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Les premiers essais en mer de l'Aquitaine jugés concluants

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Les premiers essais en mer de l'Aquitaine jugés concluants

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Après trois semaines d'essais à la mer, la première frégate européenne multi-missions (FREMM) a regagné le site DCNS de Lorient, où elle a été construite. Le 18 avril, l'Aquitaine avait appareillé pour la première fois, en vue de tester son comportement à la mer et, notamment, d'éprouver sa propulsion. N'échappant évidemment pas aux soucis techniques inhérents aux premiers pas des prototypes, surtout aussi complexes, le bâtiment a bénéficié de certaines mises au point. Mais, au final, la première phase d'essais est considérée comme très concluante par DCNS. « Au cours de cette phase, la FREMM a démontré pour la première fois ses nombreuses qualités nautiques. Les performances de manoeuvrabilité et de propulsion lors des essais s'avèrent notamment conformes aux attentes du client », explique le groupe naval. Vincent Martinot-Lagarde, directeur des programmes FREMM chez DCNS, estime que les premiers essais en mer de la frégate se sont « très bien déroulés », et que « les objectifs de cette première période à la mer ont été pleinement atteints ». Propulsion, manoeuvrabilité, système de navigation... En tout, plus de 100 essais ont été réalisés par les équipes de DCNS et l'équipage de conduite de la Marine nationale.

 L'Aquitaine (© : DCNS)
L'Aquitaine (© : DCNS)

Les 27 noeuds atteints

L'une des parties les plus sensible portait sur le système de propulsion hybride, de type CODLOG (Combined Diesel eLectric or Gas), avec des moteurs de propulsion électriques pour les vitesses silencieuses, et un passage sur turbine à gaz pour les allures élevées, sans oublier la présence d'un propulseur rétarctable sous la coque pour les situations de secours. « Performant et innovant, le système de propulsion a pleinement répondu aux attentes », assure DCNS. Au cours des essais à pleine puissance, l'Aquitaine a atteint 27 noeuds, vitesse maximale prévue dans le contrat. Et il y avait encore, selon les industriels, de la marge, ce qui est logique puisque le bâtiment ne navigue pas encore à pleine charge. Dans le même temps, les essais de manoeuvrabilité ont montré que la frégate respectait les performances attendues, notamment en matière de rayon de giration et de distance de freinage.

 L'Aquitaine (© : DCNS)
L'Aquitaine (© : DCNS)

L'avantage de la plateforme d'intégration

DCNS, qui se félicite de cette première campagne, souligne que le bon déroulement des opérations tient sans nul doute à la méthode de travail imaginée pour le programme FREMM. Celle-ci s'appuie notamment sur la mise en oeuvre d'une plateforme d'intégration pour le système d'exploitation du navire. Pour le groupe naval, ce véritable simulateur de navigation et de conduite des installations a réellement facilité le bon déroulement de ces essais. Et c'est aussi grâce à lui que l'équipage a pu parfaitement s'approprier le navire en amont des essais en mer. « Ces premiers résultats sont extrêmement positifs et nous nous appuierons dessus pour répondre également à nos clients à l'export. En démontrant que notre travail en amont a été d'une grande qualité, c'est tout un process qui est validé », affirme Vincent Martinot-Lagarde.

 L'Aquitaine (© : DCNS)
L'Aquitaine (© : DCNS)

12 FREMM en commande pour le moment

DCNS va désormais poursuivre l'achèvement et la mise au point de l'Aquitaine, en vue d'une livraison à la Marine nationale l'an prochain. Deux autres frégates du même type, les Provence et Normandie, sont actuellement en construction à Lorient, de même que la première FREMM vendue à l'export. Cette unité, commandée par le Maroc, sera mise à flot au mois de septembre. La Marine nationale touchera pour sa part 8 sisterships de l'Aquitaine entre 2014 et 2020, deux bâtiments supplémentaires, en version antiaérienne, devant être livrés en 2021 et 2022.
Pour mémoire, l'Aquitaine mesure 142 mètres de long et affichera un déplacement de 6000 tonnes en charge. D'abord conçue pour la lutte anti-sous-marine, cette frégate disposera d'un sonar de coque, un sonar remorqué, des tubes lance-torpilles pour MU90 et un hélicoptère NH90 doté d'un sonar trempé et de MU90. Mais ce bâtiment est véritablement polyvalent, son armement comprenant aussi 8 missiles antinavire Exocet MM40 Block3, 16 missiles de croisière Scalp Naval, 16 missiles surface-air Aster 15, une tourelle de 76mm et deux canons de 20mm.

 L'Aquitaine (© : DCNS)
L'Aquitaine (© : DCNS)

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