de 3700 km2 sur la mer d'ici 2050

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Une étude publiée en juillet par la revue Earth’s Future estime que la demande en installations portuaires supplémentaires devrait empiéter de près de 3700 km2 sur la mer d’ici à 2050. Un article d'Hervé Deiss de Ports et Corridors

La progression des échanges internationaux ne pourra se faire à périmètre constant des capacités portuaires. Deux universitaires britanniques, Susan E. Hanson et Robert J. Nicholls, ont réalisé le dénombrement des projets portuaires pour les trois décennies à venir. Ils estiment que les prochaines installations portuaires devraient diminuer la surface de la mer sur la planète d’environ 3689 km², soit la superficie du département du Tarn et Garonne

S’adapter à la hausse du niveau de la mer

L’étude prend en compte la croissance du commerce mondial et la hausse du niveau de la mer. En effet, le changement climatique va amener une élévation des océans. Certains ports risquent d’être prochainement noyés. Pour continuer les échanges, les pays concernés devront entreprendre la construction de nouveaux espaces.

Doubler la capacité portuaire

« Cette étude se base sur la modélisation de la croissance du trafic jusqu’en 2050 et de la hausse des températures. Tous les scénarios tendent à une augmentation du trafic portuaire. Il sera nécessaire de doubler ou quadrupler leur superficie », indique un résumé de cette étude.

Un investissement de 750 Md$

L’étude met en évidence différents scénarios selon la politique environnementale entreprise sur les transports. L’hypothèse catastrophique d’une réduction minimale de la production de gaz à effet de serre aura pour conséquence des coûts exorbitants pour adapter les installations portuaires. L’étude estime ce scénario à un coût de 750 milliards de dollars.

Les précédentes études ont principalement axé leurs recherches sur l’adaptation des capacités portuaires actuelles en fonction de la hausse du niveau de la mer. Les deux scientifiques ont voulu prendre en compte une croissance du commerce international. L’étude actuelle prend en considération les politiques menées actuellement pour limiter la hausse des températures à 2°C d’ici à la fin du siècle. Elle intègre aussi une baisse de la demande en produits énergétiques et de nouveaux circuits du marché.

Des besoins selon le type de trafic

Les besoins en espaces portuaires dépendent des trafics. Selon les deux auteurs de l’étude, le type de trafics, vrac sec, vrac liquide ou conteneurd détermine l’espace nécessaire à la croissance des volumes. Les vracs liquides réclament moins d’espace que les vracs solides. Quant aux conteneurs, ils demandent plus d’espace pour leur manutention et leur stockage.

Pour les deux scientifiques de nouveaux corridors entre l’Asie et l’Afrique et de l’Asie vers l’Amérique latine vont émerger. « Les pays avec une approche à long terme sur les nouvelles infrastructures bénéficieront des changements dans le transport maritime de demain », indique l’étude.

© Un article de la rédaction de Ports et Corridors. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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