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Les premiers champs éoliens offshores français attribués

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Le ministère de l'Industrie a annoncé ce vendredi le résultat de l'appel d'offres portant sur la réalisation des premiers parcs éoliens offshores en France. Cinq zones étaient concernées. Le consortium emmené par EDF Energies Nouvelles se taille la part du lion, en décrochant trois des quatre sites sur lesquels il était en lice : Guérande, Courseulles-sur-Mer et Fécamp. En revanche, c'est sont concurrent Iberdrola qui a été retenu pour le futur champ de Saint-Brieuc. Enfin, le site du Tréport a été déclaré infructueux, ce qui était attendu.

Naissance d'une nouvelle filière industrielle

Pour mémoire, les différents projets devraient engendrer un investissement de près de 10 milliards d'euros. Les quatre champs sélectionnés doivent permettre d'installer entre 1.8 et 2.25 GW (420 à 750 MW pour Guérande, 480 à 500 MW pour Saint-Brieuc, 420 à 500 MW pour Courseulles et 480 à 500 MW) pour Fécamp. Cela représente 75 à 100 éoliennes de 5 à 6 MW sur chaque parc. Pour mener à bien ce projet, chaque consortium prévoit de développer une filière industrielle. Allié à EDF EN, Alstom prévoit de construire une nouvelle usine à Saint-Nazaire pour la fabrication d'Haliade 150, sa nouvelle turbine de 6 MW. Un autre site doit être implanté à Cherbourg où la réalisation des pales et des mâts sera confiée à un sous-traitant. Côté Iberdrola, le plan de développement prévoit une implantation au Havre pour la fabrication de turbines Areva (5 MW), ainsi que de la structure des éoliennes.

Une turbine Haliade 150 (© : ALSTOM)
Une turbine Haliade 150 (© : ALSTOM)

Les fondations (jacket, mono-pile ou gravitaire selon les champs et les industriels) pourraient quant à elles voir leur réalisation confiée à différents industriels, comme STX France et Eiffage. EDF EN s'est également dit intéressé pour développer avec les chantiers de Saint-Nazaire un grand navire de pose d'éoliennes, à même de procéder à l'installation en mer de machines de forte puissance dont la taille est colossale (chacune des trois pales d'Haliade 150 mesure, ainsi, 73.5 mètres). Il faudra également réaliser toute une flotte de navires de servitude destinés à la maintenance des futurs parcs. Là aussi, les petits chantiers français devraient bénéficier de retombées, alors que différents ports, comme La Turballe, Caen-Ouistreham et Fécamp verront l'établissement de bases de réparation et de maintenance des champs, alors que les grands ports situés près des sites serviront à l'assemblage des machines. La nouvelle filière industrielle ainsi créée en France doit servir de base à un développement pérenne passant à terme par le marché export. En effet, si la l'Hexagone prévoit de se doter de 6 GW d'éoliennes offshores à l'horizon 2020 (1000 à 1200 machines produisant 3.5% de la consommation nationale d'énergie), l'ensemble du marché européen compte 40 GW de projets sur la même période, notamment en Allemagne et surtout au Royaume-Uni, avec lequel la proximité géographique peut être un atout pour les acteurs français.

 Pose d'éolienne en mer   (© : EWEA)
Pose d'éolienne en mer (© : EWEA)

Encore un long chemin à parcourir

Avant d'en arriver là, un long chemin reste néanmoins à parcourir. D'abord, il faut attendre la fin de la période de levée de risques, qui doit durer 18 mois. Durant cette phase, les lauréats de l'appel d'offres vont mener toute une série d'études pour valider et finaliser leurs projets, tant au niveau technique que financier. Des campagnes de carottages seront par exemple réalisées afin de connaître avec précision la nature du sol marin et, ainsi, adopter les fondations les mieux adaptées aux contraintes de coûts et de calendrier. En tout état de cause, les premières installations en mer ne devraient pas intervenir avant 2017. Concernant le développement de la filière, qui permettre de créer autour de 10.000 emplois, il conviendra de voir quelles décisions seront prises par EDF EN, Iberdrola et leurs partenaires. Les plans annoncés jusqu'ici se basaient en effet sur l'hypothèse que chaque consortium décroche tous les projets convoités. Or, si EDF EN l'a emporté sur trois des quatre dossiers présentés (Guérande, Saint-Nazaire, Courseulles et Fécamp), Iberdrola n'a été désigné que pour un seul des deux sites qu'il convoitait (Guérande et Saint-Nazaire).
Après ce premier round, un second appel d'offres est attendu prochainement. Il portera sur de nouveaux sites, dont à priori celui des « Deux Iles », entre Noirmoutier et l'île d'Yeu. D'autres implantations sont à l'étude en Manche et dans le détroit du Pas-de-Calais.
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Pour mémoire, différents groupements étaient en lice sur les cinq sites. Celui du Tréport où seul le consortium formé par GDF Suez, Vinci et Areva avait répondu. Celui de Fécamp où le consortium de GDF Suez était concurrencé par celui mené par EDF Energies Nouvelles avec le Danois Dong et le développeur WPD Offshore. A Courseulles-sur-Mer, les deux consortiums précités étaient également en concurrence. Ceux de Saint-Brieuc et Guérande, pour lesquels GDF Suez s'était associé à l'Allemand Siemens. Sur ces champs, Areva postulait avec l'énergéticien espagnol Iberdrola, le groupe français Technip et le Britannique EOL-Res. Et enfin EDF EN, avec le développeur breton Nass&Wind, ainsi qu'Alstom et l'énergéticien danois Dong Energy.

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